AUX BASQUES
Depuis quelque temps, l’attention publique se dirige évidemment vers tout ce qui peut donner du développement aux ressources que possède le pays. On ne peut pas nier que l’esprit d’entreprise grandit, que l’activité redouble, et qu’il
existe une énergie et une persévérance qui, malgré les malheurs des temps, promettent tôt ou tard des jours plus prospères pour le Canada. Qui est-ce qui ne se réjouirait pas de voir ces progrès? Cependant, entre tous les moyens qu’on pourra employer pour parvenir à.un résultat auss+ désirable, il n’en existe peut-être aucun qui puisse offrir un succès plus assuré, ou des garanties plus certaines, qu’un systéme de colonisation qui donnerait la plus grande extension possible à l’établissement du pays sur tous les points où le sol est capable de fournir la nourriture à homme ; puisque c’est de cette source principale qu’il recueille d’abord ce qui est nécesraire à son existence, et que découlent ensuite le bien-être, l’aisance et la prospérité pour
les individus, qui, réunis en familles, deviennent le noyau de colonies heureuses et invinciblement attaghées au pays quileur procure une aussi grande somme de bonheur. Aussi ce doit être un sujet de félicitation bien sincère de voir que
la colonisation ou la formation de nouveaux
établissements sur plusieurs points du pays, soit par des associations ou par les efforts réunis de plusieurs individus sous des chefs zélés et intelligents, a déjà fait des progrès immenses. On a donc enfin compris que, si d’un côté l’augmentation rapide de notre population par des causes naturelles pouvait être considérée comme une preuve de la prospérité du pays, cependant
cette prospérité apparente éprouvait depuis f
quelque temps une rude atteinte par l’émigration
desastreuse de nos jeunes gens des campagnes ! surtout, qui abandonnaïent en foule la patrie À pour aller se fixer dans des contrées étrangères, :
Join de leurs familles et de leurs amis On a donc été convaincu que l’avenir du pays exigeait impérieusement que l’on fît les plus grands
efforts dans la vue de fixer cette jeune population !
et arrêter, par ce moyen, les progrès d’un mal qui menagçait les intérêts les plus chers comme les plus vitaux du pays. D’heureux commence.
ments ont déjà couronné les premiers effors vers une colonisation aussi désirable ; mais cela ne suffit pas ; il faut que l’impulsion qui a été donnée ne souffre aucun ralentissement ; il faut que
l'Etat, tout ce qu’il y a de gens instruits et amis | + du pays, les membres du clergé surtout, qui.