‹ Excursion dans l'Amérique du Sud: esquisses et souvenirsChapitre 10 sur 27 · ltiirru|ut in &iù · texte numérisé non relu

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humaine ; mais eurent-elles jamais un jour pour déposer toutes les prétentions du despotisme ? Eurent-elles une réunion à époque fixe pour voir tous les peuples d'un hémisphère cimenter leur alliance et la consacrer , par une sanction ostensible des drohs communs de l'homme , sans distinction de caste ou d'origine.

Oui y que le saug coule par torrents , si c'est pour la liberté ! que le sol en soit arrosé , et , si la mort doit être le partage d'une génération tout entière , qu'elle soit dévouée , cette génération f à qui une aussi haute illustration fut

promise Dans tes murs , ô Panama , ya se

résoudre le problème de l'existence sociale.

Quel avenir attache à ton nom ; quel résultat dans une seule délibération ! et de vils adulateurs osent calomnier , non la révolte , mais le droit qui se fait entendre. Âh ! laissons ces hommes boire , comme du nectar , le venin que distille l'envie : de la main de leurs pareils furent nourris , autrefois , les serpents qui sifflèrent sur la tête de la Gorgone.

vn.

Ce sont eux aussi , qui , sur l'autre bord de l'Atlantique , prennent plaisir à épier la douleur

Crobthn^ €l)ant» 107

d'une jeune vierge , sur qui se referment les portes d'un harem. Ne leur demandez pas quel a été le crime de celle à qai ils insultent si grossièrement. Hélas ! elle n'eut même pas le tort de se défendre , et si elle a une patrie ce ne fut que pour lui donner des larmes.... Des fers cependant ont pressé ses jeunes membres « et des bras d'une mère , tombée sous le cimeterre, elle a passé dans les mains d'un maître farouche , dont les plaisii^s sont impérieux et sauvages comme les lois sanguinaires qui retentissent 9 d'un minaret à l'autre , à l'approche d'un massacre général.

Pleure , vierge trop à plaindre , pleure , car ta tête , courbée sous les souillures qu'on lui imprime , ne devra plus s'élever vers le ciel que quand tes yeux auront demandé une autre patrie... Et tes yeux alors n'auront plus de larmes : leur source se sera épuisée. é..

vni.

O fils du ciel et de Tétemité ! une croix , un soupir , trente ans d'épreuves, voilà l'exemple que tu nous as légué , et tout doit se modifier suivant les préceptes de ta doctrine surhumaine. Oui, les hommes sont frères.... Vérité puissante et qui doit triompher enfin, car la liberté vient

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d'être conquise ; et les droits de rhamanité , remis en discussion , doivent , avec des garanties nouvelles , acquérir une extension jusqu'ici inconnue ou contredite.

Liberté civile et religieuse , droit commun et uniforme , abolition du privilège , charges et faveurs égales , droit d'examiner et de contredire ; tels sont les besoins de la société , les espérances du moment , les avantages qui nous furent promis , et dont le germe , fécondé par quarante siècles , doit enfin avoir ses fruits. Ni les traditions du passé , ni le prestige des âges anciens et des renommées , dont le temps a fait justice ; non , rien de cç clinquant des cours , étalage mensonger de la puissance , vaine et puérile magie des titres , trop long-temps vé* nérés , et qui n'excitent plus que le sourire ; rien , dis-je , ne put remettre le jour où , l'espèce humaine , se levant en masse , vint forcer la porte de ses oppresseurs et leur demander compte de leur gestion passée.

Qu'Homère , les poètes épiques et leurs imitateurs aient chanté l'Olympe , les Dieux et les

Crai0unu €t)ant. 109

coiii])ats ; qu'ils aient peuplé le ciel , comme ils auraient voulu que la terre le fût ; qu'ils aient animé , de leur imagination , tout ce qui attire nos regards ; qu'ils aient prêté jusqu'aux objets priyés. de vie , la pensée dont ils se sentaient tourmentés ; alors , fatigués de la réalité , et désireux d'un nouvel ordre de choses , l'homme s'attachait aux rêves de l'esprit. Combien aujourd'hui nous sommes plus heureux ; tout ce que le monde ancien eut de poésie , mais que . la nécessité relégua sur de vaines images , l'Â^ mérique nous l'offre , se répandant, en teintes abondantes , sur une civilisation toute neuve , dont les termes réunissent , au prestige d'un ' avenir acheté par de longs sacrifices , et la dé* monstration des faits et la sanction de l'ex-

périence,

Que l'épee et la force aient été nécessaires pour . confirmer cette dernière révolution ; tel était le résultat inévitable de l'ordre préétabli* Mais une garantie , jusqu'à présent inconnue , a été remise à chacun , du jour de son affranchissement , le droit de suffrage est devenu , pour les sociétés américaines , une arme dont les conquêtes , plus nombreuses que celles de

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l'epee , ne seront pas , comme elles , accompagnées de larmes et de gémissements. — L'audace , la valeur militaire , les résolntions spon- Une'es, l'amour de la liberté, poussé jusqu'à l'exaspération , l'énergie et la constance dans les revers ; telles furent les vertus des Sgcs anciens ; écbnci à quelques hommes fiers , elles servirent h consacrer une cause légitime par une lutte toujours instante ; mais l'asservissement des masses et tes exactions du privilège ne cédèrent point.

XIÏ.

Que le courage et la bravoure soient toujours de nobles inspirations ; mais, au lieu de les aller cbercber sur le champ de bataille , c'est au conseil , dans le congrès national et dans l'assemblée populaire , an jour d'une élection ou d'une délibération souveraine , que nous les âcTaandous. Hier , entratnés par les acclamations militaires , nous érigions des trophées sur une redoute enlevée k la baïonnette ; aujourd'hui , tin principe , une vérité , une notion d'utilité communepTéparentetassurentd' autres triomphes.

xm.

(l'Ut d'autres se targuent de la conquête d'une

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province. ou du sac d'une ville , nous leur oppo- w

serons l'exemple de Penn et l'érection de vingt cites nouvelles* Qu'ils parlent d'un monument , fruit de la victoire , nous en appellerons à la conviction des nouvelles doctrines ; et , au lieu de compter les morts , après une rencontre à main anne'e , nous leur présenterons le décret ,

qui abolit la peine capitale ; celui qui abolit la piraterie et consacre l'inviolabilité des propriétés ; celui qui proclame l'indépendance de Vi conscience , et reconnait à chaque membre dé la société le droit d'élire ses pasteurs , à cUa^ue citoyen celui de nommer ses magistrats*

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