PRÉFACE
Les recherches archéologiques que renferme ce volume n'ont nulle prétention à être des recherches d'érudition. On n'y rencontrera ni savantes théories, ni révélations nouvelles; on y trouvera le simple exposé, atissi clair, aussi complet qu'il a été possible de l'écrire, des grandes découvertes que l'archéologie classique a fiaîtes e» Grèce dans ces dernières années. Jusqulci les résultats de ces explorations scventifiques^ sont demeurés pour la plupart dans le dom&ine de ^érudition pure *- : et l'érudition, on le sait, surtMit e» matière archéologique, aime fort à enregistrer ses conquêtes en de beaux mais pesants
i. IL sevaiL utjusie. de ne poiiik signaler ici les Chroniques ^Orient publiées pat la licviie archéologique et surtout le Cour» fier de VArt antique, où S. Reinach fait connaître périodiquement- aox lectcars de la Gazette des beaux-arts le» principales découvertes de Tarchéologie classique. U faut mentionner aussi le livre tout récent oii Schuchhardl a résumé pour le grand publie le$ dècoHiverts» de ScUiemann, {ScAéiemaim's Ausgrabungen im Lichte der heutigen Wissenschaft, Leipzig, 189tt).
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in-folio, lorsqu'elle ne les disperse pas aux quatre vents dans le^ articles de vingt revues savantes; elle sait que, si bien qu'elle les cache, ses recherches n'échapperont point à l'infatigable curiosité des initiés; quant aux profanes, elle dédaigne ou du moins elle ne recherche point leurs regards, et en effet elle ne les obtient point. Il y a pourtant, dans ces gros volumes et dans ces savants articles, écrits en toute langue et en tout pays, de quoi intéresser et séduire ce public, qui les respecte de loin sans y toucher jamais. Il y a, dans ces études de détail, des vues plus générales à découvrir sur la vie et sur la civilisation antiques; dans ces monuments, admirables ou médiocres, échappés à la ruine, de curieuses leçons à recueillir sar l'histoire de l'art ancien; dans cette science, qui semble morte, il y a à trouver une vivante image du passé, une communion intime avec les événements et les personnages de l'histoire, qui nous fait mieux pénétrer dans les replis de Tàme de l'antiquité. En voyant les formes sensibles au milieu desquelles vivaient ces sociétés disparues, l'esprit s'explique mieux les mœurs, les idées, les coutumes de ces siècles passés ; en contemplant l'image des dieux cl la vivante représentation des légendes sacrées, il se rend mieux compte de la religion et des croyances de ces peuples. Pour bien comprendre l'antiquité, il faut savoir échapper h son temps; il faut, selon la l)clle expression de Tite-Live, savoir se faire une âme antique : or, nulle science ne le permet plus aisément que l'archéologie.
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II n'est donc point inutile de demander aux grandes découvertes faites par elle en ce siècle, de nous révéler quelques-uns de leurs secrets. Il faut que ces recherches, jusqu'ici réservées aux seuls initiés, deviennent accessibles à tous et, s'il se peut, attrayantes pour tous. La science n'est point nécessairement chose aride, sévère et sèche : elle doit comprendre qu'un peu de parure embellit les plus belles choses, qu'un peu de coquetterie ne messied point aux personnes les plus graves ; elle ne doit point se contenter d'imposer ses leçons par la seule force de la vérité, elle doit les faire bien accueillir par le charme de l'enseignement. Elle doit, pour aller dans le monde et y plaire, faire quelque toilette et tempérer d'une bonne grâce aimable les austérités de l'érudition. C'est ce qu'a su faire, d'une main si habile et légère, l'auteur de ces charmantes Promenades archéologiques^ qui pour la première fois ont initié le public aux résultats des fouilles récentes entreprises à Rome et en Italie, et le succès qu'ont rencontré les livres de M. Boissier prouve assez quel est, sous la plume d'un écrivain aussi savant qu'aimable, l'intérêt puissant de ces résurrections du passé.
C'est de cette méthode si magistralement inaugurée qu'on a voulu s'Inspirer dans ce livre, heureux de se couvrir dans ces modestes essais de l'autorité d'un tel maître. On a volontairement écarté tout ce qui pouvait ressembler à un trop lourd attirail scientifique, les recherches trop techniques aussi bien que les problèmes trop insolubles. On a voulu, parmi les grandes
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découvertes de ces dernières années^ choisir les: plus remarquables, et las préseixter, noo point à la manièire d'un aride inventaire, qui enregistre les< conquêtes de la science méthodiquemjent;,. sèchement, en donnant à chaque chose une égale iaiportance, mais sous des couleurs plus vivantes et plus vraies. On a voulu, pour chacun de ces merveilleux ensembles de recherches, non point faire un caladogue, mais composer ua tableau. Parmi ces trouvailles de valeur et d'importance inégales, on a voulu dégager les plus considérables, celles qui marquent d'un trait décisif quelquiS progrès de Tart ou quelque vérité de Thistoire ; de ces débris informes ou mutilés; que la pioche de l'ouvrier extrait du sol antique, on a tâché de faire renaître rédilice oublié dont ils gardent la mémoire ; oa a voulu en un mot faire revivre ces époques disparuesj et dans ces champs de ruines où la mort semble régner en maîtresse, retrouver quelques-unes des grandes périodes de l'histoire de rhumanité. Si l'histoire est vraiment et doit être une résurrection, elle serait bien coupable de laisser échapper, sans en tirer profit, tant d'éléments d'information précieuse qui nous foot pénétrer dans le vif de l'antiquité.
Faire œuvre de vulgarisation plutôt que de science, et métier d'historien au moins autant que d'archéologue ; choisir parmi les grandes découvertes récentes quelques ensembles particulièrement mémorables pour l'art et pour l'histoire ; étudier, à la lumière de ces recherches nouvelles, quelq|D6s périodes de la civilisation et de la vie helléniques; disposer enfin ces
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tableaux dt tefle sorte que ron puisse, grâce k eux, Kuirre les étapes successives >ct tes aënsirables ^ogrès de Tart grec : tel esl te programine de ce liivre. À Mycèwes et à Tirynthe, on recherchera les origines de fart hellénique «t Tinfluenoe qu'ont exercée sur lui les «ivSisaltioDS de l'Orient. Dedone el Déloe feront connaître, 9YBC lesproDiers essais 'de la sculpture archaïque, les coulisses des oracles et l'administration des temples antiques. Au sanctuaire d'Apollon Ptoos, sur le rocher de TAcropole d'Athènes, on suivra les progrès de l'art grec depuis ses premiers tâtonnements jusqu'à la veille de son plein épanouissement. Dans les plaines d'Olympie, on trouvera, avec les plus illustres souvenirs de la vie publique en Grèce, la splendide perfection de la sculpture classique dans les œuvres des Alcamène, des Paconios et des Phidias. Eleusis fera connaître les mystères sacrés de Gérés; Épidaure, la miraculeuse thérapeutique d'Esculape; Tanagra enfin révélera, avec les croyances des anciens sur la vie d'outre-tombe, les exquises et fragiles merveilles où s'amusa le génie de la Grèce presque expirante.
Geux qui seront curieux de contrôler ou d'approfondir trouveront, en tête de chaque chapitre, l'indication des ouvrages les plus importants et des articles les plus essentiels qui ont été publiés sur chaque sujet traité. Ge sont les résultats de ces savantes études, ce sont tous ces livres, toutes ces recherches, où la France et l'Allemagne, l'Angleterre et l'Autriche, la Grèce et l'Amérique ont mis le meilleur de leur science,