PARTIE m. — LIVRE II
glorieuse; et il est impossible d'apercevoir ce rivage consacré par tant de souvenirs immortels sans éprouver une profonde émotion. Je n'ignore pas qu'on a essayé de nos jours d'affaiblir la grandeur de celte époque en cherchant dans la vie des héros de Salamine des taches qui permettraient d'accoupler le nom des vainqueurs deXerxès et l'odieux mot de «canaille,» qu'on voudrait appliquer aussi à leurs descendants. Mais parmi les hommes qui ont pris part aux événements destinés à transformer la face du monde, en est-il beaucoup d'irréprochables? Le tableau que saint Paul fait des désordres auxquels donnait lieu la célébration des agapes dans l'Église primitive devrait être plus médité qu'il ne l'est ordinairement , et la découverte des Philosophoumena prouve que la Rome des temps apostoliques était livrée aux plus dégoûtantes intrigues. Dans un siècle où l'on s'est montré si indulgent pour les vices de Mirabeau, de Camille Desmoulins et de Danton , et où le « vertueux Robespierre » lui-même a trouvé d'ardents apologistes , a-t-on bonne grâce à se montrer si impitoyable pour ces pauvres païens qui , par leur bravoure, ont sauvé la liberté du monde, et
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rendu possible le triomphe des principes dont on voudrait se servir pour leur enlever la sympathie que l'universalité leur a justement accordée ?