A PARIS
CHEZ AUGUSTE AUIJRY,
l'un des libraires de la SOCIETE DES BILiLlOPI-ilLES FUaNÇ(J1S
\t V ^ n A u p tn i\ E , n. 1 0
;.;. D.ccci XI
ÎH11
la/
R pi;!it |)oëme, composé à roccasion de Talteiitat de Ravaillac,apoLir auteur François Champfloiir, prieur de SairU-Roberl, à Monlferrand^ en Auvergne, poëte peu connu et sur lequel on lit une courte notice dans les Vies des poêles françois de Colielet. Colletet nous apprend qu'il vivait encore en Auvergne en 1647 : c'est là le seul renseignement que nous ayons sur ce bénédictin.
Nous connaissons de ce poêle les trois ouvrages suivants : Funèbres Cyprès dédiés à la Royne mère du Roy, régente en France, sur la mort du très-chrestien, très-victorieux et très-auguste monarque Henry IV, roy de France et de Navarre, surnomma le Grand, par D. F. Çhampflour, prieur de Saint-Robert de Mont- Ferr and en Auvergne. A Paris, chez Jean Libert, demeurant rue Sainct-Jean-de-Lalran, près le collège de Cambray. MDCX (1610), in-8 de \A pages. Quelques pièces de ce volume ont été reproduites dans le Recueil de diverses poésies sur le trespas de Henry le Grand, très-chrestien roy de France et de Navarre, publié par du Peyrat, Paris, Robert Estienne et P. Chevalier 1611, in-4. Colletât et le marquis du Roure (Analecta Biblion, t. 11, p. 1-47) ont été.
— fi —
selon nous, Irop sévères pour les Funèbres Cyprès du bénédictm Champfloiir. Voici, à Tappui de notre opinion, quelques vers tirés de ia pièce ititilulée ; Description de l'inconstance du monde, en forme, de tombeau ;
Quiconque voudra voir la Fortune en son estre Et le divers succès de l'humain jugement, Qu'il vienne voir d'un Roy le triste changement Que le François a veu mourir, regner^et naistre.
Qu'il vienne voir le flux et reflux ordinaire Des royalles grandeurs en nostre fleur de lys. Qu'il vienne voir ce Roy dans un sombre logis A qui tout l'univers se rendoit tributaire.
Ces lugubres cyprès, que ma muse esperdue Plante à son monument, sont lesmoins que la mort Esgallement moissonne et le l'oible et le fort, Et l'âge fleurissant et la testre chenue.
Henry le Grand est mort qui nous donna la vie, Henry le fort est cheu qui releva la foy, Henry le preux vaincu qui seul semblable à soy Par droit, armes, amour veinquit sa monarchie.
Et toy, chelif mondain, que le ciel met au monde Pour estre le jouet du lemps et de l;i mort, Penseras estre exempt de la rigueur du sort Si le bonheur te flatte elle malheurte sonde?
Que tu es assoupy, si la mort ne t'estonne;
Que tu es aveuglé, si lu ne vois son fard;
Que tu es endurcy, si tu ne sens son dard
Qui chatouille en blessant, mais jamais ne pardonne !
Si la vertu prend tin, si la royauté passe, Si la grandeur des Roys s'escoule en un instant. Hélas! pauvre mondain, que tu es inconstant D'asseurer sur les flots l'espoir de ta bonasse !
Si la puissance meurt, si la clémence cesse, Si le lys fleurissant perd en may sa vigueur, Oseras lu fonder le poinct de ton bonheur Sur le pendant glacé de l'humaine foiblesse?
Si les Césars s'en vont au milieu de leur pompe, Si les pompes font place aux rigueurs du destin, Quiconque pense voir une vie sans fin, Sa pensée le pipe et son espoir le trompe.
Tu le sçais, grand Henry que la France larmoyé, Qui remply de lauriers, de palmes, de fleurons, Après avoir vescu cinquante et sept moissons, As esté moissonné au milieu de ta joye.
Helas! combien de jours, de veilles, de const;ince Pour te rendre seigneur de tes propres vassaux, Combien de grands desseins, de courses, de travaux. Pour voir ce que la mort desrobe à ta vaillance !
Helas ! combien de lieux ont reçu tes caresses, Combien de gens cogneu ta loyalle candeur. Combien de roys loué ta royale grandeur. Combien de peuples veu l'esclatdetes prouesses!
La Flèche t'aconceu, Pau t'a veu naislreen terre, Corase l'a nourry, la Court l'a veu fleurir, La guerre triompher, la paix t'a veu meurir, Paris t'a veu mourir, et Sainct-Denis t'enserre.
Le François t'a veu grand, l'ennemy débonnaire, La terre conquérant, la mer victorieux, L'estranger fortuné, le voisin glorieux, L'Eglise vray tuteur et le peuple bon père.
Le ciel t'a faict grand Roy, l'heur parfait capitaine, La nature heureux prince et l'amour bon seigfteur. L'adresse vray soldat, l'art prudent gouverneur, Ella mort héritier d'une gloire certaine.
Exécrations stir le détestable parricide, traduit du latin de Nicolas Bourbon, par D. F. Champllour, Clairmontois , prieur de Sainct-Robert de Montfprrand en Auvergne. A. Paris, chez Jean Libert, deineiiranl rue Saincl-Jean-de-Latran, [)rès le collège de Cambray. MDCX(lCiO), in-8 de 43 pages, C'esl le poëme que nous reproduisons, el qui n'est autre chose, ainsi que l'indique le titre, que la traduction de la fameuse pièce latine de Nicolas Bourbon : Dirœ in parricidam. Champflour ne fut pas le seul à traduire les vers du poëte latin : Jérôme de Benevent, trésorier général de France en Berry, et Jean Prévost du Dorât, l'ont également essayé^ et l'on peut lire leur traduction dans le Recueil de du Peyrat que nous avons cité plus haut. Remarquons ici que les vers de Champflour ne se trouvent pas dans ce recueil.
La Grandeur et Excellence du ciel français soubs l'influence de ses planètes, par Dont. F. Champflour, Clairmontois, bénédictin et prieur de Saint-Robert-Us-Mont-Ferrand, en Auvergne, sur le sacre et couronnement de Lomjs XIII, roy de France et de Navarre. A Paris, chez Jean Libert, demeurant rue Sainct-Jean-de-Latran,près le collège de Cambray, MDCX (1610), avec permission, in-8 de 4 feuillets liminaires et 24 pages, plus un feuillet non chiffré pour l'errala. Poëme bizarre et fort curieux, en strophes de 6 vers de 12 syllabes : il est dédié à Monseigneur Phelypeaux, sieur de Pontchar train, conseiller du Roy e7i son conseil d' Estât et secrétaire de ses commandemens .
Tous ces poëmes de Champflour sont fort rares, surtout les deux derniers que Colletet semble ne pas avoir connus; car, dans la notice consacrée à ce poëte, il ne cite que les Funèbres Cyprès.
Quoy! Dieux (ei puis-je bien sans propos de blasphème
Mainlenam aboucher voire grandeur siipresme?),
Quoy ! Dieux, pouvez- vous voir sans eslancer vos feux
La terre par deux fois en ces tragiques jeux ?
Quoy ! pouvez- vous (ô Dieux) abandonner la France
Aux furies d'enfer sans faire résistance?
J'ay honte et de mon estre et de ma nation
Ores que les Titans, fils de sédition,
Démentent leur habit, leur pays, leur nature,
Pour iraistres se servir de nostre couverture.
Toy doncques, France, bêlas ! que seule l'on a veu
Sans monstres autrefois, as des monstres conceu
Qui taschent, ennemis et du ciel et du monde,
Detrosner le grand Dieu de la machine ronde,
Mais ne pouvant d'assaut violenler les cieux
Ils se sont attaqués aux pourtraicts précieux
De la Diviuiié, et d'un bras exécrable
(Eternelle infamie et crime irréparable!)
— lotis ont meurlry doux Roys et la France troublé Par les cruels elfels d'un crime redoublé. Heureux de nos ayeuls et le siècle et la vie Qui n'a veu ces inallieurs dans noslre inonarciiie, Mais malheureux, lielas! le François reserve Pour voir mourir celuy qui l'avoil conservé !
Or desja la longueur de deux fois dix années
Avoir mis en oul)ly les Iraisires destinées
Qui presterent main forte au premier attentat,
Desja le feu grégeois qui cousommoit l'Eslat
Embrasoit les cités, engloiilissoit les villes,
Et prenoit aliment de nos guerres civiles,
Sembloil avoir miné la racine du mal
Que le Sarmate affreux et cehiy qui brûla!
Habite sur le bord du Danubois méandre
Ne pourroil concevoir, n'oseroit entreprendre :
Quand Megere en courroux ne respirant. que feux
Engendre à l'univers un monstre malheureux.
Et souille du soleil l'agréable lumière
Dans riiorrible forfait d'un dextre meurtrière.
Elle assassine un Roy lorsque le mois d'amour
Termine triomphant son quatorziesme jour.
Lorsque nous préparons et la ville et les temples
Et que toy, grand Henry, comme en passant, contemples
Les signes triomphaux d'une entière amitié
Où tu vois les pourlraicts de ta cbere moitié,
Ses éloges, son nom, sa généalogie,
El les divers honneurs que Paris luy dédie.
Mon Roy las! que le sort doit conduire au tombeau
Dans le char triomphant d'un appareil si beau !
Les confins reculés de la terre habitable S'estonneront d'ouyr un coup si lamentable, Et la mer ou Titan empourpre ses chevaux El celle où il finit ses journaliers travaux Jugeront désormais les Dieux impitoyables Pour n'avoir empesché des coups si lamentables. Quoy ! faul-il que le fer et l'enfer envieux Nous desrobent ce Roy qui esgaloit aux cieux Le los du lys françois, qui redoutable en guerre El prudent eu conseil faisoil trembler la terre, Qui longuement heureux sous un entier bonheur Tenoit son peuple en paix et ses voisins en peur?
Quoy ! son sacré maintien, Sa Majesté royale,
Les effets apparens rie sa clémence essaie,
Voire plus grande eiicor que celle qui jadis
Mit César en crédit et son crédit en pris
N'ont peu faire fléchir ce monstre impeneiiahle?
Quoy! la grande concorde et l'amour admirable
Des François reunis au sceptre de leur Uoy,
Les vœux pour sa santé, les hymmes pour sa foy,
Les Peans pour sa gloire et les lo de jovi"
Que le monde Irançois sur les astres envov<'
Pour la prospérité d'un asseuré repos
N'ont peu faire cesser la rage d'Atropos?
En vain donc ce grand Roy arpentant l'Ilalie
Aura fait esprouver sa douceur infinie
Au |»euple savoyard et d'un courage aisié
Heureusement puny le pacte violé ?
En vain donc ce grand prince aura veu sur sa teste,
Tantost d'un fort hyver la neigeuse tempeste.
Ores d'un chien ardant l'importune chaleur;
En vain souventesfois tesmoigné sa valeur
Dans le camp espagnol où toujours si prudence
Des soldais conjurés a dompté l'arrogance?
En vain donc nostre Henry d' un bras toujours vainqueur
Aura fait voir aux siens qu'il n'estoil que tout cœur.
En vain donc il aura tant de villes g^aignées,
Et fait crousler au pied les crouppes Pyrénées
Si tant d'exploits guerriers, tant d'héroïques faits
L'ont en guerre gardé pour letrahiren paix,
El faire qu'au giron de sa chère Tutrice,
Au pied de ses bourgeois, aux yeux de sa justice
Gomme une autre hécatombe il tombe sous le fer
Que Pluton a forgé au plus profond d'enfer?
Hélas ! que la grandeur qui est au monde enclose
Est sujette à finir et choir pour peu de chose I
Certes le ciel jaloux de l'espéré soûlas
Que la France attendoit de son heureux trespas
Si ce grand Roy fust mort au milieu des armées
(Et non par le cousteau des Parques animées)
N'a permis (ô François) que ton malheur prochain
Ou d'un aulheur plus noble, ou d'un coup plus humain
Receust allégement : aussi ne pouvoitestre
Celuy qui des soldats avoit esté le maistre
Et des maistres le chef vaincu traîtreusement
Par la main de ceux-là qu'il aymoit chèrement, Mais un serpent hideux conceu dansTenfei- mesme (le glisse par malheur sous les murs rl'Angoulesree El prend d'un corps humain les raouvemens divers Pourmalheurer la France et troubler l'univers.
Un incube abusant du ventre de sa mère
Fraya dedans son flanc en façon de vipère
Kt d'un soufle infernal, d'un sifle serpentin
Forma le corps maudit de cet affreux lutin
Au pays angoulniois, dans une maisonnette
Où le crime et le mal avoienl fait leur retraite,
D'où le ciel irrité retirant sa douceur,
Le monde son secours la terre sa faveur,
La sale puanteur, que le captif supporte,
El la faim enragée assiégèrent la porte.
Dès lors on n'a veu croistre en celte orde maison
Que crime, que forfait, que peste, que poison.
Et les plus innocens de cette race infâme
Ont souillé leur renom, prostitué leur ame.
Prodigué leur honneur à toute cruauté.
Et terminé le jour de leur fatalité
Ou dessus un gibet, ou la roue inhumaine
A finy la douleur de leur dernière peine.
Son lïere, son ayeul et ses cruelles sœurs
N'ont engendré depuis que meiirires et malheurs :
On voit l'ayeul bauny de sa terre natale,
Le frère bri;.'ander et la sœur desloyale
Meslanger l'aconit pour perdre l'innocent.
Mais ce cruel dragon son esue desguisant
Sous le nom empruulc d'un t.iiserable père
Détrousse au coin d'un bois la iruiippe passagère
El fait paroistre à tous qu'un démon inhumain
Abusant de sa mère eslança dans son sein
Le malheureux poison de sa semonce impure
Pour luy former un corps el le mettre en nature.
Croissant donc en forfaits, il menace les cieux
D'un crime non ouy, d'un coup prodigieux.
D'un horrible attentat que les saisons passées
N'eussent peu digérer en un monde d'années.
Et qui doit faire un jour à nos tristes neveux
Eslever le sourcil, hérisser les cheveux.
Il le couve en son cœur et parlant à soy mesme
Vomit el revomit ces propos de blasphème :
J'ay desja sans honneur perdu mes jeunes ans Dans des crimes communs, vendu les innocens. Corrompu par argent, porté faux lesnioignage. Les pauvres ;if'nii;('', souillé dans le carna!;e • Ma carnaciere main ; j'^y plein de cruauté Dans le sein innocent mon glaive ensanglanté, J'ay «l'un front desguisé masqué mon injustice. Et fuyant ies rigueurs d'une snine ' justice Sous l'Iiabil emprunté de la religion Violé les décrets d'une sainte union.
Ces maux ne sont que jeux, et toute forfaiture N'a servy que d'essay à ma flere nature. C'est peu de cas de choir en un crime congneu, Et d'un privé desastre avoir le cœur repeu. Mon bras est trop puissant, ma puissance trop grande^ Pour contenter Plulon «le si petite offrande. Hé! que serviroit-il qu'un diable m'eust receu Dans les flancs maternels où il m'avoit conceu Et que sortant maudit d'une impure matrice La furie d'enfer m'enst servy de nourrice? Hé! que serviroit-il de me voir destiné Xu malheur de la France avant que d'estre né Si ores je ne rends ma cruauté publique, Et ne mets résolu mon pouvoir en pratique? La paix règne partout et les cœurs desunis Sous la santé du Roy sont maintenant unis. Les lys sont adorés de la terre voisine. Et font voir la vertu de leur noble racine. Soit où Titan lassé fait son moite séjour. Soit d'où sortant du lict il rameine le jour. Jà le peuple ravi se dispose et s'appreste Pour célébrer le jour d'une royale fesle Et couronner sa Reyne au temple préparé : Elle dessus un char royalement paré, Le visage serain et la face joyeuse Parray les cris gaillards d'une troupe nombreuse Doit marcher en triomphe auprès de ses trois fils Que Naples, la Sicile et le noble païs Que le fleuve du Po suivy de cent rivières Lorsqu'il paye son hef aux ondes marinières Abbreuve de ses flots, veulent avoir pour roys, Flechissans sous le joug de leurs royales lois,
* II vaudrait mieux lire sainte.
Grands roys qui redoutés aux terres hesperiiles
Et plus que trois Heclors et plus que trois Alcides
Eslonneronl l'Espagne et réduiront au lys
Les pt'iiples révoltés, les voisins ennemis.
Mais quoy! la p;iix mennuye el mon impalieuce
Me fait avoir horreur du repos de la France :
Lassé de voir le lys si longtemps triompher.
Je jure par le nom des rivières d'enfer
Que bienlost on verra reduile en un pauvre esire
La candeur (Vb François, la grandeur de leur maisire.
Je feray que Plulon bataille forcené
Pour soulager la peur du peuple basané.
Il n'eut pas dit ces mots que soudain il varie
Se semant agile d'une extresme furie.
Lors les Parques d'enfer maislrisant ses dessein <
Luy lirenl embrasser les actes inhumains
Qu'il avoii projectés. Dès lors hors de <oy mesnie
Chancelant, Inribond, forcené, triste, blesme
]l ne prend jour et nuit ny repos ny repas,
Ains roulant ilans son cœur un hineste trespas
Il va, vient el revient', lourne, change, rechange
D'heure en heure de lieu, non visie comme un ange,
Ains, conmie la couleuvre enllée de venin
De sa queue einpcstée et de son col mutin
Faicl cent plis et replis et infecte farouche
De son tiel escumeux les herbes qu'elle louche,
Ainsi ce malheureux d'un marcher serpentin
Par les sentiers tortus de l'incongnu chemin
Se meut incessamment el rampant détestable
Empeste de son fiel les lieux où ils'eslable.
Les furies d'enfer le suivent nuicl el jour :
Soit qu'il roule son corps, soit qu'il fasse séjour,
Il remplit tout d'horreur el les nocturnes ombres
Faisant bruire leurs fers - dans les ténèbres sombres
Ont fait croire souvent à l'hoste espouvaiiié
Que son logis esloit des démons habile.
Bien souvent on a ven ce iils de Tisiphone ^
Tendre sur le pont Neuf sa main pour une aumosne,
Bien souvent on l'a veu sous des irisies lambeaux
Couvrir la cruauté de ses crimes nouveaux
1 Impr. vint et revint.
^ Imp. leur fer.
-* Idem Thésiphone.
lit cacher les malheurs dun coup irréparable Sous le traistre couvert d'un manteau misérable. Souvent il est entré dans le palais d'honneur Où loge de nus Roys la superbe grandeur : Il a trompé cent fois les gardes à l'entrée Coupable par cent fois d'une mort méritée, Si le bras des soldats visiblement charmé Dessous un faux semblant ne se fust desarmé, Car desjà de ses yeux les flamboyants indices iMoiislroient aperleinent I ses traistres artiûces Et faisoient voir à tous sous un crime conceu l.ecoup prodigieux que la France a receu.
Va, peste de l'enfer, va, l'horreur de la France,
Sors de noslre climat, infernale semence,
Pour le rendre à jamais aux antres ténébreux
Où l'on ne sent que maux, où l'on ne voit que feux.
Mais non : devant il faut que les humains supplices
Condamnent à la mort tes cruels maléfices
Et que le peuple encor justement irrité
Punisse les excès de la desloyaulé.
Il faut qu'à nos douleurs ton Irespas satisfasse
Et qu'une juste mort nos desastres efface,
Supplices trop légers pour punir tes malheurs
El soûlas trop petit pour essuyer nos pleurs!
Que cette impure main qui d'un coup exécrable Abattit la grandeur d'un prince incompnrable Dans le feu pétillant et de soulTre et de poix Distille à petit feu ; que le peuple françois Voye sous le fer chaud d'une tenaille ardente Cricquer la traistre peau de ta cuisse flambante ; Que l'huile bouillonnant avec le plomb fondu Soit sur ton corps ouvert lentement respandu, Et que quatre chevaux tirent impitoyables Et brisent forcenés tes membres exécrables. Que ton ame esperdue escume dans ton corps ; Que tes vitaux esprits demy vifs, demy morts Bataillent longuement pour sortir de leur place; Que ton corps dépensé fatigue, arreste, lasse Les bourreaux trop humains. Que Paris assemblé Maudisse les eliels de ton esprit troublé,
1 Le icxle porte : cnurerlemenl-
(Jue !e peuple offensé lr:iiiie parmy la rue Tes osseniens sanglants et la cuisse rompue; Qu'il laisse en se vengeant à la postérité Une puante odeur do ta meschanceté, Qu'il déleste t» vie et qu'il se trouve encore Un habitant bruslé de la contrée more Qui nourry dans la France engloutisse gou'u Les membres depessés de ton cuips vermoulu. Et après tant de maux que la noire infamie Volant autour des lieux d'où tu tenois la vie Extermine ta race, et qu'un arrest vengeur, Abolissant ton nom, venge nostre malheur.
Uolvers?^ BIBLIOTHECA
Lo Bibliothèque
Université d'Ottawa
Échéance
The Library
University of Ottawa
Date due