Le suc gastrique naturel contient un acide minéral
Le suc gastrique recueilli par la fistule (no 63) rougit fortement le papier de tournesol bleu.
Essai par le Violet de méthyle. Si on mélange le suc gastrique naturel avec un égal volume d'une solution aqueuse très diluée de violet de méthyle, le
(*) Pour toutes les lectures du niveau du liquide, dans les titrages au moyen de la burette, t il est indispensable de |)lacer l'œil exactement à la hauteur de la surface courbe (ménisque) dû
liquide. On fait la lecture du trait de la graduation de la burelte qui est tangent à la partie inférieure courbe du ménisque.
Pans la figure 50, la position du ménisque indique un peu moins de 5.5 c. c.
liquide prend une coloi*ation bleue (acide minéral). On répète le même essai avec une solution diluée d'acide minéral (acide chlorhydrique à 2 : 1000, obtenu en mélangeant G. 5 ce. d'acide chlorliydrique fumant avec un litre d'eau), puis avec une solution diluée d'acide organique (acide lactique). L'acide chlorhydrique seul bleuit (puis verdit) le violet de méthyle.
Essai par la Phloroglucine et la Vaniîline. On mélange le suc gastrique avec un égal volume d'une solution alcoolique de Phloroglucine et de Vaniîline (2 gr. Phloroglucine, 1 gr. Vaniîline et 100 ce. alcool), on évapore au bainmarie dans un verre de montre en évitant l'ébuUition du liquide. Il reste une tache rouge, indiquant la présence d'un acide minéral. On répète le même essai avec de l'acide chlorhydrique à 2 "/qq : résultat positif; puis avec de l'acide lactique : résultat négatif.
Essai par la Tropéoline 00. On mélange le suc gastrique (5 c. c.) avec quelques gouttes de Tropéoline 00 en solution alcoolique : coloration rose indiquant la présence d'un acide minéral. On répète le même essai avec de l'acide chlorhydrique à 2 "^/q^, puis avec de l'acide lactique. L'acide minéral seul donne la coloration rouge avec la tropéoline 00.
65. La dissolution de la fibrine dans le suc gastrique (') exige la présence d'un ferment (pepsine) et d'un acide (H Cl).— Versez 5 ce. de suc gastrique artificiel dans ctacun des 4 tubes à réaction a, b, c, d. Faites bouillir a; neutralisez exactement le contenu de /; (ajoutez une languette de papier de tournesol), en y versant goutte à goutte de l'ammoniaque très diluée (l : 100 par ex.); laissez c à la température ordinaire et chauffez d au bain d'eau (voir fig. 51) entre -h 35° et + 40".
Ajoutez un flocon de fibrine à chacun des tubes. La fibrine se dissout rapidement dans d, lentement dans c, pas du tout dans le liquide neutralisé b, et pas du tout dans le liquide bouilli a.
Répétez les mêmes expériences, en vous servant de tranches minces de blanc d'œuf cuit, au lieu de fibrine. Le blanc d'œuf est dissout moins rapidement que la fibrine.
Fig. 31.
(1) Préparation du suc <iasirique artificiel Un estomac de porc est ouvert, rincd à l'eau, et cloué sur une planche par sa face pt'rilondale. La muqueuse est enlevée au moyen de la pince et du scalpel, puis coupi't; en morceaux et hachée. On laisse macérer les fragments, |)en(lant 24 heures, avec un litre d'eau additionné de 8 ce. d'acide (•.h!orhydri(|ue fumant du commerce. Le tout est placé dans des capsules plates, et remué à (lin'éreiiles reprises. Le lendemain, on décante le liquide clair, on le passe à travers un linge, et on le fillre au hesoin. Le résidu de muqueuse est traité une .seconde fois, et mùme une troisième fois par un litre d'eau aciduléo par H Cl. On obtient de celte façon trois litres de suc gastrique assez actif.
66. La pepsine transforme la fibrine d'abord en syntonine, puis en propeptone et en peptone. — Placez dans un petit gobelet 5 gr. de fibrine avec 50 ce. de suc gastrique, chauffé à + 40". Maintenez le tout à cette température (dans le bain d'eau chauffée au bain-marie), pendant 3 à4 heures. La fibrine gonfle, devient transparente et ne tarde pas à se dissoudre complètement. Prélevez au bout d'une heure un échantillon (5 à 10 ce.) du liquide; neutralisez cet échantillon exactement, en y versant goutte à goutte, de l'ammoniaque très diluée. Il se forme un précipité de syntonine. Filtrez sur un petit filtre.
Le liquide filtré contient peu de jjropeptone^ et probablement pas de imptone. ^Essayez la réaction du Biuret, par la soude et deux gouttes de sulfate de cuivre (voir n" 9).
Au bout de 2, 3 ou 4 heures, le reste du liquide dans lequel la digestion a continué à parcourir ses phases, est neutralisé pour précipiter la syntonine^ puis filtré. Le liquide filtré est saturé de sulfate d'ammoniaque en poudre, qui précipite la propeptone. Recevez le précipité sur un petit filtre; laissez-le égoutter, et recueillez-le, en exprimant le filtre entre du papier à filtre, puis en pliant le filtre sur lui-même, comme il a été dit lors de la préparation de la paraglobuline (voir n° 14, p. 17).
Dissolvez la propeptone dans un peu d'eau et divisez-la en quatre parties a, c, d dans des tubes à réaction :
a) sert à refaire la réaction du Biuret ;
h) est additionné d'un excès d'alcool qui précipite la propeptone ;
c) est additionné d'un peu d'acide nitrique : la propeptone se précipite mais se redissout si l'on chauffe. Le précipité peut reparaître par refroidissement du liquide ;
d) est additionné d'un peu, de ferro-cyanure de potassium : précipité blanc.
Le liquide saturé de sulfate d'ammoniaque, et d'où la propeptone s'est séparée, ne contient que fort peu peptone^ au bout de 3 heures de digestion. Prenez un échantillon de ce liquide dans un tube à réaction (2 ce), ajoutez-y un excès de soude, jusqu'à ce qu'il se forme un précipité cristallin, puis ajoutez très peu de sulfate de cuivre : faible réaction du Biuret.
Pour obtenir beaucoup de peptone, il faut prolonger la digestion pendant buit jours, à l'étuve réglée pour une température de + 40" (étuve d'Arsonval).
On peut ajouter 1-2 pour raille d'acide salicylique pour empêcher la putréfaction. Le liquide contient au bout de buit jours presque autant de peptone que de propeptone.
67. La propeptone injectée dans les veines chez le chien, suspend la coagulation du sang et provoque une baisse considérable de la pression sanguine. — Un petit chien anesthésié reçoit par la veine jugulaire externe une injection de propeptone à 10 "/^ (le
liquide est contenu dans une bui-etto dont le bec est relié à la canule veineuse; il suffit d'ouvrir le robinet de la burette, pour que le liquide s'écoule dans la veine par son propre poids). On injecte Ogr.'2 de propeptone par kilogramme d'animal. On inscrit la pression sanguine au moyen du manomètre à mercure : on constate une chute considérable de cette pression. La pression se relève ultérieurement.
On recueille des échantillons de sang que l'on compare avec un échantillon pris avant l'injection. Le sang ne se coagule plus : il reste liquide jusqu'au lendemain.
68. Le suc gastrique contient un ferment qui précipite la caséine. — Prenez dix centimètres cubes de lait chauffé à 40" dans un tube à réaction, ajoutez-y quelques gouttes (1 ce.) du liquide provenant de la caillette (4- estomac) du veau. Si le liquide a toute son activité, le lait est complètement coagulé en moins d'une minute. Le coagalum adhère au tube, de sorte que l'on peut retourner celui-ci sans que rien s'écoule.
Au bout d'un certain temps, le coagulum commence à se rétracter, avec formation d'un sérum clair dans lequel il nage.
A défaut de présure de veau, on peut employer le suc gastrique artificiel fabriqué avec la muqueuse de l'estomac de porc. Neutralisez-le exactement au moyen de quelques gouttes d'ammoniaque très diluée. Ce suc est beaucoup moins actif que le liquide de la caillette du veau.
Refaites les mêmes expériences à la température ordinaire, puis en employant une seule goutte de solution de présure. La coagulation se produit de la même façon, mais au bout d'un temps assez long.
m. — SUC PANCRÉATIQUE.
69. Le suc pancréatique artificiel contient un ferment diastatique qui digère l'amidon et le glycogène (*). — Opérez exactement comme au n" 57, avec la seule différence que vous remplacez la salive par du suc pancréatique artificiel.
70. Le suc pancréatique artificiel peptonise la fibrine et l'albumine en solution alcaline ou neutre. — Dans chacun des trois tubes à réaction a, b, c, placez 5 ce. de suc pancréatique avec une languette de papier de tournesol. Neutralisez exactement a par de l'acide chlorhydrique très dilué ; acidulez b par de l'acide chlorhydrique dilué; et laissez a sa réaction alcaline. Ajoutez à chaque tube un flocon de fibrine et maintenez-les à -j- 40° (au bain d'eau).
(*) Pour préparer tlu suc pancrdalique arlificiel, on fait macérer pendant 24 à 48 heures, du pancréas de bœuf haché, dans une solution à 2 % de carbonate de sodium. On ajoute au mélange quelques gouttes d'une solution alcoolique de thymol, afin d'empêcher la putréfaction.
La fibrine est attaquée rapidement dans le liquide alcalin c et s'y résout en petits fragments, puis en granules ; elle se dissout plus lentement dans a qui est neutre, et pas du tout dans h qui est acide.
Recliercliez la peptone, par la réaction du Biuret, dans le liquide de a et de c.
Eépétez les mêmes expériences, en opérant à la température ordinaire : dissolution infiniment plus lente de la fibrine ; puis répétez-les avec des liquides soumis au préalable à l'ébullition : destruction du ferment (trypsine), et absence de digestion de la fibrine.
7 1 . Le suc pancréatique artificiel et le tissu du pancréas saponifient les graisses. — Agitez de l'huile d'olive (1 ce.) neutre (') avec du suc pancréatique (2 '/j ce.) dans un tube à réaction : il se forme une émulsion laiteuse permanente. Le liquide devient acide. Examinez l'émulsion au microscope.
Répétez l'expérience avec 1 ce d'huile et 2 '/a c.c d'eau (au lieu de suc pancréatique). Agitez: il ne se forme pas d'émulsion.
Un morceau de tissu du pancréas est appliqué contre un carré de papier bleu de tournesol imbibé d'huile d'olive neutre et placé sur une plaque de verre. Il se forme autour du tissu pancréatique une auréole rouge, indiquant la saponification et l'acidification de la graisse.