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IV. — SCHISTES CRISTALLINS ET QUARTZITES

Toutes les roches rencontrées en place dans la région que j'ai parcourue appartiennent exclusivement aux roches éruptives. Mais, parmi

Expédition Charcot. — Gourpon. — Pétrographie. 26

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les galets des rares petites grèves que découvre la mer à marée basse, . J'ai souvent trouvé des échantillons de schistes cristallins et de quartzites. |

C’est ainsi qu’à Port-Lockroy, au fond d’une petite anse de la presqu’île Jougla, j'ai recueilli quelques grandes plaques d’ardoise grise atteignant 40 à 50 centimètres de côté (368).

C'est un quartzite rubanné très schisteux essentiellement constitué par des grains de quartz laminés, étirés, associés à quelques grains de calcite, un peu d’épidote, un peu de chlorite extrêmement pâle, voisine de la zoïsite, ainsi qu'à quelques lamelles de muscovite. Le quartz contient des ponctuations noires d’une matière opaque probablement charbonneuse, qui donnent la coloration. La calcite est généralement postérieure au quartz.

Les éléments autres que le quartz sont distribués suivant des lits parallèles qui déterminent la schistosi té.

Ces mêmes ardoises se retrouvent en fragments plus petits au pied de la moraine de l’île Doumer, c’est-à-dire à une faible distance de Port- Lockroy. Enfin, aussi bien dans la baie des Flandres, sur les îles Moureaux en particulier, que sur les côtes de l’île Wandel et celles de l’île Hovgaard, abondent des galets plus ou moins arrondis, à structure rubannée, formés par des quartzites identiques.

Dans la baie nord de l’île Wandel, j'ai récolté un quartzite d’une variété un peu différente (80).

La roche n’est pas schisteuse ; elle est d’une couleur grise, à grain fin ; de petites veinules de quartz la traversent en s’entre-croisant. C'est un quartzite micacé, formé de grains de quartz assez gros réunis par des grains plus petits, parsemés de nombreuses paillettes de biotite, qui quelquefois se groupent en petits paquets distincts.

La biotite n’a pas toujours de formes nettes ; elle constitue alors des lamelles arrondies ressemblant à celles que l’on observe dans certains schistes au contact des roches éruptives.

La pâte contient quelques plages de feldspath.

On rencontre un peu de zoïsite.

Sur la grève desîles Moureaux (baie des Flandres), j'ai trouvé quelques

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blocs (14) d’une phyllite noire ardoisière peu cristalline, rappelant tout à fait les ardoises d’Anger ; c’est une pâte cristalline à grain très fin, riche en matière charbonneuse, traversée par de grandes veinules de quartz.

Enfin, sur la pointe nord de l’île Hovgaard, parmi les fragments de quartzite schisteux, J'ai récolté un bloc arrondi d’une trentaine de centimètres de diamètre, d’une coloration verdâtre, à reflets chatoyants (222). C’est un chlorito-schiste actinolitique.

La roche est très schisteuse, à schistosité irrégulière ; elle est composée de grains de quartz, d’épidote, d’une chlorite peu biréfringente, du groupe de la pennine, enfin d’actinote.

Vue au microscope, elle se montre rubannée par suite de la disposition de la chlorite et de l’actinote suivant des lits parallèles. L’actinote se présente en cristaux fillformes extrêmement allongés. Ces petites aiguilles forment, pour ainsi dire, l’ossature de la roche ; dans les intervalles, se trouvent le quartz, l’épidote.

Au milieu de cette pâte, on rencontre des amandes à plus grands éléments ; l’un des minéraux, plus développé, s’y trouve associé aux autres éléments de la roche, un ou plusieurs d’entre eux dominant sur les autres ; par exemple un gros cristal de chlorite est associé à de petits cristaux d’épidote et de quartz.

La provenance de toutes ces roches reste inconnue, puisque aucune n’a été trouvée en place et qu’elles ont pu être apportées de régions lointaines par les glaces flottantes. Cependant leur structure rappelant celle de nombreux schistes rencontrés au contact des roches éruptives rend très vraisemblable l'hypothèse qu’elles puissent être indigènes et provenir de gisements voisins de nos granites et de nos diorites.

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