BU
Gai.
Trois. .
Nasawa.
Bitât.
Gâtât.
Quatre
Nanl.
Biaàne.
Gàna.
Cinq. .
Lolou.
Blsol
Gasoï.
Dix ....
Goheta.
.Bisonti.
Gasol-hanté.
Sept. . .
Goflia.
Sombil.
Gasoï-kali.
Huit . .
Gosawa.
Soiabitât.
GasQï-katàt.
Neuf. .
Carabou.
Sombinâne.
Gasoï-càna. 1
Dix....
Gapou.
Cohi.
Gohi.
FOUIiAH.
Un
Goo.
Didi.
Tati.
Nahi.
Dioï.
Diégom.
Diédidi.
Diétati.
Diénahi.
Sapo.
Deux
Trois
Quatre
Ginq
Six
Sept
Huit
Neuf
Dix
Nous avons dépeint les Korankos et les Lîmbahs qui habitent les montagnes comme des sauvages. Ils seraient sans doute plus pacifiques et plus hospitaliers s'ils ne se trouvaient pas sans cesse, notamment les Korankos, en butte aux attaques de leurs voisins, qui vont chez eux s'approvisionner d'esclaves.
Il n'est que trop certain, en effet, que ce fléau de l'esclavage sévit encore dans toute sa rigueur dans Tintérieur de l'Afrique et n'est pas près de s'éteindre. Les hommes qui sont achetés par les Soussous ou les Timnés doivent s'estimer relativement heureux, car il est préférable, au point de vue matériel, d'être esclave près de la côte que libre dans les montagnes du Koranko
Esclavage.
J56 J. ZWEIFEL et M. MOUSTIER.
Esclavage. Les esclaves près de la côte ne sont presque jamais maltraités, ils sont assez bien nourris, on ne les revend que très-rarement, et de plus, ils ont la chance de pouvoir tôt ou tard se rendre dans les colonies des blancs où ils recouvrent leur liberté. Mais ceux qui sont achetés par les tribus de l'intérieur, par des Mandingues de Kankan ou des Arabes qui les expédient dans le Maroc et en Tunisie, sont bien à plaindre. Tandis que l'esclave de la côte est agriculteur et mène une vie sédentaire, l'esclave de l'intérieur est surtout employé comme bête de somme. C'est lui qui porte les produits vers la côte et qui retourne chargé de marchandises dans l'intérieur. Pendant ces voyages, ils sont très-mal nourris, et souvent soumis à des traitements cruels.
Les Mandingues font leurs transports de marchandises presque toujours avec des hommes ; les Saracolés avec des ânes, et les Foulahs avec des bœiifs.
L'esclave est d'autant plus estimé qu'il vient de plus loin, car il y a d'autant moins de risques d'évasion de sa part, que sa patrie est plus éloignée. Un esclave qui se sauve dans l'intérieur, loin de sa tribu, est immédiatement arrêté, et ce qui peut lui arriver de meilleur dans ce cas, c'est de changer simplement de maître.
Il sera très difficile de déraciner l'esclavage dans l'Afrique, car l'Islam, qui est le seul élément civilisateur de ce pays, le protège.
Pour venir à bout de cette plaie de la terre africaine, on ne peut compter que sur l'influence civilisatrice du commerce et sur la création de voies de communication appropriées aux besoins du pays.
Le jour où les transports pourront se faire commodément, au moyen de bêtes de somme sur des routes bien entretenues, l'esclave n'aura plus sa valeur et sa raison d'être d'aujourd'hui. 11 deviendra sédentaire, agriculteur et l'on peut espérer qu'une législation plus humaine lui fournira les moyens de recouvrer la liberté par le travail.
Nous ne saurions clore ces notes sans rendre un sincère hommage à la mémoire du voyageur anglais, M. Reade, qui, pa-
tronné par deux négociants africains distingués, M. A. Swanzy, W. Reade. de Londres, et M. Ch. Heddle, de Sierra-Leone, tenta par deux fois, mais en vain, de pénétrer dans la région des sources.
A son premier voyage, il ne put dépasser Falabah. Plus heureux la seconde fois, il arriva au bord du Niger (à Farabana ou Farannah, ville aujourd'hui détruite) et s'avança jusqu'au Bouré, pays de l'or, d'où la famine l'obligea à rentrer précipitamment à la côte.
Sous le titre Swanzy Expédition^ il a publié le récit de son voyage dans un des deux volumes de son ouvrage, the African Sketch Book, dont nous recommandons la lecture à toutes les personnes qui s'intéressent à la question africaine.
Ils y trouveront, sous une forme des plus attachantes, des tableaux de mœurs d'une sincérité absolue et qui dénotent chez leur auteur une grande puissance d'observation et un jugement sain, exempt de préjugé et d'orgueil de race.
Il est fâcheux pour la science qu'un homme de cette valeur ait été enlevé à la fleur de Tâgç, laissant interrompue une œuvre si vaillamment entreprise.