VOYAGE AUTOUR DU MONDE, PAR LE CÉLÈBRÉ LA PÉROUSE
La Pénouse|.:... que ce rom réveille.de regrets, qu'il rappellc de douloureux souvenirs ! Retracer l’histoire de son voyage, c'est peindre le tableau des malheurs les plus inouis qu'ait jamais éprouvés aucune expédition de découvertes, Et les victimes de tes malheurs étaient nos compatriotes ; c'étaient des officiers , l'élite de la marine française ; des savans, recommandables par
. l'étendue de leurs connaissances et la modestie de leur caractère!
Et leur patrie en deuil n’à pu recueillir leurs cendres, leur donner un tombeau !..…..
Ainsi s'exprime M. le chevalier de Fréminville, dans sou Examen sommaire des Expéditions de Découvertes, et bientôt après il nous informe en ces termes des circonstances qui donnérent licu à cette trop mémorable entreprise :
Louis XVI se plaisait à cultiver l'étude de la géographie , et prènait l'intérêt le plus vif au progrès de cette science. Le capitaine Cook venait d'achever ses voyages ; les travaux immortels de ce célèbre navigateur frappèrent d'admiration le Roi ; mais ce prince ne voulut pas que l'Angleterre seule eût l'honneur de perfectionner la géographie de notre globe; et à l'issue d'une gucrre où la marine royale venait d'apprendre à ue na.
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(5 tion ennemie que les Tourville. et les Dugusy-Trouin avaient de dignes successeurs, Louis XVI voulut prouver qu’en paix comme en guerre la France savait cueillir les palmes de la gloire et s’illustrer par les plus nobles entreprises.
Il conçut donc lui-même le projet d’une expédition scientifique, dont le but était d’achéver la reconnaissance entière des parties du monde encore inconnues, ou que Cook n’avait pu explorer qu’imparfaitement. Ce plan était très-vaste ; pour en tracer les détails, lé Roï désira s’adjoindre le savant Fleurieu et s’éclairer de ses conseils. Les instructions données à M. de la Pérouse, l'ouvrage de Sa Majesté et de l’illustre navigateur que la marine française s'honore d’avoir compté parmi ses officiers , sont regardées comme un chef-d'œuvre (1). 11 faut cependant le répéter, puisque la Pérouse l’a dit lui-même , le plan dé son voyage était trop étendu relativément au temps qui lui avait été limité pour le mettre à exécution. Il ne put souvent qu’esquisser ce qu'il aurait voulu approfondir, et fut parfois contraint de parcourir trop rapidement des parages dont la reconnaissance eût He 1es qu'il s’y arrêtât un certain temps. à
Deux flûtes, du port.de 500 tonneaux, furent équipées à Brest pour ce nouveau voyage autour du monde. On les arma en, frégates, et l’on substitua à léurs anciens noms ceux de la Boussole et l’ Astrolabe. Le comte de la Pérouse, capitaine de vaisseau, déjà renommé par les connaissances et les talens dont il avait fait preuve dans la guerre d'Amérique, fut choisi par le Roi pour commander en chef l’expédition. Le vicomte de Langle, aussi capitaine de vaisseau, l’un des plus savans officiers de son corps, commanda sous ses ordres le second bâtiments les .états-majors furent composés d'officiers distingués par leur mérite, et tous choisis avee soin par M. de la Pérouse lui-même.
Depuis que les puissances de l’Europe, jalouses de contribuer à l'accroissement des connaissances humaines , envoient des bâimens chargès d'explorer les contrées inconnues , il n'avait jamais
(1) Ces instructions se trouvent dans les Annales maritimes, publiées en 1816, par M. Bajot; Nous eu offrirons un fragment au lecteur.
été pris tant de soins, de précautions plus grandes, plus propres à assurer le succès d’un semblable voyage (1). ‘Poutefois, on ne tarda point à reconnaître le mauvais choix des vaisseaux.
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DÉPART DE L'EXPÉDITION. — 1° août 1785.
La Bové, que monta “. de la Pérouse, et l” Astrolabe, coômmandée par M. de Langle, furent prêtes à partir vers le milieu de l’été de 1785. Ces deux bâtimens appareïllèrent de la rade de Brest le 1°" août de cette année ; le 13, ils mouillèrent à Madère, et le 19 à Ténériffe. M. de la Pérouse s’assura que les déterminations géographiques de ces îles, ainsi que des Salvages, faites par MM. de Borda, Verdun et Fleurieu , étaient d’une parfaite exactitude (2). Quoique pressé par le temps, il se rendit aux vœux des savans de l’expédition, qui désiraient monter au pic ; il, en mesurèrent la hauteur, et y firent plusieurs observations importantes ; malheureusement les papiers M les contenaient ne sont pas parvenus.
Les deux navires reprirent la mer le 30 août, coupérent l'équar teur le 29 septembre , et; le 16 octobre , furent en vue des iles de Martin-Vaz. Deux jours après, ils atteignirent l’île de là Trinité, où l’on espérait pouvoir faire de l'eau ;-maîs la chose s'étant trouvée impossible ; M. de:lu Pérouse se hâta de: se rendre à l’ile de Sainte-Catherine, sur la côte du Brésil. Dans cette traversée , il chercha vainemènt l'ile de l’Ascension , indiquée par d'Après à cent lieues dans l'O. de la Trinité , et il #’assura que cette île n’était autre chose que la Trinité elle-même, mal pures sur l’autorité d'anciennes cartes. Ft
I mouilla à Sainte-Catherine , le 6 novembre , s'y procura aisément les rafraîchissemens dont il avait besoin , et en partit le 19 du même mois pour aller doubler le cap Horn. Il chrtcha sur
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jamais (à) L'Angleterre même voulut y contribuer, et s’empressa de prêter à la France une partie des instrumens nautiques qui avaient servi au capitaine Cook , pour être confiés à M. de la Pérouse, (a) Nous avons pu nous- PE ge en:juger sur les lieux en 1825 et en 1825, (M. deFreminvil(e.)
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le 44° parallèle ile Grande -de-la-Roche, et s’assura qu'elle n'existait pas, ou que du inoins il y avait de grandes erreurs dans la position qui lui avait été assignée. Le 21 janvier 1786; on eut connaissance de la côte des Patagons ; on entra dans le détroit de le Maire, et l’on doubla sans accident le cap Horn. Enfin , le 22 février , l'expédition arriva à la Conception, sur la côte du Chili.
Le journal de la Pérouse contient plusieurs-observations intéressantes sur l’état où se trouvait alors cette colonie espagnole, et sur l’histoire naturelle de cette contrée , encore aujourd’hui peu connue , et qui ne l'était à celte époque que par le peu qu’en avait rapporté Frézier:
La Pérouse reprit la mer le 17 mars, se dirigeant sur l’île de Pâques, dont il eut connaissance le 8 avril : il y mouilla le lendemain dans la baie de Cook. Toutes les observations qu’y avait faites le célèbre navigateur dont elle porte le nom , furent trouvées d’une exactitude parfaite par le commandant français ; la partie de l'histoire naturelle seulement laissait beaucoup à désirer. Le séjour véritablement trop court que l’expédition fit dans cette île, ne perinit pas à nos observateurs de s’en occuper comme ils l’eussent soubaité : on leur doit du moins une description et des figures exactes de ces singuliers monumens , de ces statues colossales dont Cook avait déjà fait mention, et dont l’origine, inconnue aux insulaires actuels, semble avoir appartenu à une peuplade qui n'existe plus.
La Boussole et l’Astrolabe quitièrent l'îte de Pâques le lendemain même de leur arrivée ; et firent route directement pour les îles Sandwich. Leur traversée jusque là ne présente rien de particulier. Le 28 mai , elles furent en vue d’Owyhée , et mouillèrent le lendemain dans une baie de l’île de Mowee : elles s'y procurèrent une assez grande quantité de provisions fraîches, et cependant elles ne restèrent dans cette baie qu’une seule journée.
Un des points sur lesquels insistaient le plus les instructions ul données à M. de la Pérouse, était la reconnaissance des parties de pl ia côte N. O. de l'Amérique d’où Cook avait toujours été repoussé | ? par de gros temps, et où l’on supposait encore qu'il existait quel- | que entrée communiquant avec la baie d'Hudson. 11 se hâta done
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