PRÉFACE
Les faits que je soumets au jugement des naturalistes sont le résultat de dix mois d expériences assidues, faites à l’aide d’instrumens de météorologie, de réactifs chimiques et d’un puissant microscope. La plupart m’étaient déjà commis depuis longtemps, mais ne pouvaient être publiés avant cette époque , n'ayant pas encore eu F occasion de signaler un décroissement de la cause de l épidémie que j’avais trouvée dans l’air et que je supposais tirer son origine du sang.
Le résultat de l’analyse miasmatique que j’ai employée a dépassé mon attente. J’ai extrait de l’air le miasme que j’y cherchais, je l’ai fixé sur des lames de verre, sur lesquelles j’ai pu l’étudier avec autant de soin que son extrême ténuité le permettait. J’en indique la forme , la couleur, la nature , l’origine , ainsi que son mode d’action et de propagation.
Ce Mémoire renferme une hypothèse que j’ai cru devoir rapporter, parce qu elle se lie essentiellement à la marche de mes expériences, et que d’ailleurs
elle ma conduit à la connaissance dune vérité, savoir : l’origine du miasme cholérique.
Le choléra ne constitue désormais qu’une question de toxicologie. On pourra facilement s’en convaincre, en répétant mes expériences dans les divers endroits de l’Europe ou il existe encore.
On jugera par l’exposé suivant des recherches que j’ai faites, de la certitude que je puis avoir des faits que j’avance. Mais , je le dis à regret, il est peu de personnes à même de décider sur une question aussi importante. Il faut pour cela s’être longuement habitué au maniement du microscope , et plusieurs mois sont à peine suffisans pour cette étude , si l’on n est dirigé par quelqu’un qui sache s’en servir.