DISCUSSION ET CONCLUSIONS
1°) Chez des animaux métis possédant des gènes ou facteurs d’origine Andalou bleu et d’origine Rhode Island rouge, on observe : chez les coqs, un plumage mélangé de bleu et de rouge et, chez les Poules, un plumage seulement bleu.
La forme neutre réalisée naturellement chez le coq, et par ovariectomie chez la poule, est commune; elle est mélangée de bleu et de rouge. Si nous la prenons seule en considération, nous pouvons dire que nous sommes en présence d’un mode d’hérédité en mosaique, sans dominance du bleu ni du rouge, sans mélange strict des deux couleurs qui n’existent
jamais que côte à côte, même dans les plumes bicolores.
PAU: Var
2°) La féminisation d’un soma neutre donne une poule bleue. Le pigment rouge disparaît. Une simple féminisation devrait donner une poule avec des plumes femelles rouges, puisque ces deux formes existent chez les poules des races en jeu, tandis qu’ici, les plumes femelles rouges n’apparaissent pas. En langage génétique, nous dirons que la pigmentation femelle Rhode Island rouge est passée à l’état récessif.
3°) Dans quelle catégorie, dans quel mode d’hérédité allons-nous placer ce cas ? Si nous considérions la forme neutre, nous dirions que c’est une hérédité en mosaique; mais comme la mosaïque n’apparaît pas lors de la féminisation, nous dirons que nous avons là un cas d’hérédité contrôlée par le sexe ou mieux par l'hormone ovarienne. Cette hormone joue donc un rôle important, puisqu’elle règle des dominances.
4°) On peut se demander s’il ne serait pas possible d'obtenir dans certains cas, des poules en mosaïque ou seulement l’apparition de quelques plumes rouges. Si l’on considère les lois d'action des hormones (et ici le pigment rouge peut être considéré comme un réactif au même titre qu’un caractère sexuel secondaire), on peut répondre affirmativement. Il y a «en effet pour chaque caractère sexuel un seuil hormonal (minimum efficace) à partir duquel l’action de l’hormone devient manifeste; mais les seuils, bien que parfois très voisins l’un de l’autre, varient avec les caractères, les régions du corps, et aussi avec les individus. D'autre part, la quantité d’hormone circulante, sur-
tout si elle est ovarienne, n’a pas une valeur constante. Par conséquent, les poules métisses qui, en une région quelconque du corps, possèderont un seuil élevé, prendront des plumes rouges. Le nombre de nos poules métisses fut malheureusement trop restreint pour avoir la chance de trouver de semblables sujets, mais le cas n’est pas improbable.