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sentant les caractères de cette race. Un coq ardennais doré prend un plumage de poule ardennaise dorée.
B) Hybrides : Nous avons pratiqué une série d’opérations sur les hybrides obtenues dans le croisement décrit.
Aux coqs, nous greffons l’ovaire de leurs sœurs; ils prennent un plumage noir semblable au plumage de celles-ci.
Les poules ovariectomisées acquièrent, par contre, un plumage totalement différent de celui de leurs frères. Elles deviennent semblables à leur père, c’està-dire de race argentée. Chez quelques-unes d’entre elles le pigment noir domine dans le centre des lancettes mais les bords, nettement argentés, ainsi que les plumes du camail, ne laissent pas de doute sur le caractère racial de la forme apparue.
Discussion : La forme neutre d’origine mâle est de race dorée, celle d’origine femelle est de race argentée.
Donc, si nous considérons le soma, abstraction faite (expérimentalement) de l’action hormonique des glandes sexuelles, il y a eu un partage des caractères raciaux variable avec le sexe primitif des rejetons.
Pouvons-nous dire qu’il y a là un cas d’hérédité sex-linked ? Nul n’y songerait si nous ne connaissions que les sujets normaux. Mais il faut bien admettre que l'individu est composé aussi de toutes les potentialités morphologiques qui se manifestent sous l'influence de changements de milieu intérieur ou extérieur; on ne peut alors nier que, dans ce cas, il y ait hérédité liée au sexe, phénomène masqué chez
hé OT RS la poule par une action spéciale de l'hormone ovarienne sur le plumage.
En nous en tenant aux formes neutres, nous sommes en présence d’un cas semblable au croisement classique : © Plymouth Rock barré X ç Langshan noir, dans lequel, à la première génération, les coquelets sont barrés et les femelles noires.
Nous ne connaissons, jusqu’à présent, aucun fait se rapprochant de celui-ci. PÉZARD et CARIDROIT ont déjà signalé des caractères de plumage extra-raciaux au moment de l’état sexuel instable produit par de minimes quantités d’ovaire. Ici, nous n’envisageons que les trois formes stables : mâle, femelle et neutre.
On peut aussi se demander comment les théories chromosomiques s'accordent avec les faits que nous signalons. On sait qu’elles interprètent les phénomènes d’hérédité sex-linked en localisant le facteur considéré sur les chromosomes sexuels.
Si nous admettons, dans le cas qui nous occupe, ce mode de transmission, nous pouvons donner le diaphragme suivant où les lettres représentent les hétérochromosomes :
parents : GX A A et: © D gamètes : A—A—D—, première génération: Œ DAet OA.
On pourrait donc faire l’hypothèse suivante :
Le chromosome sexuel À détermine bien le plumage argenté (dominé par le caractère doré chez le mâle), mais il existe, dans le reste de la cellule, des potentialités qui s’extériorisent en présence de l’hor-
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mone ovarienne et qui masquent ainsi l’action du chromosome sexuel.
Loin d’être partisan convaincu de l’omnipotence des chromosomes dans le mécanisme des phénomènes héréditaires, il nous semble — si l’on s’en tient aux théories généralement admises — que cette hypothèse reste conforme aux faits expérimentaux.
Au point de vue purement théorique, notre observation prouve qu’il peut y avoir des caractères liés au sexe indépendamment de toute action actuelle de l'ovaire. On peut alors admettre que la cause déterminante du sexe a agi sur les caractères raciaux, mais que l’action de l’hormone s’est superposée à son effet d’une manière totale.
L'action de l’ovaire sur le coq doré est non moins remarquable puisque sa féminisation fait apparaître un plumage de poule noire semblable à celui de sa sœur. Autrement dit : dans les sujets issus de ce croisement, il y a deux formes neutres, mais la forme femelle est commune.
Conclusion : Le croisement d’un coq ardennais argenté et d’une poule ardennaise dorée donne en première génération des coqs dorés et des poules noires. La féminisation des premiers par l’ovaire de leurs sœurs donne des poules noires. L’ovariectomie des poules noires hybrides donne des chaponnes argentées. Cette expérience peut s’interpréter comme un cas nouveau d’hérédité sex-linked masquée par l'ac-
tion de l’ovaire.