CONCLUSIONS GENERALES
Les expériences de génétique, doublées de l’exploration des potentialités mâles et femelles, nous ont apporté un certain nombre de faits qui montrent toute l’importarce que peuvent avoir les hormones sexuelles dans l’hérédité des caractères raciaux.
1°) Dans les races pures, un critère de l’homogénéité de la race est l’uniformité de la réaction vis-àvis des hormones. Par une exploration graduée on peut mettre en évidence une pigmentation ni mâle, ni femelle, que nous avons appelée transitoire et qui, quand elle existe, est caractéristique de la race au même titre que les autres. Elle a son hérédité propre et des animaux de même race doivent aussi avoir ce même caractère, bien que rarement extériorisé.
2) L'analyse par voie hormonale des caractères raciaux renforce l'hypothèse de MorGan sur l’hérédité liée au sexe (sex-linked). Les gènes d’un seul parent sont seuls présents dans le descendant; pour les races gallines qui présentent le phénomène, les filles ont seulement les gènes paternels.
3°) Nous avons pu, par notre méthode, montrer qu’il existe des cas d’hérédité contrôlée par les hor-
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mones sexuelles. Souvent intervient l’hormone ovarienne, mais aussi l'hormone testiculaire, comme dans le cas des Sebright. Le phénotype des animaux change alors de race quand on change le sexe.
4°) Nous avons inontré que des gènes se comportent différemment suivant qu’ils existent seuls ou associés à des gènes déterminant d’autres caractères. Par exemple, le gène déterminant le caractère rouge Rhode Island disparaît en présence de l’hormone ovarienne quand il se trouve sur un chromosome séparé des chromosomes portant les gènes d’autres caractères. Par contre, il reste insensible quand on peut supposer qu’il est associé à d’autres gènes sur un seul chromosome.
5°) Il est parfois indispensable de faire les expériences de neutralisation ou d’inversion sexuelle pour interpréter correctement certains croisements. L’hormone ovarienne peut masquer une forme neutre qui seule permet de connaître quels caractères existent vraiment dans le patrimoine héréditaire. C’est ainsi que nous avons pu signaler un cas d’hérédité liée au sexe, masquée par l'hormone ovarienne.
6°) Il ne semble pas que l'ovaire ait des propriétés raciales comme nous l’avions jadis supposé avec PÉZARD., Avec des greffes ovariennes, nous avions vu, dans certains cas, s’extérioriser tel ou tel caractère et nous avions pensé, sans avoir pu le démontrer, que peut-être l’ovaire provenant d’une race déterminée
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agissait électivement sur certains caractères raciaux. L'emploi des hormones cristallisées, qui permet de régler la quantité relative des hormones circulant, nous a montré que les réactions du récepteur expliquaient les phénomènes observés. Des doses variables d’hormone, peuvent amener, quand deux caractères sont en présence, soit la dominance de l’un ou celle de l’autre, soit les maïntenir à égalité. En somme, en jouant des hormones, il est possible d’avoir des êtres à phénotype biracial comme il nous fut possible jadis, avec PÉZARD, d'obtenir des animaux gynandromorphes bipartis.
7°) Enfin, dans certains cas, nous avons montré que les variations hormonales que nous avons provoquées pouvaient remplacer un croisement pour s’assurer de l’existence de gènes déterminant des caractères récessifs.
Vu : Le Président de Thèse, Vu : Le Doyen, L. BINET. M. TIFFENEAU.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris, G. Roussy.