‹ Expériences de transmission du virus amaril au Macacus rhesusChapitre 5 sur 5 · TA US · texte numérisé non relu

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malade, du sang fut pris et injecté au singe. 36 heures après le commencement de la maladie du sang fut de nouveau pris et injecté au singe. 84 heures après le début de la maladie (12 heures avant la mort), même opération.

Tous ces singes moururent avec des signes typiques de la fièvre jaune. Par ailleurs, 12 heures après que Stokes fut tombé malade, un premier lot de moustiques fut nourri sur lui; un deuxième lot fut nourri sur lui 36 heures après le début de la maladie.

Les moustiques du premier lot donnèrent une infection fatale à des macacus rhesus en bonne santé ; les moustiques du deuxième lot, ne produisirent sur le singe aucun symptôme de fièvre Jaune.

Pourtant les inoculations positives de sang prouvent que le virus existait toujours, mais il doit se produire une concentration rapidement diminuée qui fait que les moustiques ne furent pas contaminés.

Beaucoup exposent sur cette ligne qu'il n’y a plus probablement de contagion pour les moustiques après le 3° jour.

On ne sait pas exactement à quel moment la maladie est plus contagieuse pour les moustiques ; toutefois, en inoculant du sang conservé pendant quelques jours on est à peu près sûr de donner la contamination au singe par inoculation.

M. Casanove au sujet de la question de la fièvre jaune endémique chez les Indigènes, ne veut parler que de ce qu'il a vu au Sénégal ; c’est-à-dire en 1911, en 1912, en 1926, des cas d'automne disséminés, isolés ou formant de petits foyers et en 1927 une épidémie d'été s'étendant sur tout le Sénégal, sauf sur les régions atteintes en 1926.

Entre 1912 et 1926, une période de latence. Ces faits l’incitent à présenter les observations suivantes :

1° les observations cliniques établies en Gold-Coast, en Nigéria, au Congo Belge, les résultats obtenus par M. Beeuwkes démontrent l'existence de la fièvre jaune chez l’Indigène. Mais jusqu'ici, cela prouve seulement que les Indigènes ont la fièvre jaune en même temps que les Européens ; on n'a

découvert jusqu'ici, des cas de fièvre jaune indigènes, qu’en période épidémique.

Nous ne pouvons pas encore parler de fièvre jaune endémique chez les Indigènes parce que ce n’est pas encore démontré.

2° les observations récentes ont montré que les Indigènes étaient atteints de toutes les formes de la fièvre jaune, depuis le cas fruste, jusqu’au cas mortel. À Matadi même on a constaté, chez les Blancs 19 malades avec 10 décès ; chez les Noirs 18 malades avec 14 décès. L’Indigène se comporte donc vis-àvis du typhus amaril comme l’Européen, car chez l’un comme chez l’autre, beaucoup de cas bénins nous échappent.

3° on nous avait toujours appris que les Indigènes adultes n'avaient pas la fièvre jaune, parce qu'ils étaient vaccinés naturellement étant enfants. Or, M. Selwyn-Clarke a dit que la grande majorité des cas indigènes étaient adultes. Si donc il y a endémicité, il y a des zones réduites d’endémicité.

4° les Indigènes ne prennent aucune précaution contre les moustiques. S'il existe, même des zones endémiques limitées, comment expliquer que la contagion d’une maladie aussi souvent mortelle que la fièvre jaune, ne se produise pas chaque année ou passe inaperçue dans les zones indigènes voisines, ou ne frappe pas chaque année les Européens. Ici, au Sénégal, nous avons eu un silence de 14 ans, comme on en avait d’ailleurs, avant de connaître le rôle du moustique et de se défendre contre lui.

M. Cazanove tient à faire une dernière remarque, le premier cas de fièvre jaune de Tivaouane a eu lieu le 6 mai 1927, le premier cas de M’Bour le 15 mai 1927 ; le premier cas de Ouakam, près Dakar, le 28 mai 1927. Or, à ce moment, il n’était encore tombé aucune pluie ; et de l’enquête personnelle qu'il a faite sur les lieux mêmes auprès des habitants qui se trouvaient à cette époque à Tivaouane et à M’Bour, il résulte, qu'en ce début de mai 1927, les moustiques n'étaient pas plus abondants que les années précédentes.

Il a la conviction que l’index stegomyen n'est pas intervenu pour déterminer l’explosion de l'épidémie. 11 doit y avoir une autre raison.

ARE 7 (EPL

M. Beeuwkes rappelle comment il a envisagé dans son rapport la question de la fièvre jaune chez les Indigènes. On a constaté en 1926 et en 1927, des cas de fièvre jaune indigènes ; en Gold-Coast, même, le plus grand nombre de cas constatés visaient les indigènes ; ces derniers présentent des cas mortels, des cas violents, des cas modérés, des cas bénins. Ce sont ces cas bénins, en nombre assez élevé, qui présentent un intérêt particulier ; pas un de ces cas n'aurait été reconnu par les médecins, s'ils ne s'étaient pas produits en période épidémique. Et pourtant un spécimen de virus excessivement virulent a été obtenu d’un malade qui ne pouvait être classé que dans la catégorie d’une fièvre jaune bénigne.

Il faut s’efforcer de diagnostiquer ces cas bénins chez l’'Indigène et alors 1l sera, sans doute, possible d'identifier les régions endémiques de la maladie en Afrique Occidentale.

M. Lasnet en terminant la discussion tient à complimenter M. Beeuwkes pour le travail si intéressant qu'il a présenté. Il est certain d’être l'interprète de tous les délégués, pour lui exprimer leur gratitude d’avoir réservé à la Conférence la première communication d'aussi importantes recherches. M. Beeuwkes signale des faits qui vont faire entrer les recherches de laboratoire dans une voie nouvelle. La Mission Rockfeller de la fièvre jaune dans l’Ouest africain a eu le mérite de trouver l'animal sensible, le passage d'animal à animal, la manière de conserver le virus, la possibilité de la transmission par contact... etc... toutes données du plus plus haut intérêt. Le résultat négatif donné par la recherche du leptospira est aussi du plus grand intérêt. D'ailleurs tout serait à répéter . si on voulait mettre en relief tous les faits de cette communication qui le méritent,

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