‹ Expériences hydrauliques sur les lois de l'écoulement de l'eau à travers les orifices rectangulaires verticaux à grandes dimensions (volume 2)Chapitre 6 sur 50 · Bossut nous paraît être , de tous les auteurs qui · texte numérisé non relu

Bossut nous paraît être , de tous les auteurs qui

ont opéré en grand, celui qui a apporté le plus de soins et

d'attention à l'étalonnage de ses bassins de jauge; encore

doit - on remarquer qu'il a pris pour module ( voyez son

[ Hydrodynamique, tome II, page 20, n° 335 ) un petit cube

en cuivre dont la capacité, déduite d'opérations purement ; géométriques, n'était que de 4»? litres. En faisant construire,

J dans l'atelier de précision de l'école d'application de Metz,

i un prisme à base rectangulaire de 50 centimètres de côté,

' en bois de chêne parfaitement verni et consolidé extérieu-

} rement, il nous a été facile d'apprécier toute l'incertitude

attachée aux mesures de capacité cubiques. II nous a même fallu renoncer à un pareil étalon par suite des inconvéniens qu'il présentait dans son usage : c'est pourquoi nous n'insisterons pas sur les moyens qui ont été employés pour sa vérification; nous ferons seulement observer que, cet étalon devant servir à mesurer les jauges d'une grande capacité, nous avions tenu à lui donner des dimensions un peu fortes, pour éviter les causes d'erreur attachées aux transvasemens répétés.

\ En abandonnant cet étalon, nous avons eu recours au

décalitre cylindrique en cuivre fort, du cabinet des modèles de l'école , qui a été construit à Paris par Merklein , et adressé à l'administration vers 1802 par le ministre de la guerre (1).

(1) Nous nous sommes proposé, en juin 1829, de vérifier avec quelque exactitude fa contenance absolue de ce décalitre-étalon, i° en employant les mesures géométriques;

Au iieu de se servir d'une simple règle, comme l'a fait Bossut, pour enlever la couche d'eau qui excédait les bords supérieurs du décalitre , on a mis en usage une glace de cristal épaisse, parfaitement plane, appartenant à la machine électrique de l'école, et qu'on faisait glisser exactement sur les bords de l'étalon , de manière à empêcher l'air de s'introduire sous sa surface; ayant ensuite bien essuyé toute la partie extérieure de l'un et de l'autre, on versait l'eau dans un tonneau qui devait servir de jauge intermédiaire pour l'étalonnage du grand bassin (/) [planches / et 2 ).

A cet effet, le tonneau était exactement disposé comme celui dont s'est servi Bossut dans ses expériences, et l'on usait de toutes les précautions qui ont été indiquées par cet habile observateur. Plusieurs opérations successives ont donné pour sa contenance 968 litres juste, lesquels ont été repérés par un trait pratiqué sur le tube de verre en saillie, qui sert à indiquer la plus grande élévation du niveau du fluide dans le vase. Cet étalonnage a été plusieurs fois répété dans le courant des expériences de 1827 et à des époques différentes, et toujours on a obtenu le même résultat, à une fraction près entièrement négligeable.

Comme le tonneau était difficile à déplacer, et qu'il ne

2 en pesant le volume d'eau distillée qu'il pourrait contenir à ras, et opérant avec la glace de cristal dont il est parlé dans le texte.

La première opération effectuée, dans l'atelier de précision de l'école d'application, en mesurant le diamètre du décalitre à sa base et en différens points de sa hauteur, a donné 9', 986 pour sa contenance ; mais , attendu qu'on ne saurait ici répondre de l'exactitude des mesures linéaires à plus de i/io de millimètre près, l'erreur sur le volume total a bien pu s'élever à 14/9986 = 1/7 1 3.

Quant à la seconde opération, faite par fa méthode des doubles pesées, elle a donné, pour le poids du volume de l'eau distillée contenue dans le décalitre, 9^972 : en ajoutant ace résultat le poids du volume d'air déplacé par l'eau, calculé approximativement pour la température et la tension barométrique qui avaient lieu au {moment de l'observation , nous avons obtenu 9^,9839 pour le poids dans le vide ; ce qui répond, eu égard à la correction relative à la température (170,88) de l'eau, à un volume de 9 ! ,9039 x 1,001 188 = 9 ! ,9958, dont la très-petite différence à 10 litres peut être attribuée à ce que le vase n'a point été purgé de l'air qu'il pouvait retenir. Il nous est donc permis de regarder la contenance du décalitre-étalon de l'école de Metz comme parfaitement exacte.

convenait même pas qu'on le dérangeât de sa position pendant tout le temps qu'il devait servir à opérer le jaugeage du bassin (j'), on l'avait établi à demeure sur des chantiers placés immédiatement au-dessus de l'un des angles de ce bassin; et, pour le vider complètement, on avait pratiqué à sa partie convexe la plus basse une ouverture d'environ 8 centimètres de diamètre, fermée par un bondon.

37. Lors des expériences du mois de novembre 1827, on a opéré l'étalonnage du bassin (j') en y versant successivement différens volumes de 968 litres d'eau, contenance du tonneau; on mesurait avec exactitude, et après que l'eau avait repris son calme , la hauteur à laquelle parvenait le niveau dans le bassin, à la fin de chaque versement partiel. Cette hauteur s'obtenait au moyen de l'appareil représenté [planche 2, jig. 8) et qui était disposé verticalement dans le puits (h') [planches r et 2 , jig. 1,2,3, 4 et 6) dont il a été question au n° 30: cet appareil se compose d'une verge de fer carrée (b) [planche 2, jig. 6 et 8), divisée en centimètres, et qui s'adapte, au moyen d'un bout de vis, dans un écrou à pattes c , solidement fixé sur le plancher du puits. Un curseur/ (fig. 8) avec vernier, pour lire les subdivisions du centimètre en millimètres, porte en saillie une tige en fer horizontale h, recourbée verticalement et terminée par une pointe fine qui , étant amenée en contact avec la surface de l'eau du puits , accuse la hauteur du niveau dans le bassin de jauge ; un autre curseur ou manchon t avec vis de pression pour le fixer à la verge, est lié au premier par le moyen d'une vis de rappel g, qui sert à faire varier par degrés très-petits la hauteur de la pointe, lorsqu'on Ta amenée suffisamment près de la surface de 1 eau en faisant mouvoir à la main tout le système, et qu'on a serré convenablement la vis de pression du manchon e.

Avec cet appareil , on peut aisément apprécier les dixièmes

de millimètre, soit à la vue, soit par le mouvement de la vis de rappel g.

38. II est à remarquer que ie zéro de l'échelle des centimètres n'a aucun rapport déterminé avec le fond du bassin , dont la forme est très-irrégulière (30), et qu'ici la position de ce zéro est indifférente, pourvu qu'on sache à quel volume d'eau introduit dans le bassin correspond chacune des divisions de l'échelle. Et, comme la surface des sections horizontales de ce bassin et du puits (h') demeure comprise entre 24,5 et 25,5 mètres carrés, on voit que chaque dixième de millimètre de hauteur de l'échelle répond moyennement à un volume de 2 iltm ,y, mais, attendu les oscillations inévitables de la surface de l'eau, on ne pouvait, même dans les circonstances les plus favorables, se flatter d'atteindre, dans la mesure des hauteurs du niveau , un degré d'approximation qui surpassât un cinquième de millimètre, répondant à environ 5 litres en volume.

3 p. En opérant donc le jaugeage du bassin par versemens de 968 litres, on devait s'attendre à des erreurs, en plus ou en moins, de 7-5-7 environ sur l'évaluation de la hauteur d'échelle relative à chacun d'eux; mais les erreurs de ce genre ne pouvaient s'accumuler dans les versemens successifs, et il y avait lieu d'espérer qu'il se ferait inévitablement des # compensations dans le résultat des opérations. Tout au contraire, le bassin de jauge pouvant varier de forme à mesure qu'on y introduirait des masses d'eau plus grandes , et éprouvant des pertes tant par l'évaporation que par les filtrations , les positions du niveau véritable de l'eau pouvaient se trouver de plus en plus altérées , et l'on jugea à propos de tenir note de l'abaissement éprouvé par la surface du liquide pendant qu'on remplissait chaque tonneau, opération qui durait environ six minutes, tout compris : on avait ainsi la hauteur absolue du niveau avant l'instant où l'on allait verser

968 nouveaux litres dans le bassin, et l'augmentation de hauteur due à ces 968 litres.

Par ce moyen, et en estimant la perte proportionnelle d'eau relative à la durée très-petite de chaque versement, on a pu former une table qui indique pour les divers points de l'échelle les hauteurs occupées par chaque 968 litres. Construisant ensuite une courbe d'interpolation , on a dressé une seconde table qui donne, dans toute l'étendue de l'échelle, le nombre de litres répondant à chaque centimètre de hauteur juste. Enfin , prenant pour point de départ la hauteur réelle relative au premier versement, on a construit une dernière table qui fournit les volumes absolus d'eau que contient le bassin , pour chaque indication de l'échelle , et les abaissemens du niveau correspondans , pour la durée d'une minute.

4o. Il est à remarquer que, dans ces opérations , les abaissemens dont il s'agit étaient inappréciables, tant que le volume du liquide introduit dans le bassin n'excédait pas 3000 litres; mais , passé ce terme , ils devenaient d'autant plus sensibles que le niveau s'élevait davantage au-dessus du fond de ce bassin , ce qui est naturel , et ils croissaient même d'une manière irrégulière : enfin la hauteur de l'abaissement observée un certain jour n'était plus la même quelques jours après. Néanmoins cette hauteur ne s'est jamais élevée au-delà de -~ de millimètre par minute, même quand on n'avait pas la précaution de boucher hermétiquement la vanne qui sert à vider le bassin ; et , pour des hauteurs totales d'eau correspondantes à des volumes de 1 2000 litres, l'abaissement est toujours demeuré au-dessous de 3 dixièmes de millimètre pendant le même temps. Enfin , dans les expériences où l'on prenait la précaution de calfater parfaitement la vanne , l'abaissement s'élevait à peine à -^ de millimètre par minute.

Les expériences relatives à la dépense des orifices devant

durer au plus cinq minutes, et chaque tranche de i millimètre d'épaisseur dans le bassin cubant environ 2 5 litres , on voit que, même pour un volume total de 12000 litres d'eau qu'on y aurait versés, les pertes ne pouvaient s'élever au-delà de 37,5 litres pendant la durée des observations; ce qui fait -g£- z=z~ du volume total. On aurait donc pu se dispenser d'en tenir compte dans les expériences de 1827, relatives au débit des orifices où le volume des eaux admises dans la caisse a rarement dépassé 7 à 8000 litres. Quant aux opérations concernant l'étalonnage même du bassin, on n'aurait pu en agir ainsi, vu leur durée considérable, parce que les erreurs seraient devenues très-appréciables pour les parties supérieures de l'échelle.

4i. En admettant d'ailleurs que les erreurs sur l'appréciation directe du niveau de f eau dans le bassin se soient exactement compensées dans les opérations partielles relatives à chaque versement de 968 litres, on voit que l'exactitude de la table dont il a été question ci-dessus (39), reposait uniquement sur la détermination de la hauteur correspondante aux premiers 968 litres versés, ou plutôt aux premiers 1000 litres qu'on a pris pour base de la table; or la mesure de cette hauteur, qui a été trouvée tantôt de 7 e , 3 5, tantôt de 7 e , 8 5 (1), et tantôt enfin de 7 e , 2, laissait quelque incertitude, parce qu'elle n'avait pas été suffisamment répétée, et parce que l'observateur était obligé de se tenir dans une position trop gênante pour pouvoir l'apprécier avec une exactitude rigoureuse. La hauteur de 7 e , 2 a été définitivement adoptée pour base des calculs, attendu quelle s'est présentée deux fois,

(1) Ce nombre, obtenu par un autre observateur, renferme évidemment \me erreur de lecture : il aura pris les divisions des demi-centimètres pour celles des centimètres. Ce qui le prouve , c'est que *ia même erreur se trouve répétée dans les opérations suivantes du même observateur, qui a fait verser successivement quatre nouveaux 1000 litres dans le tafta, en sus du premier mlHc.

quelle a été obtenue 1* dernière et dans des circonstances moins défavorables que les précédentes.

Au surplus, quel que fût le désir qu'on avait d'arriver à des résultats positifs , on ne s'était pas flatté d atteindre un degré de précision bien satisfaisant dès cette première année : trop de causes inévitables d'erreur, au nombre desquelles on doit ranger le manque d'exercice des aides , semblaient devoir influencer l'opération du jaugeage. Mais, ainsi que nous lavons déjà insinué précédemment (3 1), on voulait arriver promptement à quelques résultats applicables aux besoins ordinaires de la pratique , et qui , tout en fournissant l'occasion d'étudier fes différentes parties de l'appareil, indiquassent la route à suivre dans les expériences de la campagne suivante, expériences qui devaient se faire d'ailleurs dans des circonstances beaucoup plus favorables, attendu qu'il y avait lieu d'espérer qu'en maintenant le bassin de jauge constamment plein d'eau pendant l'hiver, les joints s'en trouveraient, au printemps, parfaitement bouchés, les tassemens opérés, de sorte que les seules pertes se réduiraient à celles qui pourraient provenir dés fuites autour de la vanne ou de l'évaporation.

42. Les choses furent, en effet, trouvées dans cet état au printemps de l'année 1 828 ; les pertes étaient devenues, pour ainsi dire, insensibles; et cette circonstance, comme nous lavons dé}k dit, jointe à la beauté de la saison , nous fît renoncer à l'idée d'entreprendre cette année la construction en maçonnerie du bassin de. jauge. On se remit donc à en opérer l'étalonnage sur de nouveaux frais , mais eh redoublant encore de précautions , et en se servant d'un tonneau plus grand que celui de la première année, et dont la contenance , vérifiée différentes fois , fut trouvée de 1 1 1 2 litres. Les versemens successifs de ces 1 1 1 2 litres donnèrent lieu à une nouvelle table de jauge divisée* de centimètre en centimètre, et qui présentait les mêmes incertitudes pour les

parties basses de l'échelle de graduation; car, par exemple, en versant à huit ou dix reprises différentes les premiers i i 1 2 litres, ils donnèrent des indications de hauteurs comprises depuis 70,5 jusqu'à 73,3 millimètres.

43* Comme- l'observation du contact de la pointe avec la surface du niveau de i'eau dans ie bassin se faisait ici avec beaucoup plus de précaution que la première année, on fut encore tenté de rejeter ces variations considérables , et qui ne suivaient aucune loi apparente, sur ie fait de l'absorption d'eau qui s'opérait, lors du premier versement, sur toute ia superficie du fond du bassin , et sur ia déformation sensible , mais inégale, qu'éprouvait la charpente de ce fond.

Cette dernière cause surtout pouvait avoir des effets trèsapparens , en déplaçant ie zéro de l'échelle par rapport au fond même du bassin; mais comment admettre les variations de 1, de 2 et même de 2 4 millimètres qui s'observaient, à peu de jours de distance , dans le relèvement des hauteurs du niveau relatives à un même volume d'eau versé dans ce bassin , et à des circonstances d'ailleurs identiques sôus tous les autres rapports ? Comment supposer que , sur les premiers 1 1 1 2 litres versés , 50 ou 60 pouvaient être absorbés par les pertes dans les premiers instans de l'observation ? N'était-ce pas ac- . corder trop d'influence aux défectuosités du bassin , et trop de confiance aux observations du niveau dans les parties basses de l'échelle, observations qui devaient être entachées d'erreurs inévitables, par la difficulté de lire les divisions du curseur et de déterminer le contact précis de la pointe avec ia surface de l'eau! D'ailleurs, des niveaux à bulle d'air très - sensibles , placés sur des règles qui , d'une part , s'appuyaient sur la charpente du bassin en ses différens points , et , de l'autre, sur des, repères entièrement fixes, n'avaient accusé aucun tassement appréciable pendant ia durée des versemens d'eau opérés dans le bassin.

•■ 44* Afin donc de faire cesser toutes ces incertitudes , dont les causes paraissaient impossibles à démêler à priori , et pour diminuer du moins l'influence des erreurs d'observation, s'il en existait , on se décida enfin , après bien des tentatives pénibles , à opérer le jaugeage du bassin par grandes masses de plusieurs milliers de; litres versés à-larfois. A cet effet, on mît en usage quatre tonneaux et plusieurs cuviers de la contenance de 500 à 1200 litres chacun, et formant, au total, un volume de 81 10 litres. Les uns et les autres furent rangés sur le pourtour du bassin , jaugés sur place avec les plus grands soins et par des procédés analogues à ceux que nous avons déjà décrits, puis versés simultanément , quoiqu' avec des précautions convenables , dans le grand bassin de jauge. On s'assura ainsi qu'aux 8 1 1 o litres répondait une hauteur moyenne de 35 centimètres audessus du zéro de l'échelle ; et cette opération , répétée à plusieurs reprises et à.différens jours , ayant fourni le même résultat , à des différences près qui ne s'élevaient qu'à quelques dixièmes de millimètre sur les 350 millimètres de hauteur totale, on dut la considérer comme parfaitement exacte, et propre à servir de base à la table générale et définitive du jaugeage.

45. Dans la vue de diminuer le plus possible les chances d'erreurs dans les différentes parties de l'échelle, on détermina une vingtaine d'autres points de repère sur toute sa hauteur, en opérant par additions successives de 8 1 1 o litres, et variant, dans chaque cas, le volume du premier versement. Or nous devons ici remarquer que les résultats de ces opérations partielles et contradictoires, qui probablement n'avaient point été faites avec le degré d'attention qu'on avait mis dans la première, présentèrent, sur les hauteurs du niveau observées, des différences qui s'élevaient quelquefois , et principalement pour les parties basses , à 1 millimètre

soit au-dessus , soit au-dessous de la valeur moyenne de ces hauteurs; ce qui confirme la remarque déjà faite ci-dessus sur les erreurs inhérentes à ce mode d'opérer. Mais , comme ici les différences s'annuliaient réciproquement sur la hauteur totale de l'échelle de jauge, et quelles demeurèrent constamment au-dessous de j~ ou ttt de * a hauteur observée dans chaque cas , elles ne pouvaient acquérir d'influence nuisible.

46. C'est au moyen de ces divers résultats et de la table particulière obtenue par les premières opérations de cette année, et qui donne les volumes de liquide relatifs à chaque centimètre d'élévation du niveau, qu'a été dressée la table définitive de jaugeage du grand bassin. Or, en comparant les chiffres de cette table, soit avec ceux de la table de ia première année (4 0» so ^ avec ceux <I ue donneraient des tables construites uniquement sur les premières opérations de la seconde, on observe, i° que les hauteurs du niveau qui, dans la table définitive, répondent aux 96S et 11 12 premiers litres introduits dans la jauge, s'accordent sensiblement avec les plus petites des hauteurs observées directe* ment chaque année; 2 que, pour les mêmes hauteurs du niveau , la table définitive indique des volumes d'eau généralement plus considérables que les tables particulières, et d'autant plus grands que la hauteur relative aux 968 ou aux n 1 2 premiers litres est , dans ces tables , plus relevée par rapport à celle qu'indique la table définitive ; 3 ° enfin , que la différence demeure comprise entre 1 00 et 1 60 litres pour la table de la première année , et entre 1 3 et 8 5 litres pour toutes celles de la seconde.

47. Malgré toute la confiance qu'on pouvait accorder à ia table obtenue en dernier lieu, on a pourtant jugé à propos, afin de lever toute espèce de doute sur l'exactitude des résultats relatifs à la dépense des divers orifices , de

n'opérer, en 1828, que sur des volumes d'eau d'environ 8 1 1 o litres. On avait soin , à chaque fois 9 d'évaluer , par les parties proportionnelles, et au moyen des nombres de la table définitive, le volume qui pouvait correspondre à la petite différence qu'il y avait entre la hauteur observée et les 35 centimètres qui, dans cette table, répondent aux 81 10 litres; cette hauteur de 35 centimètres a d'ailleurs été vérifiée, de temps à autre, par des opérations contradictoires, et de manière à être certain de sa parfaite exactitude,

Degré d'approximation obtenu dans le Jaugeage des dépenses

des orifices; emploi de petites jauges.

48. Nous avons vu précédemment (45) que, lors de la seconde année, l'incertitude sur l'observation des hauteurs du niveau de 1 eau, dans le bassin de jauge, demeurait comprise, même pour les parties basses, entre 1 et 2 millimètres, et que , pour la hauteur relative à 8 1 1 o litres , les variations n'allaient qu'à quelques dixièmes de millimètre ; mais , en admettant même qu'on pût commettre une erreur de 1 millimètre sur les 350 millimètres correspondans aux 81 10 litres, ce que nous ne pensons pas , il en résulterait que, dans la mesure des dépenses fournies par les orifices où l'on a laissé couler un pareil volume de liquide, on se serait trompé au plus de ytï sur ^ a totalité.

4p. Quand il s'agissait de mesurer de petites dépenses d'eau, on cessait de se servir du grand bassin, attendu que les chances d'erreurs auraient augmenté, soit qu'on eût laissé l'eau s'écouler, dans ce bassin , pendant un temps suffisamment long pour que le niveau atteignît les 35 centimètres relatifs aux 8 1 1 o litres , soit qu'au contraire on y eût admis une quantité d'eau beaucoup moindre , afin de diminuer

la durée de l'écoulement. En général , on ne s'est servi du grand bassin ou de la jauge de 8 1 1 o litres que pour les expériences où la dépense des orifices s'élevait au-delà de 1 3 litres par seconde, de sorte que l'écoulement durait au plus 10 minutes; et, comme les plus fortes dépenses n'ont jamais atteint 1 5 o litres par seconde , cette durée pour les 8 1 1 o litres a toujours été d'au moins 54 secondes, qu'il était facile d'évaluer avec une précision d'environ y-^-, à l'aide du chronomètre à plume de Bréguet. Pour les dépenses de 4 à 13 litres par seconde , on s'est servi d'une jauge à part de la capacité de 870 litres; pour celles de 1 à 4 litres seulement, on s'est servi de capacités contenant 400 à 600 litres; enfin, pour les dépenses de 1 litre et au-dessous par seconde, on a mis en usage une capacité plus petite encore, et cubant 200 litres seulement.

A cet effet, on a substitué au grand bassin l'un des cu~ viers avec lesquels on avait opéré (44) son dernier étalonnage; ce cuvier, qui avait la forme d'un tronc de cône dont le fond occupait la petite base, fut établi dans l'intérieur même du bassin , et consolidé en haut et en bas par des traverses et écharpes , de manière à empêcher toute déformation sous les charges diverses de fluide qu'on y introduisait : c'est sur son fond qu'on fixait l'écrou à pattes servant à recevoir la tige graduée et la pointe dont il a été fait mention au n° 37, et à l'aide de laquelle on relevait la hauteur du niveau de l'eau introduite dans le cuvier, de la même manière que pour le grand bassin de jauge.

50. Pour la détermination des hauteurs occupées par les 870, 600 f 4°° et 200 litres ci-dessus, on s'est servi du décalitre-étalon (36), et les opérations ont été vérifiées différentes fois , notamment quand on plaçait ou déplaçait le cuvier; ce qui avait lieu au commencement et à la fin de chaque série distincte d'expériences. Ces hauteurs

étant respectivement de 648, 47°> 3 2 4 et l 7° millimètres,' en nombres ronds t et la mise en contact de la pointe du curcéttr avec le niveau de l'eau se faisant ici d'une manière trèscommode, on a pu compter sur un degré de précision de ~-^=zj~z au moins, puisque les opérations mêmes du jaugeage du cuvier prouvent que les différences relatives à l'évaluation des hauteurs du niveau ne s'élevaient jamais au-delà de -J- millimètre.

5 1 . Comme on se proposait , dans la mesure des petites dépenses, de n'opérer qu'avec une hauteur de niveau ou capacité fixe, sans recourir à l'emploi de parties proportionnelles, on avait l'attention de n'introduire pour chaque expérience qu'un volume d'eau fort approchant de celui qui servait de jauge : la pointe du curseur testait constamment à la position qui répondait à ce dernier volume, et l'on versait après coup dans le cuvier, ou Ton en retirait avec des vases -étalons, la quantité d'eau nécessaire pour que le niveau atteignît exactement l'extrémité inférieure de cette pointe. Cette opération donnait directement et rigoureusement le volume effectif delà dépense. La durée des observations, soit avec le cuvier, soit avec le grand bassin, ne s'élevant jamais au-delà de 10', et les pertes d'eau pour ce temps étant tout-à-fait insensibles, où moindres qbe ■ , Q V o du volume versé, on a jugé à propos de ïten point tenir compte. D'ailleurs , d'après les précautions qui avaient été prises pour jauger le cuvier, on devait s'attendre à obtenir, dans les expériences sur les fortes ou les faibles dépenses des orifices , des résultats absolument comparables; et c'est, en effet, ce dont on s'est assuré, chaque fors qu'on substituait ce cuvier au grand bassin ou réciproquement, en recueillant successivement dans l'un et dans l'autre la dépense qui, dans des temps égaux ou très-diffërens, se faisait par un même orifice et sous une même charge. . L'orifice de 5 centimètres de hauteur sur 20 centimètres de

largeur, isous les charges de o m ,477 et ^ e ° m » 2 ! 2 5 au-dessus du ççRtre , a été choisi de préférence pour cette vérification , parce qui! fournit leau en quantité convenable «pour opérer avec exactitude, soit en faisant usage du cuvier, soit en faisant usage du grand bassin. Les écarts des résultats déduits de ces deux manières de jauger ies dépenses sont toujours demeurés compris dans les limites mêmes des anomalies relatives à un seul appareil* Aussi ces résultats, quoique obtenus à des époques souvent très- éloignées entre elles, ont-ils été rapportés indistinctement, et à la suite les uns des autres, dans le tableau des dépenses relatif à l'orifice de 5 centimètres dont il s'agit.! (Voyez le n? 1 iode ce mémoire.)

Enfin l'étalonnage du même cuvier ayant été plusieurs fois répété 4ans le. cours des expériences de 1828, il a servi de vérification pour la cote 0^,3 50 des 81 10 premiers litres du grand bassin.

. 5 2. Le jaugeage a absorbé une portion considérable du temps consacré aux diverses expériences de 1827 et 1828; mais nous ne pensons pas qu on puisse nous reprocher d'avoir cherché à mettre dans ces opérations fondamentales une rigueur inaccoutumée , ni qu'on regarde comme tout-à-fait superflues les discussions auxquelles nous venons de nous livrer, pour mettre les lecteurs en état d'apprécier la nature des. difficultés que nous .avons rencontrées , et le degré d'exactitude qui a été atteint dans les résultats.

Si. l'on nous demande d ailleurs pourquoi nous n'avons point essayé d'établir le jaugeage du grand bassin à l'aide d'opérations purement géométriques > ne serait-ce que pour en comparer ies résultats à ceux du jaugeage direct fait avec les étalons, nous répondrons qu'attendu les déformations et tassement éprouvés paries charpentes de ce bassin dans la première année de sa construction , les opérations géométriques dont il s'agit eussent été non moins délicates, non moins incer-

taines", non moins pénibles, que celles dont nous venons de rendre compte; et que, si ion s'est un peu exagéré, lors du jaugeage direct, l'influence de l'évaporation , de l'hygrométricité des bois , des fuites d'eau à travers les joints, et des altérations accidentelles des formes du bassin .que pouvait occasioner l'introduction de grandes masses de liquide, on n'en a pas moins eu quelque raison de se tenir en, garde, et de rejeter toute méthode qui ne permettrait pas d'en tenir compte dans les expériences sur les produits d'eau fournis par les divers orifices. Enfin on doit surtout considérer que ce jaugeage a eu pour avantage inappréciable d'exercer . les aides, et de donner à l'observateur lui-même une habileté et une intelligence des moindres inconvéniens de l'appareil, qu'il n'eût acquises qu'aux dépens de l'exactitude dans les résultats essentiels.

5 3 . Au surplus, nous sommes loin de vouloir justifier toutes les dispositions adoptées ; nous avons nous-mêmes signalé les défauts que l'expérience nous a fait connaître, et nous avons aussi indiqué (29 et 31) quelques-uns des moyens qu'il, eût fallu mettre en usage pour que le jaugeage fût plus rigoureux et plus expéditif. Nous ajouterons qu'il eût. surtout été essentiel de rendre plus commode l'observation des hauteurs du niveau de j eau, dans le bassin de jauge, par le contact de la pointe ; méthode qui d'ailleurs nous paraît en elle -même offrir moins de chances d'erreurs que l'emploi des flotteurs , des tubes communicans, &c. Notamment on aurait pu diminuer à volonté l'amplitude des oscillations de l'eau dans le puits où se font les observations (30) , en rétrécissant convenablement la section du canal .qui met l'eau de ce puits en communication avec celle du grand bassin de jauge, au moyen d'une petite vanne placée à son entrée (i), &c.

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(1) Cette vanne a été construite depuis que ceci a été écrit; mais elle n*a pas produit

Mais il eût surtout été à propos de reculer en arrière les marches de ce puits» de manière à les éloigner de l'échelle de jauge ( 3 7), et à laisser entre elles et le canal de communication souterraine un espace suffisant pour y contenir à faise l'observateur, qui aurait d'ailleurs été séparé des eaux du puits par une cloison étanche, élevée un peu au-dessus du niveau de ces eaux et formée de madriers qui , étant simplement adaptés dans des feuillures verticales, auraient pu être enlevés ou replacés selon que l'exigeaient les hauteurs du niveau à observer.

Dans les opérations des années suivantes , on ne manquera pas d'apporter ces légers perfectionnemens aux diverses parties des appareils, et plusieurs autres encore déjà mentionnés précédemment , pu dont il sera parié un peu plus loin.

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