Quand il s'agissait de relever exactement une suite
de cotes de la surface supérieure de l'eau ou un profil tout entier, parallèlement au plan de l'orifice et tout près de ce plan , c est-à-dire, à une distance de 8 à i o centimètres au plus , on se contentait de fixer perpendiculairement aux madriers de cette paroi , de part et d'autre de l'axe vertical de l'orifice , et à une certaine hauteur au-dessus du niveau de Teau dans le réservoir , deux petits taquets ou prismes rectangulaires g , h , de 10 centimètres de longueur [planche 3>fig'i7), qui étaient divisés de centimètre en centimètre, et appuyés fortement contre les madriers du barrage au moyen de boulons horizontaux traversant leurs axes. On les disposait, à l'aide d'un niveau à bulle d'air, de manière que leurs surfaces supérieures se trouvassent exactement dans un même plan horizontal, et l'on avait soin que ieurs arêtes fussent bien perpendiculaires au plan vertical de l'orifice : c'est sur ces mêmes 1 faces qu'on plaçait, parallèlement au pian dont il s'agit et à une distance convenable, une forte règle prismatique garnie de tiges métalliques, avec lesquelles on relevait la hauteur de chaque point de la surface supérieure de l'eau au-dessous du plan de niveau de ces faces , pris pour plan générai de comparaison. Afin de maintenir la règle dans son degré d'écartement de là paroi de l'orifice , on se servait de cales de bois calibrées et plus ou moins épaisses, contre lesquelles elle était appuyée et pouvait glisser parallèlement à cette même paroi.
8 3 . Quand il s'agissait d'opérer à une certaine distance en amont ou sur les côtés de l'orifice , on remplaçait les deux prismes dont il a été fait mention ci-dessus, par deux équerres à trois branches [planche 3, fig. 15 et i(f) formant chacune un angle solide tri - rectangle , dont une des faces était solidement appuyée contre la paroi de l'orifice, de manière que les deux autres fussent respectivement verticale et horizontale. Leurs côtés parallèles à l'*xe d'écoulement de la veine, divisés de centimètre en centimètre dans toute leur longueur, étaient
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placés exactement dans un même plan horizontal, pour porter la règle transversale servant à relever les hauteurs du niveau de l'eau. Dans quelques cas, la distance horizontale entre ces côtés a été de o m ,8o , et leur saillie sur la paroi de l'orifice a été d un mètre ; ce qui permettait de relever les hauteurs de la surface de l'eau dans tous les sens et sur une grande étendue , au pourtour de cet orifice, et de déterminer promptement les hauteurs maxima et minima du fluide dans tout l'espace dont il s'agit.
Enfin il arrivait parfois qu'on n'avait besoin de relever que les seuls points de la surface de l'eau situés dans le plan vertical de l'axe de l'orifice; alors on ne se servait que dune seule équerre tri-rectangle p q r s {planche 3 , fig. 20 , 21 et 22 ) qui avait une feuillure horizontale pour diriger l'instrument à l'aide duquel on obtenait les cotes de ces points.
84. Le relèvement dont il s'agit s'opérait toujours au moyen d'une pointe fine , mise en contact avec la surface supérieure du fluide , et qui était adaptée à une règle guidée dans son mouvement par les supports horizontaux dont il a été parié précédemment : l'observateur se plaçait, à cet effet, sur un échafaud volant suspendu , au moyen de cordages , au-dessous des entretoises supérieures du bassin de retenue, et qu'on levait ou baissait à volonté , selon la position du niveau de l'eau.
Lorsqu'on n'avait besoin d'obtenir la hauteur que d'un petit nombre de points de la surface du fluide, ou que ces points se trouvaient très-près de l'orifice, la pointe était formée par l'extrémité d dune lame de tôle mince de ( planche j, fy. ij, 16 et 77) terminée en bas par un triangle isocèle, et qui était encastrée de toute son épaisseur dans l'une des faces verticales de la règle a b. Cette même lame était fendue sur une certaine portion de sa longueur pour laisser passer librement le boulon c, dont ia partie taraudée recevait un
écrou à oreilles F, qu'on serrait afin de maintenir la pointe d à ia position où on l'avait amenée pour opérer son contact avec ia surface du liquide. II est évident que la saillie de ia pointe au-dessous de la face inférieure de la règle donnait ia cote cherchée avec toute la précision désirable ; et , comme cette règle était divisée de centimètre en centimètre ainsi que les appuis sur lesquels elle portait, la position absolue de ia pointe d f par rapport à Taxe de 1 orifice , se trouvait aussi parfaitement déterminée.
85. Quand il fallait relever simultanément un grand nombre de points compris dans un même pian vertical, c'està-dire, quand on voulait obtenir de suite le profil de ia surface de l'eau, soit perpendiculairement, soit parallèlement à la paroi de l'orifice, on se servait de l'instrument représenté planche 3 (fig. 20, 21 et 22 ), que nous avions déjà mis en usage en 1 8*4* i° rs de nos expériences sur les roues hydrauliques verticales à aubes cylindriques ( voyez le Mémoire sur les roues, S 34Y Mais ici les tiges v étaient en cuivre jaune et espacées d'un centimètre d'axe en axe; et, au lieu de traverser simplement ia règle N o , elles étaient encastrées de la moitié de leur épaisseur dans l'une de ses faces verticales , et y étaient retenues au moyen d'une petite lame de cuivre xy serrée à vis. Cette face et cette lame étaient d'ailleurs garnies de bandes de casimir fin , qui permettaient aux tiges un mouvement vertical de glissement fort égal et fort doux, lorsqu'on voulait amener leurs pointes en contact avec le fluide.
Enfin l'on prenait par une seule opération le profil de ia surface de l'eau dans le pian même des orifices en déversoir , avec l'instrument représenté planche 3 (fig. /S et 1 fi). A cet effet, la règle lm, dans laquelle sont encastrés, de la moitié de leur diamètre , de courts cylindres en cuivre p , parfaitement calibrés et terminés en pointe, était, fixée , au moyen des vis rets, contre l'orifice lui-même et à une petite distance
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au-dessus de l'eaù. Dans cette position , les extrémités des pointes p étaient toutes rigoureusement dans le plan même du déversoir , parce que les portions de la règle qui débordaient les côtés verticaux de l'orifice, étaient amincies d'une quantité précisément égale à ia moitié du diamètre des cylindres.
Toutefois on conçoit que cet instrument ne pouvait plus servir lorsque la distance entre la surface du liquide et le bord supérieur du pertuis fixe n'excédait pas un peu la longueur totale des cylindres p (environ 3 centimètres) : il fallait alors faire usage de la règle a b (fig. /j), qui ne donne qu'un seul point du profil à-la-fois.
Pour avoir ensuite le profil indiqué par toutes les pointes des tiges, on se servait dune planchette à tracer divisée de centimètre en centimètre, et contre le bord de laquelle on appuyait la. face inférieure de la règle qui portait les tiges ; et, après avoir rapporté ou tracé, avec des précautions qu'il ' serait inutile de détailler ici, la position de l'extrémité de chaque pointe , on conduisait une courbe continue par tous les points ainsi obtenus. Le même procédé a été employé dans tous les cas où il s'est agi de relever des cotes de la surface de f eau , soit au-dedans , soit au-dehors du réservoir. .
Discussions relatives à la mesure des charges de fluide dans le réservoir, et des dépressions de sa surface immédiatement en amont de ï orifice.
86. Revenons maintenant aux deux manières distinctes, mentionnées au n° 75, pour mesurer les charges d'eau audessus du bord inférieur de l'orifice , et dont l'une consiste à prendre ces charges immédiatement contre la vanne de retenue, et l'autre à une distance de cette vanne telle que le fluide y soit sensiblement en repos. Observons que la première méthode
laisse quelque incertitude sur la véritable valeur des charges, attendu, comme rioqs lavons dit (y6), que ia grandeur de ia dépression de la surface supérieure du liquide varie dune manière notable aux environs de l'orifice , et qu'on ne peut •même être certain d'avoir obtenu sa plus forte valeur dans chaque cas, et spécialement dans ceux où ia charge sur le sommet de l'orifice était très-faible. L'action capillaire et les jemous qui se formaient immédiatement contre la vanne, tendaient à relever sensiblement la surface supérieure du liquide, qui, bien loin de présenter une dépression, s'élevait parfois, notamment pour les orifices de 1 et de 2 centimètres de hauteur, au-dessus du niveau général de ieau dans le grand réservoir , et cela même quand le bord supérieur de l'orifice dépassait ce niveau supposé prolongé ; circonstance qui aurait dû , ce me semble , donner lieu à la formation du déversoir.
87. Généralement, on a remarqué que la dépression ne s'étendait d'une manière bien sensible qu'à une petite distance en amont de l'orifice, et que le creux qu'elle formait se détachait assez brusquement du reste de ia surface supérieure du liquide, par un talus dont le contour elliptique avait pour grand axe à peu près la largeur de l'orifice, et pour. petit axe une longueur qui variait avec la charge au-dessus de ce même orifice. Ce contour et l'espèce d'entonnoir qu'il détermine, n'étaient bien apparens d'ailleurs que pour les très-petites charges de fluide et les fortes ouvertures de l'orifice ; la surface qui formait le fond de cet entonnoir, et à partir de laquelle se mesurait la dépression, était à peu près horizontale jusqu'à une petite distance de la paroi 011 se faisait sentir l'influence des remous et de la capillarité : cette distance était moindre qu'un centimètre pour les orifices au-dessous de y centimètres de hauteur, et allait à 4 centimètres pour lies orifices de 20 centimètres.