J’ai aussi observé la production des ondes dans le
cas
où Ton tire lentement le solide hors de Peau. Lorsque la figure du solide est continue , telle que celle d un hémisphère, d’un paraboloïde , etc. etc., si l’on soulève doucement et lentement le corps et d’un mouvement continu , on n’aperçoit pas d’ondes sensibles jusqu’à ce qiie le sommet du corps se détache tout-à-fait de l’eau: et c’est à l’instant où le sommet du corps se détache de l’eau , qu’a lieu l ebranlement a la surface , et que les ondes s’y produisent et s’y propagent. Si le mouvement du corps, lorsqu on le tire hors de 1 eau , quoique lent et doux, se fait par secousses, alors chaque zone du corps à mesure qu’elle sort de 1 eau, produit des ondes sensibles.
On a des résultats semblables en observant la production des ondes par l’immersion d’un corps dans l’eau stagnante. À l’instant où le sommet du corps touche la surface de l’eau, les ondes se produisent et se propagent. Si 1 immersion du corps se fait lentement, chaque zone qui arrive au contact avec la surface du liquide, produit des ondes. Si 1 immersion est rapide de manière que la vitesse du corps, en déscendant, soit plus grande que celle de la propagation des ondes excitées par les premières zones du corps , alors les ondes qui se propagent à la surface de l’eau, sont produites par les dernières zones du corps.
6 . Les expériences que je vais rapporter sur la propagation des ondes, ont été faites d’après la théorie de M. Poisson , c’est-à-dire en plongeant très-peu un corps solide de figure connue, et en le retirant subitement et verticalement, après
avoir donné au liquide le temps de revenir à l’état du repos. Chaque expérience a été répétée plusieurs fois et avec tout le soin possible. Le temps a été mesuré avec une montre à secondes bien réglée, et vérifiée, avec laquelle on peut prendre assez bien les tiers et les quarts de seconde, dont j’ai toujours tenu compte. Dans chaque expérience je note l’onde que j’ai observée, et tous les élémens nécessaires an calcul. Le moyen dont je me suis servi pour observer l’arrivée apparente de l’onde à une distance donnée du centre de l’ébranlement, est de la plus grande précision , en même temps qu’il n’exige de placer aucun obstacle dans le canal , dans lequel on fait l’expérience.
Expériences sur la propagation des ondes à la surface ,
dans un canal de profondeur et de largeur constantes.
7. Ces expériences sont relatives au §. III du mémoire de M. Poisson. Le canal dans lequel je les ai faites, a le fond horizontal, et les parois verticales: sa largeur est de*24 pources et elle est constante sur toute la longueur du canal ; les parois et le fond sont en maçonnerie, sans la moindre inégalité, et parfaitement unis et polis dans toute la longueur sur laquelle j’ai opéré.
Pour produire les ondes, je me suis servi de segmens de cylindres droits à bases circulaires. On obtient ces segmens en coupant le cylindre par un plan parallèle à l’axe du cylindre: la longueur du segment est ainsi égale à celle du cylindre:
sa largeur est la corde qui séparé les segmens circulaires dans lesquels se trouvent partagées les deux bases du cylindre : la flèche du segment cylindrique est la même que celle du segment circulaire qui se trouve à chacune des deux bases du segment cylindrique.
On plongeait le segment dans le fluide de manière que sa longueur était perpendiculaire à celle du canal, et que sa section à fleur d’eau était un parallélogramme rectangle qui avait pour côtés la longueur et la largeur du segment cylindrique ^ ayant cependant soin que le plan supérieur du segment fut toujours tant soit peu au-dessus du niveau du liquide. Le milieu de la longueur du segment coïncidait avec le milieu de la largeur du canal. Les segmens dont je me suis servi, étaient de bois, bien coupés et polis à leur surface : j’en prenais exactement les dimensions, que je note dans les tableaux des expériences.
8 . Les ondes que j’ai observées , sont les deux qui précédent toutes les autres: quelques fois je n’ai observé que la deuxième, et c’est lorsque la première n’était pas assez visible pour être saisie avec précision. On a vu "plus haut que ces ondes , et quelques unes de celles qui les suivent immédiatement, ne sont point altérées par la chute de la colonne d’eau, dont on a parlé précédemment. Les formules théoriques avec lesquelles on doit comparer les résultats de ces expériences , sont celles données par M. Poisson au n. 20 de son mémoire , savoir :
pour la i. ère oncle, x = Ç. ( o,3s53 ) ; pour la a. e onde , x = . ( 0 , 1183 ) .
De ces formules , en prenant le pied pour unité, et faisant par conséquent g = 3 o/” Ws 19 58 , on obtient
pour la i. ère onde , t = |/( 0 , 2 o 36 ).x ; pour la a. e onde , t = 1/( 0,5599) .x ; x étant l’espace parcouru par l’onde pendant le temps / dans son mouvement apparent sur la surface du liquide , ou bien la distance du centre de l’ébranlement au point où l’on observe l’arrivee de l’onde. C’est de ces formules qu’on a déduit, pour chaque distance, le temps calculé, porté dans les tableaux.
Le canal dans lequel j’ai fait ces expériences, étant toujours le meme , je ne noterai , dans chaque expérience, que la profondeur de l’eau, la largeur du canal étant constamment de 2,4 pouces.
Les arrivées apparentes des deux ondes a une distance donnée, n’ont point été observées l’une après l’autre, dans la même expérience: mais pour éviter toute confusion ou méprise, je faisais une suite d expériences pour observer l’arrivee de la première onde a une distance donnée: après celà , toutes les circonstances demeurant absolument les mêmes, je faisais une autre suite d’expériences pour observer l’arrivée de la deuxième onde à la même distance , où j’avais observé l’arrivée de la première.