‹ Expériences sur le tirage des voitures et sur les effets destructeurs quChapitre 143 sur 143 · O-^IO · texte numérisé non relu

O-^IO

Ce tarif correspond à la formule suivante :

C = 2ooo+ j5o(i>— i4) + i4,5 (D— i65).

On voit, d'après ces tableaux ^ que le chargement des chariots à quatre roues pourra atteindre 6 800 kil. Dans la répartition de ce poids total , il est à peu près certain que le train de derrière de ces voitures porterait au moins 3 800 à 4 000 kil. Or, nous avons conclu des expériences faites en 1 SSg , n' 48, 2* Partie, et des dégradations produites par une charrette à roues de o'", 1 65 de largeur, qu'il était à désirer, dans Tintérét de la conservation des routes, que le chargement d'un seul train ne dépassât jamais 4 000 kil. On restera donc au-dessous, mais très-près de cette limite supérieure^ en adoptant le tarif proposé pour les voitures à quatre roues.

Le chargement total de 6000 kil. sur des roues de i*"yOo et i^fi5 de diamètre^ et celai de 6 ëoo kil. sur des roues de i"',5o et a'^^oo, sont d'ailleurs bien suffisants pour les besoins de l'industrie des transports, et supérieurs de beaucoup à ceux qui étaient accordés par les projets de loi précédents , et qui ne s'élevaient dans celui de la Commission de la Chambre des Députés de i858 qu'à 4 4^^ ^î'- P^>t3r les chariots à roues de o'',i2 de largeur de bande. Il en est de même des chargements proposés pour les charrettes, et qui s'élèvent , dans le tarif précédent, à 5 5oo et 4000 kil. pour des roues de o'"i2 de largeur et des diamètres respectifs de i^jôô à 2*,oo, tandis que pour cette largeur le même pi'ojet de i858 n'accordait que 2 880 kil.

29. Règle exprimée par les tracés et les formules, — La repi'ésentation graphique des tarifs, PL If^^ Fig. 4 et 5, exprime qu'à toutes largeurs de bande, en partant des chargements déterminés pour les plus petits diamètres des chariots ou des charrettes, et en passant à de plus grands diamètres , les chargements croîtront de quantités proportionnelles aux accroissements des diamètres.

Ainsi, par exemple, l'expérience ayant appris qu'avec la largeur de bande o'',07, on pouvait, à dégradations égales, laisser porter 4 5ookil. sur des chariots à roues de i",5o et 2",oo de diamètre, et 5 000 kil. sur des charriots à roues de i",oo et i"*,65, la différence de ces chargements, égale à 800 kil., étant divisée par six ou par trois qui sont les nombres de fois que le nombre cinq ou le nombre dix sont contenus dans la diflfërence trente centimètres des diamètres des roues de devant , donne respectivement i53 ou 266 kil. pour l'accroissement constant de chargement cor^ respondant à une augmentation de cinq on de dix centimètres dans le diamètre des roues de devant à. toutes largeurs de bande.

De même pour les charrettes à roues de o",07, l'expérience ayant mo4ïtré que, si Ton portait sur des voitures à roues de ï^fo5 de diamètre un

chargement de 2 ooo kil. y on pouvait permettre 2 5oo kil. sur des roue» de a'^yOO de diamètre avec la même largeur de bandes, la difierence de ces chargements, égale à 5oo kil., étant divisée par sept ou par trois et demi, qui sont les nombres de fois que les nombres cinq ou dix sont coutenas dans la différence trente-cinq des diamètres, donne respectivement poar quotient i45 ou 286 kil. pour Taccroissement constant de chargement correspondant à une augmentation de cinq ou de dix centimètres dans le diamètre des roues à toutes largeurs de bande.

30. Observations sur les tarifs annexés au projet {te iai présenté aux Chambres. — Le projet de loi présenté aux Chambres , tout en reconnaissant positivement que les expériences de iSSg et de 1841 ont constaté l'avantage des roues d'un grand diamètre , sous le rapport de la diminution des dégradations , n'en a pas adopté les conséquences dans toute leur étendue , ni suivant la gradation que je crois la plus convenable. En effet y pour les charrettes il alloue aux petites largeurs f 926 kil. aux plus petits diamètres et 2 100 kil. à ceux de 2",oo; diflerence, 176 kil. seulement, et aux grandes largeurs 5 Soo kil. aux petits diamètres et 5 600 kil. aux grands , différence Soo kil., au lieu dune difïërence constante de Soo kil. Je ferai remarquer d'abord que celte dernière différence trouvée par l'expérience a été obtenue pour les petite:» largeurs de bande de o",o7 , et que si l'on voulait se tenir au dessous du chiffre de 5oo kil. «linsi déterminé par l'observation , on pouvait au moins aller bien au delà du poids de i j5 kil. qui ne dépasserait guère l'excès du poids des grandes roues sur les petites. — D'une autre part, et par les raisons que j'ai indiquées au n** 24, il ne me parait pas convenable d'accorder aux^voitures à lar|^es jantes une augmentation de chargement, par rapport aux diamètres, plus rapide qu'à colles qui ont des jantes étroites

De même pour les chariots , le tarif proposé avec la loi accorae 5 i5okil. aux petites largeurs de jantes avec les plus petits diamètres et 3 5oo kil. avec les plus grands, différence, 25o kil., et aux grandes largeurs 5 400 kil. sur les petits diamètres et 6 000 kil. sur les grands; différence 600 kil., au lieu d'une augmentation constante de 800 kildéduite des expériences faites avec des roues des plus petites largeurs. Il me semble encore qu'en restant, par prudence, au-dessous du chim'^ conclu de l'expérience, il convenait d'allouer davantage aux chariots a roues étroites et autant, au moins, qu'à ceux qui ont des jantes larges.

Je ferai encoi^ remarquer, relativement à la gradation adoptée dans les

tarifs proposes a\ec la loi y que la tendance générale de ces tarifs devant être de favoriser, de propager l'emploi des grands diamètres , il eût été utile de multiplier les upmbres de Féchelle des diamètres, et, sans en introduire autant dans le tarif que je l'ai fait dans les tableaux précédents , de donner au moins trois dimensions telles que i^jOO, i*",i5 et i"',?5o pour les diamètres des roues de devant; i"',5o à i*,6o, 1^,70 a i^jSo, i",9oà îi",oo pour ceux des roues de derrière des chariots et i",6o, i"*,8o., à^joo pour ceux des roues des charrettes. Par là, en effet, on aurait rendu plus facile la transition graduelle des petits diamètres aux. grands , tandis que le passage brusque adopté dans le tarif présenté ralentirait, je le crains, le progrès désiré. Enfin, le diamètre de 1*^,16, regardé comme le plus grand pour les roues de devant des chariots, est trop faible, puisque déjà beaucoup de chariots de roulage ont des roues de devant de i'',io, et qu'en Flandre et en Angleterre on en emploie de i~,îi5 h i"»,3o.

Quant à l'accroissement des chargements en fonction des largeurs des jantes, je ferai remarquer que, d'une part, les tarifs annexés au projet de loi accordent aux charrettes et chariots des petits diamètres et des petites largeurs des chargements, qui sont presque identiquement ceux que j'ai déduits de la discussion précédente; mais qu'aux largeurs de o"',i2 ils n'allouent que 3 3oo kil. aux charrettes, au lieu de 3 5oo kiL ) et 5 400 ^^^ ^^^ chariots, au lieu de 6 000 kih Cette disposition ayant pour effet de favoriser les voitures à petits chargements encore plus que les tarifs que j'ai déduits de l'expérience, et de limiter la charge portée par un seul train à 3 5oo kil. environ, je la crois trèsfavorable à la conservation des routes, et si les habitudes de l'industrie des transports peuvent s'y conformer, je n'y vois aucune objection.

31 • Chargements des voitures suspendues allant au trot. — Les expériences de 1839 ayant complètement confirmé celles de i838 pour prouver que, dans les limites ordinaires du trot et jusqu'à la vitesse de 1 3 à i4 kilom. à l'heure, les voitures suspendues allant au trot ne produisaient pas plus de dégradations que les voitures non suspendues allant au pas; il s'ensuit que, sous le rapport de la dégradation des routes, il n'y a pas lieu de restreindre les chargements des diligences, et autres voitures suspendues allant au trot , au-dessous de ceux qui sont accordés aux chariots non suspendus.

Cette conclusion est complètement adoptée pour les voitures à quatre roues, dans le projet de loi présenté aux Chambres, mais on ne l'a pas

appliquée aux voitures de messageries à deux roues^ dont ou a propose de limiter le chargement à la moitié de celui des voitures suspendues à qaaire roues y sans avoir égard à la grandeur du diamètre. Cette disposition a sans doute pour objet la sécurité des voyageurs.

32. Foitures Comtoises. — U y a une classe de voitures fort employées et fort avantageusement combinées dans leurs proportions y qui ne sont pas comprises dans les tarifs précédents; ce sont les voitures à quati^ roues, traînées par un seul cheval , et connues sous le nom générique de Comtoises. Pour les rattacher au système général des voitures à quatre roués, reportons-nous aux résultats d'expérience sur l'influence des largeurs des jantes, faites avec les chariots à quatre roues de i"^,ooet i^fiSit diamètre, n"* a a, et à la Fig. i , PL IP^, qui les représente ; prolongeons la ligne droite CD qui donne les chargements que nous avons adoptés pour bases des tarifs de ces voitures, par rapport aux largeurs des jantes jusqu'à l'ordonnée correspondante à la largeur de 0*^,06. Nous aurons ainsi, pour le chargement d'un chariot à bandes de cette largeur, avec des diamètres de l'^yOO et i"',65, le poids total de 2 604 kil. véhicule compris. Or, les voitures Comtoises ont des roues de o"',o6 de largeur de bande, et de i",a5à I ",30 de diamètre à Tavant-train, sur i*,55 à i",45 au train de derrière, et ne pèsent pas plus de i 800 kil. véhicule compris. Il est donc évident, par le résultat des expériences de 1841 , aussi bien que par celles de iSSg, dans lesquelles le transport de près de 7 000 000 kil. a produit des ornières qui n'ont exigé que b'^^yoo de matériaux sur une longueur de i5o*, pour la réparation, sur la route de Courbevoie à Colombes, entretenue constamment mouillée et boueuse , qu'il ne serait ni juste ni rationnel d'imposer aucune entrave, aucune restriction à la libre circulation de ces voitures avec un seul cheval .

Ou a vu d'ailleurs ( 2" Partie, n* 48 et suivants) qu'en iSSg leur marche en convoi, dans les mêmes ornières, n'avait pas présenté les inoonvënients qu'on lui attribuait, et la seule condition qui me semble devoir être imposée à leur emploi sur les routes et surtout dans les villes, c'est qu'il y ait un conducteur pour quatre ou cinq voitures, et que les convois semblables se tiennent à des distances de 1 00* au moins les uns des autres , pour ne pas gêner la circulation.

33. Diligences à deux chenaux. — Qn voit aussi que, puisqu'un chariot non suspendu à quatre roues de i"*,oo à i"',65 de diamètre et de o",o6 de largeur déjante, pourrait porter a 600 kil., on pourrait, sans inconvénient, laisser circuler sur les routes, sans restriction ni pesage, les

diligences suspendues^ attelées de deux chevaux avec des roues de o^^gS et 1 ",59 de diamètre.

En terminant cette discussion de l'application des résultats des' expériences à la loi sur la police du roulage^ je crois devoir répéter que , si je crois les rapports établis entre les chargements et les dimensions des roues exacts et aussi voisins de la vérité qu'on peut l'espérer, je n'entends nullement préciser d'une manière absolue les chiffres des tarifs que j'ai proposés. J'ai voulu seulement indiquer dans quel sens, dans quel esprit on devait appliquer ces résultats, mais je n'ignore pas que des considérations de différents genres peuvent et doivent avoir de l'influence sur la rédaction des tarifs, et obliger le législateur à s'écarter des résultats immédiats de l'expérience.

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