VEILLÉES D'UNE MÈRE DE FAMILLE
OU SIX NOUVELLES POUR l'aDOLESCENCE. j
î vol. in-ia, orné de 4 jolies gravures , 3 fr. \
Le choix des livres qu'une mère peut confier à sa fille est toujours un devoir ' de conscience difficile à remplir. On trouve peu d'ouvrages qui , joignant futile à l'agréable , sachent initier les jeunes imaginations à la vie réelle sans éveiller prématurément en elles ou des sentiments trop vifs ou de3 illusions : dangereuses. En voici un , intitulé Veillées d'une Mère de Famille , qui a su tviter cet écueil, nous nous empressons de l'annoncer. L'auteur, madame Manceau , est maltresse de pension à Paris. Il est dicté par le cœur autant que parla raison, et écrit avec une élégante simplicité.
Six jolies nouvelles , ornées de quatre gravures , y mettent en relief les caractères divers de plusieurs enfants, qui grandissent , se développent, et dont les actions et le sort sont la conséquence des qualités ou des défauts qu'ils ont contractés dans leur bas-âge. On suit avec intérêt , souvent avec attendrissement , ces petits personnages, dont l'ensemble forme un panorama complet de la vie réelle.
Il ne suffit pas pour écrire, comme l'a fait madame Manceau , d'avoir vécu parmi des enfants; il faut encore bien les affectionner pour s'identifier ainsi a leur langage , pour faire tourner à leur pre fit leurs légers travers, savoir de leurs espiègleries même déduire une douce morale et d'excellentes leçons qui les ramènent au bien et les y affermissent. On sent que ce livre est le fruit
de r expérience pratique; et tel est le charme qu'il répand, qu'il n'est pas* je gage , une jeune personne qui, eu parcourant avec avidité le six nouvelles dont se composent les Veillées d*une Mère de Famille, ne souhaitât d'être au nombre des pensionnaires de madame Manccau , et ne chérit la main qui les a tracées. {Le Breton, journal de Nantes, 28 juillet 1836.)