Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien Testament [microform]
Les douze Petits Prophetes sont certainement la portion de la Bible qu'on lit et connait le moins, et c'est aussi celle qui est la plus difficile a comprendre, et qui, a une lecture superficielle, parait avoir le moins d'interet pour le chretien. Les predictions messianiques qu'elle contient, semblent, par leur brievete, de pen d' importance, comparees a ces magnifiques tableaux qu'Esaie nous trace des temps evangeliques. Zacharie et Osee sont tellement enigmatiques que les plus habiles interpretes ne parviennent pas a en dissiper toutes les obscurites. Abdias et Nahum parlent de peuples qui n' existent plus; et les autres propheties sont dans un rapport trop direct avec Fetat politique et religieux du petiple dlsrael auquel elles etaient adressees, pour s'appliquerfacilement a nos besoins spirituels. D'ailleurs^ les traductions fran-
VI AVAlNfT-PROPOS
* Daises ajoutent par leurs inexactitudes aux difficultes que presente le texte meme.
Et cependant, a ne considerer meme que le cote litteraire, ces douze livres ne le cedent en rien aux pages les plus sublimes d'JEsaie ou d'Ezechiel. En les etudiant, on se sent transporte dans un monde de poesie auquel ne se sont jamais eleves les e"crivains profanes les plus vantes, et le peu d'etendue de ces petits ecrits permet d'en saisir facilement le sens general et la disposition des parties. Que de livres grecs et latins sont longuement expliques dans les academies, dont les beautes n'approchent point de celles d'Amos ou de Michee ! et pourquoi faut-il que les Chretiens consacrent si peu de temps a 1' etude approfondie des livres saints, et le monde tant d'annees a celle des classiques?
La Bible nous a sans doute ete donnee pour notre edification; mais nousy puiserons une edification d'autant plus grande que nous en approfondirons mieux le sens. Ainsi 1' etude etrintelligence des Petits Prophetes y font trouver une source abondante d'instructions utiles et pratiques, -rjiii reste comme fermee au lecfceur superficiel : le coeur de riiomme est le meme au dixneuvieme siecle de Fere chretienne qu'au huitieme et septieme avant Jesus-Christ, et dans FEurope