‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien Testament [microform]Chapitre 23 sur 49 · ABDIAS. O · texte numérisé non relu

ABDIAS. O

devaste completemeut , retranche pour (oujours , il perira tout entier, tandis qu'Israel se relevera de sa ruine actuelle, rentrera en possession de son ancienne patrie et meme s'assujettira Edom , et deja sur cette terre le royaume restera en definitive a 1'Eternel et a son peuple.

Abdias annonce done les temps messianiques , mais il n'en signale , comme Osee, que les caracteres exterieurs et temporels , il ne predit que le retablissement de la nation juive dans sa patrie et son elevation par dessus tous ses ennemis. Toutefois il sait bien que le nouvel Israel sera une nation sainte (17).

Sa prophetic contre Edom s'est accomplie d'une maniere si exacte et si complete, que cela nous garantit Tentier et parfait accomplissement de sa prophetic messianique.

Son livre n'offre aucune difficulte quelque peu importante. Dans une premiere strophe , 1-9 (que Jeremie a reproduite, xnx, 7-22), , Abdias annonce aux orgueilleux Idumeens la ruine complete quiles attend. Dans la seconde, 10-16 , il indique et developpe la vraie cause de leur ruine. Les derniers versets depeignent le retablissement futur d'Israel.

AGGEE.

Aggee et Zacharie commencerent a prophetiser la seconde annee du regne de Darius Hystaspe, dix-huit aiis apres le retour de la captivile.

Nebucadnetsar avail pris et detruit Jerusalem en 588. Sous ses successeurs Fempire babyloiiien s'affaiblit rapidement, et il fut delruil en 559 par les Medes et les Perses. Ces deux peuples allies avaient alors pour roi Darius le Mede, qui mourut deux ans apres la prise de Babylone, en 557, et laissa le sceptre de la monarchic universelle a Cyrus, premier des rois de Perse. L'annee suivante deja, en 556, Cyrus, dont 1'Eternel avait touches le cceur (Esdr. I, 1) , permit aux Hebreux captifs a Babylone de retourner dans leur patrie. La tradition juive dit que le prophete Daniel , alors tres avance en age, contribua a celte decision royale. II est d'ailleurs probable que les Perses, adorateurs de la lumiere et sectateurs d'une religion qui faisait de la purele le premier des devoirs; que ces Perses qui renversaierit dans tous les pays conquis, les statues et les temples des faux dieux , voyaient d'un ceil favorable le peuple monotheiste d'Israel ; et il etait de leur part d'une bonne politique de se gagner I'affection de cette nation nombreuse et puissante

H AGGEE.

que les Chaldeens avaient opprimee, et de la retablir dans sa patrie qui etait aux frontieres de 1'empire.

Tous les Israelites, bien s'en faut, ne profiterent point de cette invitation. Lepeuple etait certainement a Babylone dans une position moins facheuse qu'il ne 1'est aujourd'hui encore dans plusieurs etals chretiens ou mahometans; et la masse de la nation se souciait peu de quitter les fertiles plaines de la Babylonie pour les collines arides et desertes de la Terre promise. Mais ceux d'entre eux qui avaient suspendu leurs harpes aux saules de TEuphrate et pris devant Dieu I'engagement de ne jamais oublier Jerusalem (Ps. cxxxvii), profiterent avec joie de la permission que leur accordait Cyrus. Us etaient a peine 50,000. Us appartenaient la plupart aux Hebreux de 1'ancien royaume de Judee; d'ou leur nom de Juifs, qui remplaca celui d'Hebreux ou d'Israelites. A leur tete etaient Zorobabel , de la famille royale de David , que le roi de Perse avail nomme gouverneur de la Judee (Esd. I, 8 ; Agg. i, 1), et Jehoscuah (ou Jescua, Josue, Jesus), de la famille d' Aaron et d'Eliezer, souverain sacrificateur.

Les Juifs se mirent en route pour la Terre sainte pleins de foi et d'esperance. Us avaient presentes a 1'esprit les magnifiques predictions des siecles anterieurs, relatives au relablissement de la nation elue. Nul prophete ne fut avec eux a leur depart et dans leur voyage, et aussi n'en eprouvaient-ils pas le besoin. Mais il y avail sous leur exlerieur de piele et de zele, beaucoup de pensees mondaines, d'esperances charnelles et de vraie incredulite. Us s'attachaient avec force aux promesses temporelles qu'ils lisaient dans Esaie et les autres prophetes, et ne prenaient pas garde aux conditions de repentance, de conversion et de saintete auxquelles elles etaient liees. Us en desiraient, esperaient, reclamaient Taccomplissement immediat et complet par des miracles du Tout-Puissant , sans luttes ni combats de leur

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part. Et ils comptaient dans leurs rangs un grand nombre d'hommesinconvertis, d'hypocrites meme, qui n'etaient attires en Judee que par 1'unique et coupable espoir d'une prosperite toute lemporelle.

Une annee apres leur retour, les Juifs commencerent la reedification du temple au milieu des pleurs de ceux d'entre eux qui se souvenaient de la magnificence de 1'ancien temple , et des cris de joie de la nouvelle generation qui etait nee loin de Jerusalem dans la terre de 1'exil (Esdr. n).

Mais ce temps de paix et de rejouissance fut de courte duree. Les paiens qui avaient repeuple la Samarie et uni le eulte de Jehova a leur idolatrie, se consideraient comme les maitres de tout le pays , et ils jettaient sur les Juifs du retour des regards d'envie, de mepris et de haine. Us les inquietaient , les menacaient, les entravaient de toutes les manieres, et ce peuple qui venait de sortir du feu purificateur de la caplivite, se voyait expose a des epreuves d'un autre genre auxquelles il ne s'etait point attendu.

Sa foi et sa patience firent defaut. Trompes par les ennemis du peuple elu , Ahasverus (Gambyses) et surtout Arthasastha (Smerdis le Mage) s'opposerent a la reedification du temple, et les Juifs perdirent entierement courage. Les fideles eux-memes se prirent a douter, non pas sans doute de la veracite du Dieu qui avail dicte les anciennes propheties , ni de sa toute-puissance a les accomplir, mais de sa misericorde envers son peuple qui, pour n'etre plus idolatre, n'en etait pas moins pecheur, tiede et lache. Le temps n'est pas venu encore, pensait le peuple entier, de relever la maison de TEternel (Agg. i, 5. 4). Dieu lui-meme y suscite toute espece d' obstacles, il nous le fait defendre par la bouche du roi. II ne nous rend point 1'anciehne arche de 1'alliance, il ne nous en donne point une nouvelle : le temple serait mainlenant rebati qu'encore Dieu ne yiendrait point demeurer dans le sanctuaire qui serait vide. > Gependant ,

6 AGGEE.

chacun seconstruisaitsamaison, labouraitses champs, cultivait ses vignes, paissait ses troupeaux. Mais Dieu envoyait sur son peuple qui s'egarait, fleau sur fleau, afin de le ra-' mener a lui (Agg. i, 4-11; n, 15-19; Zach.-vm, 9-12),

Les Juifs du retour etaient ainsi enveloppes d'epaisses tenebres : ils ne comprenaient plus rien aux voies de Dieu. Le temps etait venu de les secourir : Darius Hystaspe monta sur le Ir6ne de Perse, et 1'Eternel suscita a Jerusalem deux prophetes, Aggee et Zacharie.

Ces deux prophetes ont une meme mission : ils doivent expliquer a leurs compalriotes les voies de Dieu, relever le courage des fideles en leur donnant 1'assurance que Jehova est avec eux, et en leur revelant le brillant avenir qui leur est reserve , et amener, si possible , a la repentance et a une conversion du coeur ceux qui, fiers de n'etrc plus idolatres comrae leurs anc^tres, venaient se briser centre Tecueil de 1'orgueil spirituel ct du pharisa'isme.

Mais, avant toules choses, Aggee et Zacharie doivent engager le peuple a reprendre et lerminer la construction du temple. Gar le culte leviliquc suppose la maison de 1'E-r ternel, toute la religion est liee a cet edifice, elle ne peut prosperer s'il est en mines.

Cependant Aggee est plus specialement charge d'expli-: quer a ses contemporains pourquoi Dieu s'est conduit a leur egard avec tant deseverite pendant les annees precedenles, tandis que Zacharie a plutot les regards lournes vers Tavenir dont il devoile a son peuple et les evenemens rapproches et les plus eloignes. Son horizon visuel est beaucoup plus etcndu que celui d'Aggee.

Aggee n'a point non plus la vivacite et la puissance d'imaginalion de Zacharie. Son style est plus simple, plus calme, plus lucide, sans manquer toutefois d'energie ni de chaleur.

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