‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piété (volume 2)Chapitre 122 sur 276 · DE L'JÉ PITRE · texte numérisé non relu

DE L'JÉ PITRE

Il ne paraît pas que , dans rEgliî>e orientale, aucun des anciens Pères ai?

douté que cette épître ne fut de saint Paul et ne fut canonique ; il ne paraî* pas aussi qu'on en ait douté dans l'Eglise occidentale , dans les deux premiers siècles ; et il semble que Caïus , prêtre de TEglise romaine, qui vivait au commencement du troisième siècle, soit le premier qui ait nié qu'elle soit de saint Paul , et qui en ait rejeté Pautorité.

Il est vrai que , dans la suite des temps, quelques autres de la même Eglise ont adopté ce sentiment , peuttire à cause que les novateurs abusaient

igo ÉPÎTRE AUX HÉBREUX.

de cette épitre pour refuser la péniten ce à ceux qui péchaient après le baptême ; mais les principaux Pères latins , aussi-bien que tous les grecs , Pont recoiiHue pour canonique et pour être de saint Paul.

Nonobstant ce consentement unanime des Pères , un docteur, célèbre dans un des derniers siècles , fondé sur le doute de quelques anciens , a osé don ner atteinte à l'autorité de cette épîlre ; mais depuis que le sacré concile de Trente Ta mise dans le catalogue des Saintes Ecritures et Ta rangée parmi les épîtres de saint Paul , on ne peut, sang hérésie, nier qu'elle ne soit canonique, ni sans témérité douter qu'elle ne soil de saint Paul.

Et même ce doute n'a jamais él< bien fondé ; car la première raison que l'on en donne est celle que l'on tire de \ ce que saiint Paul n'} a pas mis son noni et sa qualité d'apôtre , selon sa coutume ; mais cette raison , ou ne prouve rien , ou prouve trop : elle ne prouve rien, puisque Ton peut dire que saintPaul l'a fait exprès , soit parce que son nom était odieux aux juifs , soit parce qu'il

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voulait en celte épîlre s'abstenir hum blement de celte qualité d'apôtre, pour l'altrihucr par excellence à Je'sus-Chrîst seul , comme il fait au chapitre 3, verset I ; elle prouve trop , car elle prouverait que celte épîlre ne serait de personne , puisqu'elle ne porte aucun nom .

La seconde raison de doute , que Ton tire de la diversité du style, n'est pas plus solide ; saint Paul ayant pu avoir écrit celte épîlre en hébreu et l'avoir fait traduire en grec, soit par saint Luc, soil par un autre, comme Tout dit les anciens ; outre qu'un même auteur peut aisément changer de style , selon la diversité des sujets et la variété des langues dont il se sert.

La troisième raison , que l'on tire d'une apparente contradiction que l'on prétend trouver dans le chapitre 2 , versets 3 et 4 de cette épîlre , avec le douzième verset du premier chapitre de l'épître aux Gala tes , paraîtra nulle par l'explication de ces deux versets en son lieu.

La quatrième raison , tirée des textes des chapitres sixième et dixième , qui

19^ ifÎTIlli AUX JIÉERiaX.

paraiss nt Tavoriserles novalicns , sera aussi montrée nulle par rcxplicatiou que l ou fera de ces textes en leurs places.

N'y ayant clone aucune solide raison de douter que cette épître ne soit de saint Paul ; d'ailleurs le commun usage des Eglises , la manifeste prescription dun très-long temps, le sentiment unanime et constant des saints Pères ,, les canons des conciles , les décrets des souverains pontifes nous assurant , et qu'elle est canonique , et qu'elle est de saint Paul , recevons - la avec tout le respect qui lui est dû, et lisons-la d'autant plus attentivement qu'elle contient des choses pins excellentes : la dignité de Jésus-Christ, son sacerdoce, sor sacrifice , son office de pontife et de médiateur.

Saint Paul a deux fins en cette épî' tre.

La première , de confirmer les Hébreux dans la foi et de les détachei entièrement des observances légales ; pour cet effet il leur fait connaître la grandeur de la personne de Jésus- Christ, rexcellence de son sacerdoce,

l;i verlii de son sacrifice , le changement de la loi par ravénement du pontife éternel.

La seconde, de les consoler dans les persécutions qu'ils souffraient pour la foi ; dans cet esprit , il leur propose l'exemple de tous les anciens fidèles, l'exemple de Jésus-Christ, et il les encourage psr la vue de la récompense éternelle.

Oi croit que celte épître a été écrite de Rome , ou du moins de quelque lieu d'Italie, Tan de Jésus-Christ 62 ou 63; qu'elle est adressée à tous les Hébreux convertis à la foi , en quelcjue lieu qu'ils fussent , mais principalement à ceux qui demeuraient dans la Judé<e,

Fr. Paul. ÎV

194 ÉPiXRE Al'X HÉBREUX.

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