CHAPITRE XII
COROLLAIRE DE PIÉTÉ
En premier lieu.
N'oublions jamais que la vie chrétienne est une course et un combat :
par le baptême nous sommes entrés dans la carrière pour combattre à la course.
La carrière est rude, raboteuse, pleine d'épines ; il faut courir au travers desronces, des croix, des afflictions, etc.
C'est pourquoi saint Paul nous dit à tous : Courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte , et dont le prix est le bonheur éternel, fi'ot.t.
En second lieu.
Souvenons -nous du moyen que saint Paul nous donne pour avoir cette patience : c'est de regarder les exemples et la vie des saints , et surtout de regarder assidiÀment Jésus-Christ, le Saint des saints, souffrant pour notre amour
Courons par la patience, en regar- rtn. t. daîit fixement Jésus-Christ , Vauteur et le consommateur- de notre foi. Il a couru le premier cette carrière ; il en a amo)li les duretés par son sang ; il est arrivé le premier au but , et de là il
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nous regarde courir, et , pour nous en courager , il nous prépare des couronnes.
Je s>ois les deux ouverts, et Jésus- Christ debout à la droite de Dieu , dit saint Etienne , son premier imitateur , et le premier qui après lui a couru cette carrière.
Pourquoi Jésus - Christ lui paraît -il debout ? Il est assis à la droite de Dieu, comme saint Paul nous le dit souvent; mais apercevant son disciple courir la carrière par la patience , il s'est levé , et se tient debout , soigneusement appliqué à considérer son imitateur ; il l'encourage, il lui prépare le triomphe, il vient au - devant de lui la couronne à la main.
Souvenez-vous-en quand vous souffrez : regardez Jésus-Christ, votre chef, votre modèle, votre récompense et votre couronne.
Courez après lui ; c'est pour cela ^u'il court devant vous.
Courez comme lui , suivez ses pas ; c'est pour cela qu'il a souffert le premier.
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Courez à lui ; il est le but , le terme et le prix.
En troisième lieu.
Pour mieux profiter cle l'exemple de la passion de Jésus-Christ, considéronsy trois choses, selon les versets 2 et 3: Qui proposîto sibi gaudio , etc.
Ce qu'il a méprisé pour nous, la joie, la gloire, les richesses : à son exemple, méprisez les choses temporelles.
Ce qu'il a souffert pour nous , la croix , la mort douloureuse et infâme : comparez vos peines à la croix de Jésus-Christ, et vous aurez honte de manquer de courage pour si peu de chose; Une sfous a pas encore coûté une seule goutte de sang pour Jésus -Christ.
Ce qu'il a mérité par sa croix , c'est d'être assis à la droite de Dieu. Que si la peine de la souffrance vous effraie , que la récompense vous encourage :
Si uous soufrez avec Jésus - Christ , vous serez glorieux avec lui.
Quand donc vous souffrez , pensez et repensez à Jésus - Christ: ce qu'il est. Fils de Dieu; ce qu'il a souffert, les tourmens, les opprobres, la mort; comment ? librement , volontairement ,
reis. 3.
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parce qu^l nous a aimés ; par qui? par les pécheurs ; pour qui ? pour nous tous, et en particulier pour vous.
Si vous pénétrez bien tout cela, qu'y aura-t-il de difficile à souffrir ?
Eîi quatrième lieu.
Pour achever de vous fortifier dans vos afflictions , souvenez-vous de la divine consolation contenue dans les versets 5, 6,7,8, 9, 10, II.
Quand Dieu nous châtie , c'est un père le plus affectionné qu'il y ait pour nous, et le plus zélé de notre véritable bien , qui nous forme , nous instruit , nous corrige , nous perfectionne, afin que nous soyons véritablement ses enfans, saints , purs et parfaits , comme il est saint, pur et parfait, et que nous soyons un jour participans de son bonheur éternel.
Voyez ce qui a été dit sur ce sujet au verset 8 , et de tout cela apprenons à ne pas juger des afflictions par les sens , mais par la foi.
Apprenons des versets 2 2,25, 24 , 26 , à connaître la grâce du christianisme qui nous unit à TEglise, la sainte