CHAPITRE XIII
nous le rend toujours présent, afin que nous Toffiions sans cesse à son Père.
C'est pour cela qu'en cette épître nous apprend par son apôtre que dans le Ciel il paraît toujours devant Dieu son Père , priant, s'offrant , faisant rofiice de pontife pour nous; afin que nous unissant à lui , nous rendions en lui , avec lui et par lui tous nos devoirs de religion à Dieu.
Acquit de tous nos devoirs de religion par cette pratique.
On les réduit à quatre, savoir : à adorer Dieu, à le remercier, à lui demander pardon , à lui demander les grâces et les secours nécessaires.
Le premier de tous nos devoirs envers Dieu , c'est Tadoration : comme créature tirée du néant, et dépen.dant essentiellement de Dieu, dans mon être et dans mes opérations , je lui dois mes respects , mes hommages , mes adorations.
Or comment m'acquitterai-je de ce premier devoir de la religion ? Quel honneur peut rendre à Dieu mon humiliation et mon anéantissement, c'est-à-
due , riiumiliation et ranc'anlissement du néant ?
Exeamus igitur ad eiini , et per ipsiwi , etc. Sortons donc de nous-mêmes , et d'un cœur humilie et ane'anti unissons-nous à Jésus-Christ , soit sur la croix , oii il honore Dieu par la plus grande de toutes les humiliations ; soit dans la sainte Eucharistie, oiiil est dans un anéantissement continuel devant Dieu; soit dans le Ciel, devant le trône de son Père, oii il l'adore sans cesse, et , dans cette union de nos cœurs au cœur de Jésus-Christ, offrons à Dieu les respects et les adorations de son Fils bien-aimé , et nous rendrons en Jésus- Christ , avec Jésus-Christ et par Jésus- Christ une gloire infinie à Dieu.
Le second de nos devoirs envers Die c'est l'action de grâces : comme créature qui est comblée des bienfaits de Dieu, et qui ne subsiste que par sa bonté , je lui dois de continuelles actions de grâces.
Comment m'acquitterai-je de ce devoir ? Qu'est - ce que je puis offrir à Dieu en actions de grâces? Je ne suis
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nen , je n'ai rien , je ne puis rien , je ne vaux rien.
Exeamus igitnv ad cum , el per Ipsum , etc. D'un cœur reconnaissant unissons-nous à Je'sus-Christ , soit sur la croix , oii il s'offre lui - même à la gloire de Dieu , soit dans le Saint Sacrement où, selon la signification d'jE//» charistie , il est une continuelle action de grâces, soit dans le Ciel , où il bénit et remercie Dieu sans cesse : dans celle union de nos cœurs au cœur de Jésus- Christ , offrons à Dieutoules'les louanges, toutes les bénédictions et toutes les actions de grâces qu'il rend à Dieu en tous ces états, et par ce moyen nous rendrons à Dieu de dignes louanges et actions de grâces.
Le troisième de nos devoirs envers Dieu , c'est la demande du pardon.
Comme pécheur, charge d'une infinité de péchés, je dois satisfaire à la justice de Dieu : comment \p ferai-je ?
Exeamus ad eum^ et per ipsuf?i, etc.
D un cœur contrit je me joins à Jésus- Christ , l'agneau sans tache , sacrifié sur la croix pour mes péchés , je me lave dans son sang, et j'offre à Dieu les
SgO ÉPÎTRE AUX HÉBREUX.
mérites infinis de ce divin sacrifice pour l'expiation de tous mes péchés.
Je m'unis au même agneau de Dieu, mystiquement sacrifié sur Taiitel; je joins la voix de mon cœur contrit à la voix du sang de cet agneau , et avec lui et par lui je crie grâce , pardon , miséricorde.
Ou bien je me joins à Jésus-Christ, Tagneau de Dieu , toujours comme sacrifié dans le Ciel , devant le tronc de Dieu, oii«l montre continuellement à Dieu son Père les marques des plaies qu'il a reçues pour la rémi-^ion de mes péchés, et joignant mon cœur contrit au cœur de Jésus-Christ , dans ce cœur de Jésus-Christ et par ce cœur, je crie miséricorde.
Le quatrième de nos devoirs envers Dieu , c'est la demande des grâces et des secours nécessaires. Comme pauvre , faible , nécessiteux , je dois sans cesse implorer le secours de la grâce de Dieu pour moi ; je dois même par charité, ou par reconnaissance et par justice , prier pour les autres.
Je suis indigne d'être exaucé; que