‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piété (volume 3)Chapitre 207 sur 329 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pour remplir en nous cette idée , retranchons de nos cœurs toutes les oassions déréglées de la concupiscence; servons Dieu en esprit et en vérité , dVine foi vive , d'une ferme espérance , d'un amour sincère ; que la charité règne tellement en nos cœurs , qu'elle soit le principe et la forme de toutes nos actions intérieures et extérieures. Enfin , mettons toute notre confiance dans les mérites infinis de Jésus-Christ notre Sauveur.

En second lieu,

Conservons Tidée que saint Paul , nimé du Saint-Esprit , nous donne de tous les biens de la terre.

Ce sont des pailles inutiles , quisquiliœ , qui ne donnent jamais une véritable satisfaction au cœur, qui ne préservent ni de la mort, ni de la maladie, ni de la vieillesse.

Ce sont des pertes , damna ^ qui nuisent souvent, et pour l'ordinaire au salut , le véritable bien.

Ce sont des ordures , stercora , qui salissent et remplissent de puanteur devant Dieu.

Prions le Saint-Esprit qu'il nous con-

aS8 ÉPÎTRE AUX PHILIPPIENS.

vainque Tesprit de ces vérités , afin que dorénavant nous méprisions les biens de la terre comme des pailles inutiles, nous les fuyions comme des pertes, nous sentions pour eux de Taversion comme pour des ordures.

Apprenez néanmoins de saint Jean- Chiysostôme , si vous êtes riches, à rendre vos biens utiles , profitables , précieux et agréables à Dieu, par le bon usage que vous en ferez pour sa gloire et pour le soulagement du prochain.

Ce ne sont , à proprement parler, ni les richesses ni la pauvreté qui acquièrent le Ciel , mais le bon ou le mauvais usage que l'on en fait ; c'est l'esprit et le cœur , bon ou mauvais , du riche et du pauvre. Corrigez donc l'esprit, rectifiez votre cœur, et tout vous sera utile pour le salut.

De même qu'un ouvrier scie également le bois avec une scie ou de fer ou d'argent , ainsi on gagne le Ciel et par les richesses et par la pauvreté : comme néanmoins on scie le bois plus facilement avec le fer, on gagne aussi le Ciel plus facilement par la pauvreté.

CIIAPITHE III. 969

Eîi troisième lieu.

Conservons la connaissance que saint Panl nous donne du mérite des souffrances, fers.m^

Quand nous souffrons , nous participons aux souffrances de Jésus-Christ , nous entrons en société avec lui , nous lui sommes conformes en Tétat de sa mort et passion.

Souvenons-nous-en dans foccasion , afin de souffrir avec plus de patience , afin même de souffrir avec joie , parce que nous participons à la croix de Jésus-Christ, et par conséquent nous participerons un jour à sa gloire.

En quatrième lieu.

Remarquons et imitons les pratiques par lesquelles TApôtre s'excitait à la perfection.

Se considérant comme un champion dans la lice évangélique , il court de toute sa force à la paliK'^, oubliant ce qui est derrière lui ; les yeux uniquement arrêtés sur la couronne , il s'efforce d'y parvenir et de la recevoir.

yert. i2-»4.

«bo ÉPÎTRE AUX PHILIPHENS.

Mon Dieu, que je suis éloigné dt cette ferveur de votre Apôtre ! Dans la même lice que lui , au lieu de courir , je marche à peine , je languis , je m'y arrête. Seigneur , animez ma ^i , augmentez mon courage ; donnez-moi la force d'imiter votre Apôtre ; au moins à présent , sur la fin de ma misérable vie , que je coure dans votre service.

Au verset 20 , se regardant comme un citoyen du Ciel, il se dégage de plus en plus d'esprit et de cœur de toutes les choses humaines et terrestres ; il ne pense qu'au Ciel , il n'aime que le Ciel, il ne désire que le Ciel , il ne travaille que pour le Ciel , il ne vit et ne se gouverne que par les lois du Ciel.

J'ai le même honneur qu'avait saint Paul ; je suis par la grâce de Dieu citoyen du Ciel , domestique de Dieu ; pourquoi donc, comme une taupe, suisje toujours attaché , renfermé d'esprit et de cœur dans la terre ?

Mon ame ! mon ame ! regarde le Ciel, c'est ta patrie, c'est ta demeure pour l'éternité ; élèves-y donc tes pensées , tes afifections , tes désirs ; demeures-y

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