‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piété (volume 3)Chapitre 219 sur 329 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Seigneur est proche. Bientôt je quitte rai loules choses, et foutes choses me quitteront : pourquoi donc les aimer, et pourquoi m Y attacher?

Dominus propè est : Le Seigneur est proche. Bientôt je hii rendrai compte de tout ce dont j'aurai usé. Pourquoi donc avoir tant de choses superflues?

Dominus propè est : Le Seigneur est proche. Il viendra bientôt pour récompenser ceux qui lui sont fidèles. Pourquoi donc n'avoir pas plus de patience dans les afflictions?

Dominus propè est : Le Seigneur es proche. Bientôt il viendra rendre à chacun selon ses œuvres. Pourquoi donc porter envie au bonheur prétendu des pécheurs ? et pourquoi ne pas se hâter de faire de bonnes œuvres ?

Dominus propè est : Le Seigneur est proche. Il nous voit , il nous considère ; que noire modestie , notre douceur ^ notre modération soient connues à tous les hommes.

En troisième lieu.

Remarquez un exemple admirable de la vie apostolique en saint Paul , aus versets 11 et 12.

In p.

272 ÉPÎTRE AUX PHILIPPIlîNS.

Cet homme divin, ce continuel imitateur de Pieu est toujoms le même , toujom's content de son état ; par le secours de la grâce , il a tout ce qui lui suffit , et il ne désire rien.

Il sait, avec la grâce de Dieu, souffrir patiemment la pauvreté , user sobrement de l'abondance.

En un mot , il est fait à tout.

Admirez tellement cet exemple de perfection , que vous tâchiez de l'imiter; I ." content de peu et seulement de ce qui est nécessaire, ne souhaitez rien ; 2 .0 soyez patient dans l'indigence , frugal dans Fabondance ; 5." soyez indifférent et disposé à tout événement.

La vie chrétienne , conduite de la sorte , est un sacrifice continuel , une louange de Dieu perpétuelle.

Eji quatrième lieu.

Remarquez que l'aumône est une espèce de négoce ; on donne , on reçoit : Communicavit in ratione dati et accepti.

Mais négoce très-utile , puisqu'on y achète le Ciel ; négoce très-facile , puisque , quand l'argent manque, la volonté

CHAPITRB IV. 273

suffît ; négoce très-agréable h Dieu, puisque raumône est un parfum qui lui est très-doux , une hostie qui lui plaît. yen. 14,

Dans le souvenir de ces vérités , donnez volontiers avec joie pour Tamour de Dieu.

Regardez le pauvre qui se présente à vous comme un autel ; sacrifiez sur cet autel , ofFrez-y une hostie de bonne odeur et très-agréable à Dieu.

En cinquième lieu.

Apprenez de saint Paul comment il faut recevoir l'aumône. // est plus heureux de donner que de recevoir., dit Jésus-Christ. ^^^- *»♦ »^-

Donnez donc avec joie , mais recevez avec humilité et même avec crainte ; craignez que cette aumône ne soit le sujet de votre condamnation , si vous la recevez sans nécessité , ou au delà de la nécessité.

Que si véritablement vous êtes dans le besoin , recevez , comme saint Paul , avec humiliié et reconnaissance. f^ers. lo-is

Recevez selon votre besoin. ,5.16.

Prioz Dieu pour vos bienfaiteurs. 19.

Recevez pour leur profit plutôt que

274 éPÎTRE AUX PHILIPPIEN8.

pour votre soulagement; et quand ceux qui devraient vous donner ne vous donnent pas , n'en ayez pas d'indignation , mais plaignez-les , à cause du tort qu'ils se font.

Ayez patience en toutes choses , ç* soyez fait à tout événement.

Voyez sur le sujet de l'auniv/ne la seconde épître aux Corinthiens, chapitrv 8 et g, aux corollaires.

rSH M t^PlTBE iCX PHILIVPIHf

EXPLICATIOIV

DE L'ÉPITllE

AUX COLOSSIENS PRÉFACE.

Colosse était une ville de la grande Phrygie , voisine de Laodicée et de Hié- Cap. 2,18^4^ rapolis, comme on le peut inférer de tl^^s^eAn^ cette é pitre.

On croit communément que saint Paul n'a jamais prêché à Colosse , et on le recueille de diflférens endroits de cette épitre , principalement du chapitre I, verset 7, oîi saint Paul témoigne qu''Epaphras a été le docteur des Colossiens; et du chapitre 2, verset i, où il semble dire qu'ils ne le connaissaient pas de visage.

Saint Paul néanmoins leur écrit, par-

276 ÉPÎTRE AUX COLOSSIENS.

ce qu'il est le docteur de tous les gen tils , et parce que c''est lui qui leur a envoyé Epaphras , et l'a e'tabli leur évêque , comme le Martyrologe romain le dit au 19 de juillet; et il leur écrit pour les préserver des dogmes empoisonnés des hérétiques, et pour les confirmer dans la foi.

De faux apôtres , simoniens et judaïsans , s'étaient répandus dans la Phrygie, et principalement dans Colosse; les premiers y enseignaient que les anges étaient les auteurs de notre salut et nos médiateurs auprès de Dieu , et non pas Jésus- Christ ; et, par conséquent, que c'était par les anges et non par Jésus-Christ qu'il nous fallait aller à Dieu : les seconds pressaient les fidèles pour l'observance des cérémonies légales.

Saint Paul reprend premièrement les erreurs des uns et des autres , enseigne les vérités opposées , et surtout relève les grandeurs de Jésus-Christ , et ensuite donne à chacun , selon son état , des enseignemens salutaires.

Cette épître a beaucoup de rapport , et pour le sujet et pour le style , à l'é-

Page 1