CHAPITRE IV
Seigneur est proche. Bientôt je quitte rai loules choses, et foutes choses me quitteront : pourquoi donc les aimer, et pourquoi m Y attacher?
Dominus propè est : Le Seigneur est proche. Bientôt je hii rendrai compte de tout ce dont j'aurai usé. Pourquoi donc avoir tant de choses superflues?
Dominus propè est : Le Seigneur est proche. Il viendra bientôt pour récompenser ceux qui lui sont fidèles. Pourquoi donc n'avoir pas plus de patience dans les afflictions?
Dominus propè est : Le Seigneur es proche. Bientôt il viendra rendre à chacun selon ses œuvres. Pourquoi donc porter envie au bonheur prétendu des pécheurs ? et pourquoi ne pas se hâter de faire de bonnes œuvres ?
Dominus propè est : Le Seigneur est proche. Il nous voit , il nous considère ; que noire modestie , notre douceur ^ notre modération soient connues à tous les hommes.
En troisième lieu.
Remarquez un exemple admirable de la vie apostolique en saint Paul , aus versets 11 et 12.
In p.
272 ÉPÎTRE AUX PHILIPPIlîNS.
Cet homme divin, ce continuel imitateur de Pieu est toujoms le même , toujom's content de son état ; par le secours de la grâce , il a tout ce qui lui suffit , et il ne désire rien.
Il sait, avec la grâce de Dieu, souffrir patiemment la pauvreté , user sobrement de l'abondance.
En un mot , il est fait à tout.
Admirez tellement cet exemple de perfection , que vous tâchiez de l'imiter; I ." content de peu et seulement de ce qui est nécessaire, ne souhaitez rien ; 2 .0 soyez patient dans l'indigence , frugal dans Fabondance ; 5." soyez indifférent et disposé à tout événement.
La vie chrétienne , conduite de la sorte , est un sacrifice continuel , une louange de Dieu perpétuelle.
Eji quatrième lieu.
Remarquez que l'aumône est une espèce de négoce ; on donne , on reçoit : Communicavit in ratione dati et accepti.
Mais négoce très-utile , puisqu'on y achète le Ciel ; négoce très-facile , puisque , quand l'argent manque, la volonté
CHAPITRB IV. 273
suffît ; négoce très-agréable h Dieu, puisque raumône est un parfum qui lui est très-doux , une hostie qui lui plaît. yen. 14,
Dans le souvenir de ces vérités , donnez volontiers avec joie pour Tamour de Dieu.
Regardez le pauvre qui se présente à vous comme un autel ; sacrifiez sur cet autel , ofFrez-y une hostie de bonne odeur et très-agréable à Dieu.
En cinquième lieu.
Apprenez de saint Paul comment il faut recevoir l'aumône. // est plus heureux de donner que de recevoir., dit Jésus-Christ. ^^^- *»♦ »^-
Donnez donc avec joie , mais recevez avec humilité et même avec crainte ; craignez que cette aumône ne soit le sujet de votre condamnation , si vous la recevez sans nécessité , ou au delà de la nécessité.
Que si véritablement vous êtes dans le besoin , recevez , comme saint Paul , avec humiliié et reconnaissance. f^ers. lo-is
Recevez selon votre besoin. ,5.16.
Prioz Dieu pour vos bienfaiteurs. 19.
Recevez pour leur profit plutôt que
274 éPÎTRE AUX PHILIPPIEN8.
pour votre soulagement; et quand ceux qui devraient vous donner ne vous donnent pas , n'en ayez pas d'indignation , mais plaignez-les , à cause du tort qu'ils se font.
Ayez patience en toutes choses , ç* soyez fait à tout événement.
Voyez sur le sujet de l'auniv/ne la seconde épître aux Corinthiens, chapitrv 8 et g, aux corollaires.
rSH M t^PlTBE iCX PHILIVPIHf
EXPLICATIOIV
DE L'ÉPITllE
AUX COLOSSIENS PRÉFACE.
Colosse était une ville de la grande Phrygie , voisine de Laodicée et de Hié- Cap. 2,18^4^ rapolis, comme on le peut inférer de tl^^s^eAn^ cette é pitre.
On croit communément que saint Paul n'a jamais prêché à Colosse , et on le recueille de diflférens endroits de cette épitre , principalement du chapitre I, verset 7, oîi saint Paul témoigne qu''Epaphras a été le docteur des Colossiens; et du chapitre 2, verset i, où il semble dire qu'ils ne le connaissaient pas de visage.
Saint Paul néanmoins leur écrit, par-
276 ÉPÎTRE AUX COLOSSIENS.
ce qu'il est le docteur de tous les gen tils , et parce que c''est lui qui leur a envoyé Epaphras , et l'a e'tabli leur évêque , comme le Martyrologe romain le dit au 19 de juillet; et il leur écrit pour les préserver des dogmes empoisonnés des hérétiques, et pour les confirmer dans la foi.
De faux apôtres , simoniens et judaïsans , s'étaient répandus dans la Phrygie, et principalement dans Colosse; les premiers y enseignaient que les anges étaient les auteurs de notre salut et nos médiateurs auprès de Dieu , et non pas Jésus- Christ ; et, par conséquent, que c'était par les anges et non par Jésus-Christ qu'il nous fallait aller à Dieu : les seconds pressaient les fidèles pour l'observance des cérémonies légales.
Saint Paul reprend premièrement les erreurs des uns et des autres , enseigne les vérités opposées , et surtout relève les grandeurs de Jésus-Christ , et ensuite donne à chacun , selon son état , des enseignemens salutaires.
Cette épître a beaucoup de rapport , et pour le sujet et pour le style , à l'é-