CHAPITRE XIV
En second lieu , pour ce qui regarde le don des langues, il ordonne ([tic deux ou trois au plus parlent , l'un après l'autre , et (jue quelqu'un les interprète , que s'il n'y a [jcrsonne '^{ui puisse interpréter, que celui qui a le don des langues, se taise. ^'^''^- ^7-^^'
En troisième lieu , pour le don de prophétie , il ordonne aussi que deux ou trois prophètes parlent successivement , que les au- '9 très prophètes écovilent et jugent de ce qu'ils disent. Que s'il arrive qu'il se fasse vi;ie nouvelle révélation à quelqu'un des auditeurs, 3o.3i, que celui qui proph('tisait se taise , et le laisse parler. Et qu'il ne dise pas qu'il ne peut se taire, parce que l'esprit de prophétie est scuniis aux prophètes. 32-33.
Quatrièmement. Il interdit absolument aux fetnmes la parole dans l'église , dont il duniici plusieurs dilFérentes raisons. Et parce ^4-35. que le contraire se pratiquait à Corinthe, il en reprend fortement les Coriiïthiens. •î^*
Cinquièmement. Il assure que ces règlemens sont des commandemens du Seigneur, et qu'ils doivent être reçus et observés comme tels de tous , et même des prophètes. Il les réduit tous à trois : i.° Qu'ils désirent sur- '" ' tout le don de prophétie ; 2.° Qu'ils ne suppriment pas le don des langues ; 5.° Que tout se fasse avec ordre et honnêteté parmi eux. 39-40.
I . La charité étant, comme vous l'a- 1. sectamiuj vez vu , le plus excellent don de Dieu , '''''''"'"" ' désirez-la donc avec ardeur, et travaillez de toutes vos forces à Tobtenir : ne
208 I. KPÎÏRE AUX CORINTHIENS.
«emulamini spi- négligez pas néanmoins les autres dons iitua la : spirituels ; mais recherchez-les par cha-
rité , principalement les plus utiles , et en particulier le don de prophétie , qui est beaucoup plus utile que le don des
magis autem ul langues, lu-ophelelis.
Saint Paul en ces paroles apprenti trois
choses aux Corinthiens. La première , qu'il*
doivent sur toutes choses désirer la charité ;
et il nous dit à tous de même : Super oin-
Col. 5, niio^ charitatem habete.
La charité est la reine des vertus ; elle nous unit à Dieu, nous rend semblables à lui, nous fait ses enfans; par elle toutnous profite pour le salut; sans elle rien ne profite. Désirez-la donc, poursuivez-la toute votre vie, gardezf'id.corol. la, conservez-la, perfectionnez-la.
" "' ' La seconde , qu'on peut désirer les talens ,
les grâces gratuites , non par vanité , mais par charité et pour édifier.
La troisième , qu'on doit par conséquent désirer les plus utiles , et par une autre conséquence , que les Corinthiens doivent préférer le don de prophétie au don des langues.
Le don de prophétie, c'est le don d'expliquer les mystères de la foi , comme il a été dit au chapitre 12 , verset 10 , et comme il sera dit plus bas, rers. 5 et 5.
Les Corinthiens estimaient beaucoup le don des langues, et s'en glorifiaient surtout. Saint Paul , Dour les corriger de celte erreur