CHAPITRE IV
ANALYSE
Saint Paul en ce chapitre fait tellement son apologie touchant l'exercice de son ministère, qu'il reprend aussi indirectement les vices de ses calomniateurs.
Dieu, par sa miséricorde, nous ayant donné un si glorieux ministère , nous ne sommes pas négligens à nous en acquitter, et nous ne faisons rien, même en secret, qui en soit indigne ; mais nous annonçons l'Evangile ouvertement et avec toute la sincérité possible; en sorte que , s'il y a encore quelques-uns à qui il soit inconnu , c'est qu'ils ne veulent pas le connaître. Vers. f>|.
En le prêchant nous ne cherchons pas notre gloire, mais celle de Jésus-Clirist ; nous ne prétendons pas dominer sur les fidèles , mais les servir ; et cela pour coirespondre à la miiséricorde de Dieu , qui, nous ayant tirés des ténèbres où nous étions, nous a éclairés et rendus capables d'éclairer les autres. 5.0,
Dieu a renfermé ce trésor de lumières et de grâce dans nos personnes plus viles et plus fragiles que l'argile , afin que toute la gloire de notre ministère lui soit rapportée. Plus '• nous sommet' fragiles , et plus nous faisons éclater sa foute-puissance : c'est pour cela que , pressés , affligés , persécutés , abattus , nous subsistons et ne périssons pas. 8-i«n
Conservés dans la vie parmi tant de morts,
3 10 II. ÉPtïRE AUX CORINTHIENS.
nous reprôsentons en quelque façon la mori Fers, lo-ii. et la résiirrectioa de Jésus-Clirisf.
Nous mourons donc à tous momens pour l'Evangile, mais notre mort corporelle vou.*- 12. donne la vie de l'esprit
Nonobstant celte mort continuelle , nous prêchons librement et hardiment, parce que '^" nous croyons vchûtablement. Nous croyons, dis-je, «jue , comme Dieu a ressuscité Jésus- Christ , il lious ressuscitera aussi avec lui , pour nous placer en son royaume avec vous, pour le salut desquels nous avons reçu le mii4-i';. nistère.
De cette foi et de cette espérance vient notre coui'age dans les afflictions , sachant qu'une affliction bien légère et d'un instant nous prépare une gloire infinie et éternelle. i6 17. C'est pour cela que , luéprisant les choses
présentes et visibles , qui sont passagères , nous ne considérons que les futures et invisibles, qui dureront éternellement.