‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 202 sur 224 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

ire frère, en qui Je'sus - Christ habite homini , r^^ par la foi. f «ff^-^J'^";

r lum nianducat

Je le sais et je Tai déjà dit , il n'y a point de viande immonde par elle-même ; au contraire , elles sont toutes pures , et de leur nature , et par la permission de Jésus - Christ ; néanmoins celui-là pèche qui mange cVune chose permise , à la vérité, mais dont son frère se scandalise , parce que , pour lors, il use mal d\me bonne chose.

Apprenons encore une fois avec quelle aiscrétion nous devons agir avec nos frères; avec quel soin nous devons éviter les moindres scandales; les choses, bonnes d'ellesmêmes , si elles ne sont dirigées par la charité , deviennent méchantes à celui qui s'en sert avec scandale de son prochain.

2 1 . Il vaut beaucoup mieux ne point ^r. Bonum

^ 1 • • . 1 ' ï est non ma«-

manger de chair et ne point boire de ducaiecarn^^, vin que , par Tusase ou de la chair ou ^' "°" '^''^^'^

^ ' r o viniim , neipie

du vin, ou de quelque autre chose que in quo frater ce soit , de donner occasion de chute am scandaiizaau prochain , soit qu^l vous imite con- '"'" » ^"' '"'''''

1^ / ^ . . . matur.

tre sa conscience , soit qu'il vous juge

témérairement, soit que, scandalisé par

vous , il en devienne plus faible en la

foi.

Tout doit cédera la charité, et non- seulement il faut s'abstenir des choses illicite» $

niais même des permises , quand la charité du prochain le requiert.

22. Tu Cdem 22 . Voiis qui êtes mieiix instruit dans iiabes î pênes j^^ Jqj yQus crovez et VOUS avcz raison

lemelipsum ha- . .

be coram Deo. de d'oirc qivil n'y a plus de viandes immondes. Gardez cette croyance dans votre cœur et devant Dieu ; mais ne la faites pas paraître au dehors , et n'en usez pas avec le scandale de votre frère. Saint Paul adresse les paroles suivantes aux faibles qui, croyant qu'une chose n'est pas permise , par exemple , de manger de la chair de porc , en mangent pourtant contre leur conscience, excités par l'exemple d'autres qui en mangent.

Beatiis, qui Hcurcux cclui qui ne se condamne

non iudicat se- , . a -i . , .

metipsum in 60 P^s lui-meme dans son mterieur , en quod piobat. approuvant quelque chose à l'extérieur; c'est-à-dire, heureux celui qui n'agit pas contre sa conscience , poussé par le mauvais exemple des autres , ou par quelque motif que ce soit.

a3. Qui au- 25. Mais cclui qui , doutant si une

tem discernit , i . • „ j. l .

si manducave- chosc cst pcrmisc OU nou , ct , dans cet -it , damnatus ^{j^t Jg doutc , ne laissc pas d'affir , et

est : quia non ^ *-" .

ex fide. mange , par exemple , de la chau* de

porc, celui-là est coupable de péché, et est déjà condamné par sa propre conscience qui lui disait que cela n'est pas pormis.

CHA.PITRli MV. 276

Or tout ce qui se fait contre la cons- Omne amem cience , ou contre la croyance qu'une f^° ^j^"" ,g^î cliose soit permise , est péché. *^""""^ "'•

COROLLA.IRE DE PIÉTÉ

En premier lieu.

Que les savans et les plus forts apprennent de saint Paul la manière chariiable de corriger et d'instruire les plus faibles : Infirmum infideassumite, etc.

Recevez avec charité celui qui est faible clans la foi , et le regardant comme votre frère , instruisez - le , aidez-le , soutenez-le ^ donnez-lui la main., dit la version syriaque , comme on la donne à un liomme faible et qui ne peut marcher seul.

Que le fort sache donc s'affaiblir avec les faibles , afin de les fortifier; qu'il soit leur père, leur frère , et qu'il les traite avec amour; qu'il ne les méprise pas; qu'il ne les reprenne pas avec aigreur; qu'il ne conteste pas avec eux : la con testation aigrit et rebute ; la condescendance adoucit et gagne le cœur.

En second lieu.

Apprenons tous du même apôlre

zy'o ÉPÎTnn aux romains.

combien il est dangereux de juger nos frères , combien c'est un grand mal, et combien nous commettons en cela d'injustices.

I .» Nous n'avons pas le droit et le pouvoir de les juger. Notre frère est chrétien, il est serviteur de Dieu, il lui appartient ; il n'y a que Dieu qui ait droit de le juger. Qui êtes-vous donc, vous qui jugez le serviteur de Dieu ? Par votre jugement vous faites tort à Dieu dont vous usurpez le droit.

2 .o Nous n'avons pas la science nécessaire pour bien juger; ?ious ne connaissons pas l'esprit, le cœur, l'intention de nos frères ; de là vient que sou vent nous condannions comme coupable celui qui est juste devant Dieu , et qui, par la même chose que nous condamnons, glorifie Dieu, dont il veut en cela la gloire. Votre jugement est donc injurieux à votre prochain ; vous condamnez un homme qui est juste aux Vers. 6. J^ux de Dicu.

3.0 Par ce même jugement nous faisons une très -grande injure h Jésus- Christ dont nous violons les droits ; il est mort et ressuscité afin qu'il fût 1

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