‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 204 sur 224 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

ANALYSE

Premièrement, saint Paul exhorte spécialement les plus forts à supporter charitablement les faibles ; à ne se pas complaire en eux-mêmes , soit pour leur science, soit pour leur vertu ; à ne pas s'attacher à levirs propres commodités , mais à s'étudier à l'édification et à la sanctification de leur prochain, comme Jésus-Christ a supporté nos faiblesses , et est mort povu' nos péchés , comme il ne s'est pas plu en lui-même et n'a pas recherché ses commodités , mais a vécu tout entier pour nous et pour notre salut. Vers. 1-4.

Secondement , il souhaite , par forme de bénédiction, une parfaite concorde entre tous les Romains , soit juifs, soit gentils ; et afin d'éteindre toute dissension entre eux, il leur propose encore une fois l'exemple de notre Seigneur Jésus- Christ qui , par miséricorde pour l'un et l'autre peuple , s'est chargé du salut d'eux tous. ^-7.

Que les gentils fassent réflexion que notre Seigneur Jésus-Christ a été jviif , le ministre et l'apôtre des juifs : mais que les juifs con- la-iS, sidèrent que Dieu a prédit par les prophètes, qui étaient juifs, qu'il attirerait les gentils à la foi II leur souhaite aux uns et aux autres la grâce de Dieu.

Troisièmement, ayant à finir sa lettre, il adoucit par les louanges qu'il donne aux Romains ce qu'il peut leur avoir dit de trop

i8o iPÎTRE AUX ROMAINS.

dur ; il leur fait entendre qu'il n'était pas nécessaire qu'il leur écrivît , parce qu'ils sont pleins de science et de charité ; il excuse la liberté qu'il en a prise ; il dit qu'il n'a rien fait en cela que pour satisfaire à sa qualité d'apôtre des gentils. Il leur raconte en peu de mots le fruit de son Evangile qu'il a prêché le premier depuis Jérusalem jusqu'à l'Il-

Virs. 14-21. *y^^<^-

Quatrièmement , il s'excuse sur ses grands

voyages de ce qu'il n'a pu encore les aller voir; il leur promet qu'il satisfera enfin au désir qu'il en a depuis long-temps ; mais auparavant il va à Jérusalem y porter les au niônes des Eglises de Macédoine et de l'Achaïe ; il les conjure de prier pour lui , afin qu'ayant achevé heureusement son voyage de Jérusalem , il vienne à eux avec joie , s'il plaît à Dieu.

t. Dehemiis Non-seulementnous clevons CH toiilc aiitem, nos fir- manière éviter de donner du scandale,

miores , imbe- , *

ciiiitates infii- mais de dIus nous devons , nous qui

monimsustine- ^ c i •

re, et non no- sommes plus torts , supportcr charitabis piacere. blement les faiblesses des autres , et ne pas nous complaire vainement en nousmêmes , ou pour notre science , ou pour notre vertu.

Novs devons : c est ime obligation de la charité fratemede, gueiespius forts, les plus savans , les plus avancés dans la vertu , sup-

cnAriTRE XV. 281

portent avec douceur et charité les ignorances et les faiblesses des moins forts. C'est pour cela que la science , la force et la vertu leur sont données , et non pour se complaire, se satisfaire en eux-mêmes. Voy.lecoroU

^ laire,

2. Mais plutôt que chacun de nous , 2. Unusquii S oubliant soi-même , s étudie a plaire a proximo suo son prochain , et de le servir en ce crui p'aceat in boregarde son salut et peut le rendre meil- cationem. leur.

Remarquez la différence de la complaisance que la charité nous inspire , et de la complaisance que la cupidité donne. Celle-ci rend complaisant dans le mal et pour le mal ; cellelà nous rend complaisant dans le bien et pour le bien ; la charité s'étudie à sauver ; la cupidité damne par la vanité et par la flatterie.

Eleniin non si-

3. Car Jésus-Christ, notre commun cinisius modèle , tandis qu''il a été sur la terre , ^.' p'^<="'^' sed,

, ^ . sicut scnpliim

ne s''est point complu en lui-même , n'a est ; imprope-

. . 1 1 /■ • . ' *. • 1 A lia impropeian

point cherche ses intérêts, mais les no- tium libi ceci. très , comme il le dit par la bouche de ''^'■""' ^"r^"^ David : Les injures que les hommes vous ojit faites, 0 mon Père, sont retombées sur moi; je m^en charge et je ni' engage de satisfaire pour eux à votre justice.

Comme donc Jésus-Christ s'est chargé de nos péchés et de la peine qui leur était (hie , nous devons , à son exemple , nous charger des faiblesses de nos frères , et ne leur pas refuser nos soins pour les sauver

4. Quœcum- 4* ^ar ccla a tellement été prédit îa'smiTradTo^s- ^^ Je'sus-Cliiist , qu'il a été écrit aussi iram docirinam pour nous instruire de notre devoir ,

scripta sunt : ut "^ , 1 • -ri •

perpatientiam, puisquc toiite Li saïute Ecriture est or-

et consolaiit i /■ •.•«..• a

nem scriptuia- clonnec poumotre instruction, ahnque, nim , spem ha- p^p Ja paticncc à laquelle elle nous ex

beamus. *, ' -^

Cite par les exemples des saints et de Jésus-Christ, et par la consolation qu'elle nous fournit par ses divines paroles , nous concevions une ferme espérance du bonheur éternel qu'elle nous promet.

La patience , la consolation , l espérance sont les fruits de la lecture de la sainte Ecriture ; elle est tout ordonnée à l'instruction de notre foi, à l'affermissement de notre espérance , à l'accroissenient de notre charité.

De là inférez dans quel esprit et pour quelle fin vous la devez lire.

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