VIII. Faux
Les épreuves intérieures ôtent pour toujours les grâces sensibles et les grâces apperçûës. Elles suppriment pour toujours les actes distincts de l'amour et des vertus. Elles mettent une ame dans une impuissance réelle et absolue de s'ouvrir à ses supérieurs, ou de leur obéïr par la pratique essentielle de l'Evangile. [79] Elles ne peuvent être discernées d'avec les tentations communes. On peut, dans cet état, se cacher à ses supérieurs, se soustraire au joug de l'obéissance, et chercher dans des livres ou dans des personnes sans autorité le soulagement et la lumière dont on a besoin, quoique les supérieurs le deffendent.
Le Directeur peut supposer qu'on est dans ces épreuves, sans avoir auparavant éprouvé à fonds l'état dune ame sur la sincérité, sur la docilité, sur la mortification, sur l'humilité. Il peut d'abord appliquer cette ame à purifier son a»our de tout interest propre dans la tentation, sans lui faire faire Mewa acte intéressé
pour résister à la tentation qui la presse. [80] Parler ainsi, c'est empoisonner les aines ; c'est leur ôter les armes de la Foi nécessaires pour résister à l'ennemi de notre salut ; c'est confondre toutes les voyes de Dieu ; c'est enseigner la rébellion et l'hypocrisie aux enfans de l'Eglise.
Articlb IX. Vray
Une ame qui dans ces épreuves extrêmes s'abandonne à Dieu, n'est jamais abandonnée par lui. Si elle demande dans le transport de sa douleur à être délivrée, Dieu ne refuse de l'exaucer qu'à cause qu'il veut perfectionner sa forme dans l'infirmité, et que sa grâce lui suffit. Elle ne perd en cet état [81] ni le pouvoir véritable et complet dans le genre de pouvoir pour accomplir réellement les préceptes, ni celui de suivre les plus parfaits conseils suivant sa vocation et son degré présent de perfection, ni les actes réels et intérieurs de son libre arbitre pour cet accomplissement. Elle ne perd ni la grâce prévenante, ni la Foi explicite, ni l'espérance en tant qu'elle est un désir et une attente désintéressée des promesses, ni l'amour de Dieu, ni la haine extrême du péché même véniel, ni la certitude intime et momentanée qui est nécessaire pour la droiture de la conscience. Elle ne perd que le goût sensible du bien, que
[81 1... un désir désintéressé des promesses... ...la haine infinie du péché...