I 4- 3 JANVIER. SAINTS GENEVIÈVE
EpÎtre. a Cor. 10 et 1 1.
Tous ne sont pas appelés à l'état de virginité parfaite, mais tous les chrétiens sont destinés à être unis à Dieu en Jésus-Christ par la foi, par l'obéissance, par la charité. C'est ce que saint Paul nous apprend dans l'épîlre de ce jour, lorsqu'après s'être excusé sur les louanges qu'il est forcé de se donner dans l'intérêt de son ministère , il dit aux Corinthiens qu'il avoit convertis à l'Evangile : Je vous aime pour Dieu d'un amour de jalousie, le zèle de votre salut me presse vivement, car je vous ai fiancés à votre unique époux, qui est Jésus-Chrîstj et je veux vous présentera lui comme une chaste vierge, pure de lidélité , d'obéissance et d'amour. Quelle haute idée nous donne ici l'apôtre de la religion , nous la présentant comme l'alliance de Dieu avec le cœur de l'homme, alliance dont les fiançailles se célèbrent dans cette vie , dont la consommation se célèbre dans le ciel ! Mais il faut que l'ame ainsi fiancée se conserve vierge dans sa foi , pure dans sa conduite, pour mériter d'être présentée un jour aux noces éternelles du divin époux. Nous trouvons à l'autel le gage de cette foi donnée et de cette heureuse union .
Graduel. Osée, 2.
Si vous voulez entrer généreusement dans cette belle alliance , si vous y consentez de tout votre cœur, je vous rendrai pour jamais mon épouse, par la justice, l'équité et la miséricorde que vous garderez à mon égard, comme une fiancée fidèle, et que j'exercerai envers vous comme le meilleur des époux. Je vous épouserai donc par la foi que je vous donne, et que vous me tiendrez pure et inaltérable j et vous saurez que je suis le Seigneur, vous ferez la douce expérience des richesses de ma puissance et de ma bonté. Ces magnifiques promesses se sont accomplies en la personne de Geneviève : puissent-elles s'accomplir en chacun de nous ! Alléluia. Ps. 72.
L'époux a parlé et a promis, c'est à l'épouse main-
3 JANVIER. SAINTE GENEVIÈVE. il5
tenant de promettre et de répondre : Oui , il m'est bon de m' attacher au Seigneur, et de mettre dans le Seigneur Dieu mon espérance. Alors l'union est ratifiée, et la fidélité doit être gardée jusqu'à la mort.
Evangile. Matth. 25.
L'ame chrétienne , liée à Jésus-Christ par les promesses du baptême si souvent renouvelées, est donc dans le royaume de Dieu semblable à une vierge fiancée qui attend l'époux, et qui doit se tenir toujours prête à aller à sa rencontre, quand il viendra redemander la foi qu'on lui a jurée ; et parce qu'on ne sait ni le jour ni l'heure de cette venue, il faut veiller sans cesse , tenir en main la lampe de la fidélité toujours entretenue par l'huile de la grâce et des bonnes œuvres. Mais , hélas ! parmi tant d'ames destinées aux noces spirituelles de l'Agneau, les unes se conduisent comme des insensées, les autres sont sages : les unes ne font pas provision d'huile , et vivent au hasard; les autres s'approvisionnent prudemment , et marchent avec une précaution toute chrétienne. Au milieu de la nuit, au moment où l'on croit pouvoir se livrer au repos, un cri se fait entendre : Voici ï! époux , altez audevant de lui-, on veut alors réparer son imprudence, on s'agite ; mais l'époux entre dans la salle des noces, c'est-à-dire dans le ciel ; les vierges sages le suivent avec bonheur, la porte se ferme, et les âmes imprudentes viennent trop tard ; la porte ne s'ouvre plus, et l'époux déclare à celles qui frappent pour se faire ouvrir qu'il ne sauroit les reconnoître. Sainte Geneviève fut du nombre des vierges sages et trèssages, et elle est admise aux noces éternelles, portant dans ses mains la lampe d'une constante charité. Quelque chose de ce qui se passe ainsi à la vie et à la mort , se trouve eu abrégé dans la messe ; là aussi nous attendons l'époux qui doit venir dans nos âmes ; il faut dès avant le sacrifice, et à mesure que l'action sacrée s'avance , préparer la lampe, ce qui peut désigner l'éclat de la foi, l'ardeur de la charité , l'esprit de sacrifice qui se
1 l(> i JANVIER. SAINTE GENEVIEVE.
consume devant Dieu. Au milieu de» saints mystères et dans le silence le plus solennel , un cri de joie se fait entendre : Voici l'époux, allez au-devant de lui 5 heureuses alors les aines bien préparées à le suivre, et malheur à ces arnes légères et dissipées pour qui s'ouvre et se ferme la porte du sanctuaire , sans qu'elles s'en soient presque aperçues • trop heureuses encore si, marchant enfin avec plus de sagesse -, elles évitent le malheur de voir se fermer irrévocablement les portes des tabernacles éternels !
Offertoire. Ca?it. 8.
Les lampes que Geneviève porta au-devant du céleste époux furent des lampes de feu et de flammes, sa foi fut vive et ardente ; les grandes eaux des épreuves et des tribulations d'une vie longue et agitée ne purent éteindre la char if é dont brûloit son cœur. Voilà la lampe que nous devons porter aussi devant Dieu, voilà les dispositions ferventes qui doivent nous accompagner à l'offrande du sacrifice, dispositions de foi , d'amour , d'immolation , que nous rappelle le cierge que l'on* porte à l'autel au moment de l'offertoire ; que rien au monde ne puisse éteindre une charité si belle etsjpure ! Alléluia.
Secrète.
Puisque nous vous offrons, Seigneur^ des pirières et des oblations, en honorant aujourd'hui votre vierge sainte Geneviève, faites que cet honneur insigne, que nous lui rendons à votre autel, ne soit pas stérile et sans fruit , et qu'à son exemple, nous unissions sans cesse à votre sacrifice l'offrande d'une vie pure et innocente à l'égard de notre Dieu , humble et pénitente à l'égard de nous-mêmes, patiente et douce à l'égard du prochain ; telle est l'immolation de notre coeur, dans laquelle nous voulons persévérer jusqu'à la mort .
Préface des Saints.
Dans cette préface, l'Eglise rend grâces à Dieu de ce que la gloire de tous les Saints ne fait que pu-