LK LUNDI DE RAQUE
le triomphe de Jésus-Christ la tendre sollicitude qu'elle conserve pour ses enfans régénérés dans le eaux du baptême; et si sa discipline a changé par rapport à ce baptême général et solennel , nous savons que ses vœux et sa tendresse s'adressent aux chrétiens régénérés par la confession et la communion pascale. C'est donc aux fidèles sortis des eaux de la pénitence, et introduits à la table délicieuse de leur Dieu, que l'Eglise adresse ces paroles de l'Exode en les amenant aujourd'hui au saint autel : Le Seiyneur vous a introduits , dans ces saints jours , dans une terre où coulent le lait et le miel, où un Dieu se fait la nourriture des petits et desfoibles ; mais c'est afin que la loi du Seigneur soit toujours dans votre bouche; c'est afin que votre fidélité , attirée par tant de consolations spirituelles , soit persévérante ; c'est afin que la loi divine soit encore plus douce à votre cœur et à votre volonté que le miel le plus pur ne l'est à votre bouche. Nous sommes donc conduits de nouveau à l'autel pour confirmer nos espérances et pour sceller à jamais nos résolutions , en goûtant encore combien le Seigneur est doux, et combien est heureux l'homme qui espère en lui. Bénissez le Seigneur, chrétiens qu'il a ramenés à sa grâce et à son amour, parce qu'il est bon , parce que sa miséricorde est éternelle j parce que vous avez fait la plus douce épreuve de ses prévenances et de sa générosité.
Collecte.
O Dieu qui } dans la solennité de Pâque , avez appliqué au monde les plus puissans remèdes > en détruisant dans les âmes le péché , source de nos misères et de nos malheurs en cette vie et en l'autre , accompagnez toujours votre peuple de cette grâce céleste , qui fait germer le bonheur sur la terre, et qui le couronne dans les cieux, afin qu'il mérite d'obtenir une liberté parfaite , c'est-à-dire , qu'après avoir passé de l'esclavage du péché à la liberté de vos entans, il passe encore de cette liberté, qu'il peut perdre ici bas, à la liberté parfaite que rien ne pourra lui ravir un jour- et afin qu'il marche heureusement
ititi LE LUNDI DE PAQUE*
vers la vie éternelle, c'est-à-dire qu'après avoir passé delà mort de l'ame à la vie de la grâce, il passe en core de la vie de la grâce à la vie de la gloire et du bonheur sans fin. On voit clairement que la persévérance dans l'amour et le service de Dieu est le grand objet des vœux de l'Eglise pendant cette so le miellé octave.
Epître. Àci. 10.
Nous lisons dans ce passage des Actes des apôtres le témoignage que saint Pierre rend à la résurrection de Jésus-Christ : Dieu , nous dit-il , Va ressuscité le troisième jour > et a manifesté la nouvelle vie de son Fils glorieux , non à tout le peuple qui , ne pouvant , à cause de sa multitude , saisir le miracle de près , et pouvant se laisser électriser par un enthousiasme général , auroit pu donner dans l'illusion sans le vouloir, mais à des témoins que Dieu s'étoit choisis d'avance y à nous qui avons mangé et qui avons bu avec lui après qu'il est ressuscité d'entre les morts , qui par conséquent avons pu saisir le miracle , le toucher du doigt, et le peser à froid, malgré notre répugnance à le croire et notre incrédulité trop exigeante ; voilà le témoignage grave et éclairé que l'Eglise cite encore à l'appui du fait central sur lequel reposent notre foi et notre espérance en Jésus-Christ. Mais il est à remarquer, i° pour la consolation de cette foi, que les apôtres, qui auroient pu se contenter de rappeler et la doctrine du Sauveur pleine de l'esprit de Dieu, et ses miracles opérés par la vertu d'en haut , et ses bienfaits sur les infirmes et sur les malheureux, pour attirer les peuples à la suite de Jésus-Christ , et pour conclure fortement que Dieu ètoit avec lui , font toujours de la résurrection le point central de leurs prédications , auquel ils ramènent tout le reste , et sans lequel ils ne semblent compter pour rien toutes les autres preuves de la mission divine de Jésus-Christ. Or, si ce fait eût été non -seulement faux, mais même obscur et contestable , le moindre degré de bon sens n'indiquoit-il pas de le passer sous silence , et de se borner aux autres preuves si multipliées , si avérées ,