‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 63 sur 95 · LE MARDI DE PAQUE · texte numérisé non relu

LE MARDI DE PAQUE

Fête à dévotion.

DOUBL E-M AJEUK.

Introït. Col. 2. Ps. io5.

L'Eglise s'adresse encore , aujourd'hui et pendant toute l'octave , aux nouveaux baptisés et les entretient de la «race du. baptême qu'ils ont reçue ; mais il faut appliquer maintenant , comme il a été dit , ces souvenirs de l'antique discipline au baptême laborieux de la pénitence , et au renouvellement des chrétiens parles exercices du Carême et par le devoir pascal. Fous avez été ensevelis avec Jésus- Christ par le baptême , nous dit l'Eglise en approchant du saint autel , et vous êtes ressuscites avec lui , en croyant que la toute-puissance divine Va ressuscité d'entre les morts. Le baptême représente la sépulture et la résurrection du Sauveur : sa sépulture par l'immersion du baptisé , sa résurrection par la sortie des eaux ; car, dans les premiers siècles , le baptême étoit ordinairement conféré par immersion ; on plongeoit entièrement et par trois fois dans l'eau le catéchumène. Or, de même que Jésus-Christ a été enseveli trois jours dans la terre , ainsi le baptisé est trois fois plongé et comme enseveli dans l'eau ; et de même que Jésus-Christ est sorti du tombeau le troisième jour pour mener la vie de la gloire , ainsi le baptisé sort de l'eau après la triple immersion pour vivre selon la axàce ; donc le baptême est une mort et une résurrection , une mort au pecne pour ne plus jamais y vivre , une résurrection à la grâce pour y persévère!

LE MAKDI DE PAQLE. 2ijJ

et y faire toujours du progrès. On en doit dire autant proportionnellement du sacrement de pénitence , où le péché est enseveli dans l'aveu, dans la douleur et dans le ferme propos , et d'où l'on sort vivant par l'absolution , pour réparer le passé et mener une vie nouvelle. Dans l'un et l'autre cas , c'est la même puissance qui a ressuscité Jésus-Christ pour notre justification , qui nous fait passer du péché à la grâce par l'eau sainte ou par les larmes de la pénitence. La messe , qui renouvelle réellement la passion et la résurrection de Jésus-Christ , est aussi un baptême , en ce sens que le Sauveur disoit de son dernier sacrifice : J'ai un baptême dont je dois être baptisé, et dont il disoit aux deux de Zébédée : Vous serez plongés dans le baptême où je serai plongé moi-même , en participant à ma mort et à mes souffrances. Ne nous contentons donc pas de bénir ici le Seigneur des effets admirables du baptême et de la pénitence , venons à l'autel sceller du sang d'un Dieu les obligations qu'ils imposent ; plongeons-nous par trois fois dans le baptême du sang de Jésus-Christ , à l'offrande , à la consécration et à la communion , et sortons de ce bain sacré avec une vie , non-seulement renouvelée , mais affermie , mais inébranlable , mais éternelle. Rendez grâces au Seigneur, heureux fidèles , comblés de tant de bienfaits au baptême , à la pénitence et au saint sacrifice , bénissez-le parce qu il est bon , parce que sa miséricorde est étemelle.

Collecte.

L'oraison collective va demander la conséquence pratique des bienfaits célestes que nous venons de chanter dans le psaume de l'entrée à l'autel. 0 Dieu! gui ne cessez d'enrichir notre Eglise parles nouveaux enfans que vous lui donnez en ces jours de renouvellement et de retour au salut 5 faites qu'une vie sainte conserve en vos serviteurs la justice que la foi leur a communiquée dans le baptême. La foi qu'ils ont réveillée dans leurs âmes les a conduits au baptême ou à la pénitence, ces sacremens leur ont conféré la justification et la grâce ; mais faites encore, Seigneur,

i*J^ LE MARDI DE PAQUI.

qu'une vie constamment sainte et conforme à ce qu'ils croient et à ce qu'ils ont reçu , conserve en eux les dons de votre bonté et de votre miséricorde : qu'ils viennent à l'autel puiser le soutien et Paflermissement de cette vie spirituelle , en mangeant le pain descendu du ciel et qui donne la vie au monde.

Epître. Act. i3.

Saint Paul est appelé aujourd'hui à rendre son témoignage sur le grand fait de la résurrection : et , comme nous le remarquions hier, saint Paul aussi semble ne compter pour rien et l'accomplissement des prophéties par la naissance du Messie dans la famille de David , et l'admirable préparation du ministère du Sauveur par la prédication de Jean-Baptiste , et cette doctrine du salut qui ne pouvoit sortir que de la bouche d'un Dieu , et l'innocence de sa cause publiée par ses juges et par ses accusateurs , et tant d'autres preuves de la mission divine de Jésus-Christ, pour ne s'arrêter qu'à la preuve centrale et fondamentale de la résurrection. Dieu, dit cet apôtre, Va tiré du tombeau le troisième jour > et les témoins auxquels il a été manifesté durant plusieurs jours sont encore debout au milieu de nous. Ainsi donc nous vous annonçons cette grande promesse que Dieu a faite à nos pères, et qu'il a fait voir accomplie à nous qui sommes leurs enfans, promesse de ressusciter Jésus , selon qu'il est écrit dans le second psaume : Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd'hui^ je vous ai donné une nouvelle vie en vous arrachant du tombeau, malgré le frémissement des nations, les vains complots des peuples , et la ligue des puissances de la terre. Encore une fois, si le fait de la résurrection n'eût pas été évident et hors d'atteinte, conçoit-on que les premiers prédicateurs de l'Evangile eussent négligé tant d'autres preuves incontestées pour ne s'attacher qu'à une preuve contesfable ?

Graduel. Ps. 117 et 106.

Chantons donc de nouveau, à la gloire de ce fon~

Page 1