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laquelle Israël délivré des ténèbres de l'Egypte, marqué du sang de Pagneau , et conduit dans le désert par la colonne de nuée lumineuse , fut introduit dans le royaume de Chanaan promis à Abraham et à sa postérité ; foible image de la pàque nouvelle, dans laquelle Jésus-Christ passe pour nos péchés de la vie à la mort, pour notre justification de la mort à la vie, et pour notre gloire de ce monde vers son Père ; pâque admirable, par laquelle nous passons nous-mêmes , marqués du sang d'un Dieu , des ténèbres à la lumière de la foi , de l'esclavage du péché au royaume du ciel que le Sauveur a acquis par son sang pour tous ceux qui se montreront ses enfans fidèles. C'est pour exprimer cet effet mystérieux de la pâque, que l'on porte, en tête de la procession qui se fait pendant toute cette octave aux fonts baptismaux, une colonne de cire allumée que nous appelons cierge pascal , et c'est pour la même raison que cette colonne ou cierge pascal brille pendant tout ce temps au milieu de l'assemblée des fidèles , comme poulies diriger à travers le désert de cette vie jusqu'au royaume du ciel où se termine notre pâque et notre passage.
( On dit la prose de Pâque. )
Evangile. Luc, i!\.
Le récit que fait aujourd'hui saint Luc de la manifestation de Jésus ressuscité est bien propre à affermir de plus en plus notre foi au mystère de la résurrection. Tout soupçon d'illusion et d'imagination de la part des apôtres est entièrement détruit : loin de prendre une vision fantastique pour une réalité, ces témoins sincères et irrécusables prennent une réalité pour un fantôme , ils ont besoin que Jésus- Christ leur dise de bien considérer de leurs yeux et de toucher de leurs mains son corps plein de vie ; et comme ils ne se rendent pas encore à cette investigation si satisfaisante , le Sauveur mange en leur présence et avec eux pour ne plus leur laisser aucun doute. Certes , voilà des témoins qui n'ont pu être trompés ni se tromper, et qui pouvoient dire hardi-
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ment en rendant témoignage à la résurrection : Nous vous annonçons ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, ce que nos yeux ont examiné avec soin, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie, et après avoir signé de notre sang cette déposition si éclairée, vous pouvez vous réjouir de ce mystère avec une joie pleine et sans crainte. Nous allons aussi nous-mêmes à Pautel manger avec ce Dieu ressuscité : que dis-je ? c'est ce Dieu lui-même qui est mort et qui est sorti du tombeau , qui va devenir au sacrifice notre nourriture, et nous donner par là le souvenir et le fruit de sa passion et de sa résurrection ; prions-le donc de nous ouvrir l'esprit , de nous faire comprendre les Ecritures, non-seulement sur le fait du mystère qui est le fondement de notre foi et de notre espérance, mais encore sur la grâce du mystère qui doit être le modèle d'une vie pénitente et justifiée, et le gage de l'immortalité glorieuse que nous attendons.
Offertoire, i Pierre, 3.
Jésus-Christ a souffert la mort une fois pour nos péchés j dans une seule immolation, pleine d'une vertu infinie , il a consommé pour jamais la sanctification du monde , et la messe n'est que l'oblation mille fois répétée de ce sacrifice unique pour nous en appliquer le prix ; ce qui fait qu'il y a identité parfaite entre ce qui est offert tous les jours sur l'autel et ce qui a été offert une seule fois sur le Calvaire. Le juste par excellence s'est dévoué aux tourmens et à la mort pour les injustes, pour satisfaire à leur place , et leur donner une justice intérieure qu'ils ne pouvoient pas acquérir d'eux-mêmes. Mais là ne se borne pas tout l'efficace de la croix , Jésus-Christ est mort dans sa chair, et il s'est vivifié par l'esprit en réunissant son ame sainte à son corps glorieux , afin de nous offrir à Dieu comme les membres sanctifiés d'un chef auteur de la sanctification , et pour ne plus faire de tout le corps qu'une seule victime agréable au Seigneur. La résurrection est donc le complément du sacrifice de la croix , et l'ascension en est