‹ Explication des ouvrages de peinture, sculpture, gravure, lithographie et architecture des artistes vivants, étrangers et français, exposés au Palais des beaux-arts ... le l5 mai 1855Chapitre 19 sur 84 · A LA SUITE DE L’EXPOSITION DE · texte numérisé non relu

A LA SUITE DE L’EXPOSITION DE

(j Extrait du Moniteur du 27 juillet 1853.)

La distribution des récompenses accordées aux artistes qui se sont distingués à l’Exposition de 1.858 a eu lieu aujourd'hui dans le grand salon carré du Louvre. A droite de l’estrade étaient placés MM. les membres du jury; à gauche, MM les membres de l’Académiedes beaux-arts. Un nombreux public, composé en grande partie de jeunes artistes et de leurs familles, remplissait le reste du salon.

A trois heures précises, S. A. I. le prince Napoléon, accompagné de M. Achille Fould, ministre d’État et de la Maison de l’Empereur, et suivi des officiers de sa maison, a été reçu au pied du grand escalier par M. le comte de Nieuwerkerke, directeur général des Musées impériaux, et par MM. les secrétaires généraux du ministère de la Maison del’Empereur et du Ministère d’État.

Le prince a pris place au fauteuil, ayant à sa droite M. le

Ministre d’État, à sa gauche M. leeomte de Nipuwerkerke, et a prononcé l'allocution suivante :

« Messieurs,

« Nulle mission ne pouvait m’être plus agréable que colle qui m’est confiée aujourd’hui par l’Empereur. Je suis fier et heureux de venir en son nom encourager les efforts et récompenser le mérite des artistes qui ont paru avec le plus d’éclat à l’Exposition de cette année.

« Dans notre pays d’égalité, où le partage des fortunes tend h niveler les conditions en universalisant le bien-être, l’Étal doit se substituer aux particuliers , afin d’accomplir ce qu’ils ne pourraient tenter par eux-mêmes. De la les encouragements nombreux que le Gouvernement accorde et les dépenses qu’il fait pour maintenir l'art en France au degré d’éclat et de grandeur où il est panenu.

« Aucun des régimes précédents n'y a manqué, rendonsleur celle justice; mais qu’il me soit permis de dire avec le même sentiment d’équné, que jamais un champ plus vaste ne fut ouvert aux arts que par l’Empereur actuel. En fautil d’autres preuves que l'impulsion générale donnée à tous les travaux d’embellissement de la c pitale, et surtout l'achèvement du Louvre?

«* C’est une grande et féconde pensée, Messieurs, que d’avoir rattaché l’inauguration du nouveau Louvre qui s’élève, à l’ouverturede l’Exposition décrétée pour 1855, Exposition universelle où viendront s’étaler, auprès des produits de l’industrie du monde entier, les œuvres d’arl de quelques peuples privilégiés, parmi lesquels la France tient le premier rang. Mieux qu’aucun autre, elle a su jusqu’à ce jour, parle goût, qui est une des puissances de l’art, ennoblir le domaine de l’industrie, et nous avons le droit d’espérer, en présence des travaux que nous venons couronner

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aujourd’hui, qu'en 1855 notre belle et chère patrie se montrera digne d’elle-même. »

Après ce discours, suivi d'applaudissements chaleureux, M. le Ministre s’est exprimé ainsi:

« Messieurs,

a L’Empereur, en me chargeant de vous remettre les récompenses décernées par le jury, m’a confié une mission qui rn’esl bien douce. Je suis heureux de me trouver entouré de l’élite de nos artistes et de pouvoir les féliciter de leur légitime succès. Dé;à l’alflience extraordinaire attirée par l'Exposition vous a montre combien le pays s’intéresse à vos travaux. En France la prospérité les arts est un bonheur public leur décadence semblerait un pas rétrograde dans la marche de la civilisation.

« A de rares intervalles, quelques hommes semblent choisis par la Providence pour présid *r à ces époques de rénovation ou se manifestent à la fois toutes les pro ludions du génie. Dans les arts on citera toujours les siècles de Périclès et île Léon X -, dans les lettres, le siècle d' Auguste et celui de Louis XIV. L’honneur J attacher son nom a ces époques signalées par les p'us beaux développements de l’intelligence est sans doute le plus grand que puisse ambitionner un souverain. Si, pour l'obtenir, il sufiisait d’assurer aux études libérales le calme sans lequel eiies ne peuvent subsister, de faire régner la paix au dedans par de sages institutions, au dehors par une politique tiabiie et ferme, j'oserais prédire de quel nom notre époque s’appellera dans l'histoire. M ds, Messieurs vous le savez, ni la protection éclairée d’un prince, ni sa munificence ne peuvent créer des chefs-d'œuvre Pour les produire, il faut l'amour de l'art, une foi vive, des convictions fermes, l’étude constante du beau, 1'inspiralton, enfin, qui suit les méditations profondes.

quelque part qu’il vienne, a toujours sa place à nos fêles nationales. Pour vous, Messieurs, vous vous souviendrez que vous avez la gloire du pays à soutenir, et je suis sûr que la grandeur et l’élévation du but, en stimulant votre ardeur, assureront votre succès. » (Applaudissements unanimes.)

M. le Directeur des Musées impériaux a pris ensuite la parole en ces termes :

« Apres les paroles que viennent de prononcer S. A. I. le prince Napoléon et S. Exc. le Ministre d’Etat et de la Maison de l’Empereur, il m'est resprvé l’honneur de vous faire connaître les noms de ceux d’entre vous qui ont mérité des récompenses a ditTérents d grés.

« Quant à la liste des ouvrages distingués par le jury, elle contient heureusement les noms d’un si grand nombre d’artistes, que le Moniteur seul la fera connaître au public.

« Vous avez en cela. Messieurs, la preuve qu'au salon de 1853, la moyenne des oeuvres exposées est supérieure à celle des années précédentes. »

Voici la liste des médailles accordées :

Médailles. — l^e classe.

MM. Daubignv (Pierre-François). — Paysage.

Eénoijville Fiançois-Léon). — Histoire.

Jalvuert (Charles-François). — Histoire et portrait.

Médailles. — 2e classe.

MM. Comte (Pierre-Charles). — Genre historique.

Brion (Gustave). — Genre et paysage.

Millet (Jean-François). — Genre et paysage Lambinet (Émile). — Paysage.

MM. Kwats (Louis). — r.enre.

Maréchal lils (Charles-Raphaël). — Dessin.

Une vive émotion s'esl emparée de l’auditoire lorsque M. de NieuNverke'ke. apiès avoir nommé M. Maréchal lils, à qui une médaille a été accordée, a ajouté les paroles suivantes :

« La sollicitude de M. le Ministre ne se borne pas à récompenser le talent acquis, elle s’étend également à ceux dont le brillant début lait concevoir de légitimes espérances. C’est ainsi que, frappé des qualités réelles qui distinguent les compositions exposées celte année par M. Maréchal lils. M. le Mi nislre a décidé qu’un encouragement spécial lui seiail accordé. Au moyen d’une allocation annuelle qui sera mise à sa disposition, ce jeune artiste pourra visiter successivement l’Allemagne, l'Italie et l’Espagne, étudier dans ce» différents pays les modèles que nous ont laissés les grands maîtres, et se perfectionner dans son art. >» ils applaudissements.)

Médailles. — 3 e classe.

MM. Stfvens (Alfred). — Genre.

Van Moer. — Genre et intérieur.

Hamon (Jean-Louis). — Genre.

Stcrel M«*e) (uéeOclavie Paigné). — Pastel, fleurs et fruits.

Traver (Jean-Bapiiste-Jules). — Genre.

Cii a vet Victor . — Genre.

Deiiodkncq ( Alfredt. — Genre.

M atout (Louis). — II i-toire.

Le gentile (Louis-Victor). — Paysage.

Noël (Jules). — Paysage.

Verlat (Charles). — Genre et animaux.

Hamman (Édouard). — Genre historique.

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