‹ Explication des tables parlantesChapitre 51 sur 58 · ESPRITS EN NOUS ET HORS DE NOUS · texte numérisé non relu

ESPRITS EN NOUS ET HORS DE NOUS

Toutes les fois que Mn e H*** a regardé attentivement dans l'œil droit d'un homme, attention qui augmentait sa force visuelle et lui causait bientôt une commotion électrique , elle y a aperçu derrière sa propre image une autre image qui ne ressemblait ni à elle-même ni au propriétaire de l'œil, et qu'elle prétendait être celle d'un autre homme résidant en lui, homme tantôt plus grave, tantôt plus léger que lui. Si c'était sur l'œil gauche de cet homme que se fixait son attention, elle y voyait les organes qu'il avait malades , et les remèdes qui pouvaient les rétablir. — Dans l'œil gauche d'un borgne elle a vuà la fois sa doublure interne, ses organes malades et les remèdes à leur appliquer. Au fond de l'œil droit de plusieurs animaux elle a vu une flamme bleue qui lui a paru être un rayon de la conscience d'eux-mêmes. Elle a dit apercevoir tout cela au moyen d'un œil intérieur. Il va sans dire qu'il était facile de la magnétiser du regard. Elle a vu souvent dans des bulles de savon des individus absents ou des événements près d'arriver, mais quand on l'exigeait d'elle , elle était plus sujette à erreur. Ces visions lui étaient d'ailleurs

— 3M — pénibles , comme si elle commettait en s'y livrant de mauvaises actions. Les mots placés sur son estomac étaient facilement lus par elle. Le nom de Napoléon ainsi placé à plusieurs reprises lui a fait chaque fois entendre une marche guerrière qu'elle chantait malgré elle.

Elle voyait clairement, quand elle le voulait, ses organes intérieurs et dans son plexus une sorte de soleil rayonnant vers toutes les parties de son corps#7 mais, tout en déclarant que tous ses nerfs en étaient éclairés , elle n'a jamais pu dire si ces rayons se prolongeaient jusques à son nez et à ses tempes.

Aux hommes privés d'un membre elle voyait ce membre comme s'il leur restait, ce qui explique les souffrances que disent ressentir les amputés.

Elle disait , mais quand on la questionnait beaucoup, jamais spontanément, avoir toujours près d'elle, comme en ont eu Socrate , Platon et autres 9 un ange ou démon avertissant des dangers à éviter, non seulement elle, mais d'autres par elle. C'était l'esprit de sa grandmère , Mme Schmidt Gall. ïl était vêtu, comme tous les esprits féminins qui lui apparaissaient , d'une robe blanche à ceinture et d'un grand voile également blanc.

Mme Arnold d'ïïeilbronn a été dans le même cas , et a eu cela de particulier que plusieurs per-

sonnes présentes , encore vivantes et tout à fait dignes de foi , ont senti dans l'air les mouvements de son démon. Mme Ludwigen de Dessau ayant laissé en mourant un enfant muet et paralytique , cet enfant , que soignaient ses sœurs , recouvra la parole un jour qu'elles ne lui avaient pas apporté sa nourriture, pour leur dire que sa mère était venue y suppléer. Ce furent ses seuls mots, et il mourut. Un autre enfant, raconte Horst dans sa bibliothèque magique, avait une jambe torse; cette jambe se redressa en une nuit , et , le lendemain matin, l'enfant dit à ses frères : « N'avez-vous pas vu un petit ange ? Il m'en est venu un ; c'est lui qui , en frottant ma jambe , Ta redressée. . . »

Il n'est donc pas surprenant que madame H... se soit souvent senti magnétiser depuis la base du crâne jusqu'au creux de l'estomac par l'esprit de sa grand'mère , qu'elle en ait éprouvé un grand soulagement , et que les déplacements cités plus haut d'objets qui auraient pu lui nuire se soient produits, à la stupéfaction des assistants, sans qu'ils pussent s'expliquer comment.

Derrière une jeune personne de la connaissance du docteur Kerner elle vit un jour un garçon d'une douzaine d'années. Le docteur questionna à ce sujet la jeune personne, et, après avoir cherché

dans sa tête ce que cette apparition pouvait être , elle lui dit avoir perdu , à quelques années de là, un petit frère qui aurait eu précisément douze ans au moment du phénomène.

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