DE L'ORAISON DOMINICALE
= D. Quelle est la meilleure prière que nous puissions faire? — - R. C'est le Pater, que nous appelons l'oraison dominicale.
Explication. — Il y a un grand nombre de prières ou formules autorisées par l'Église ; les livres de piété en sont remplis , et nous en citerons bientôt un certain nombre auxquelles les souverains pontifes ont attaché des indulgences. Mais la meilleure de toutes, la plus excellente et la plus parfaite, est l'oraison domiïj^ale, qu'on appelle communément le. Pater, parce que, en latin, elle commence par ce mot.
= D. Pourquoi appelez-vous cette prière Voraison dominicale? — R. Parce que c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous l'a luimême enseignée et recommandée.
Explication. — Le mot oraison signifie la même chose que prière; dominicale vient du mot dominicus (a), qui signifie du Seigneur, appartenant au Seigneur. Ainsi , oraison dominicale veut dire la même chose que la prière du Seigneur, la prière de Jés'is-Christ, la prière qui lui appartient spécialemant, puisque c'est lui qui en est l'auteur. Le Credo a été composé par les Apôtres. L'Ave, Maria, comme nous le verrons bientôt, se compose des paroles de l'ange Gabriel, de celles que sainte Elisabeth adressa à Marie, et de celles que l'Église y a ajoutées ; mais le Pater a été composé par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même. — Non-seulement ce divin Sauveur a composé le Pater, mais il a recommandé aux apôtres, et dans leur personne à tous les fidèles, de le réciter souvent. Convaincus de la nécessité de la prière, les apôtres lui dirent un jour : « Seigneur, apprenez-nous à prier, a Alors le Seigneur leur
dicta cette courte mais admirable prière que l'Église met si souvent dans notre bouche, et dont elle fait un si continuel usage : a Lorsque vous prierez, vous direz : Notre Père, o qui êtes aux deux, que votre nom soit sanctifié, etc. (i). » Tout près de Jérusalem, à quelques pas de distance de la grotte où fut composé le symbole (2) des apôtres, Ton rencontre les ruines ou plutôt l'emplacement désert d'une chapelle : une tradition constante enseigne que Jésus- Christ récila dans cet endroit l'oraison dominicale. Ainsi furent composées, presque au même lieu, la profession de foi de tous les hommes et la prière de tous les hommes.
= D. Pourquoi dites-vous qu'elle est la meilleure prière que nous puissions faite? — R. Parce qu'elle renferme l'abrégé de tout ce que nous devons deman..*-.r à Dieu.
Explication. — L'ora.con dominicale contient, dans sa brièveté, tout ce que nous pouvons désirer et demander à Dieu. Nous pouvons bien prier en nous servant d'autres expressions, mais nous ne pouvons demander autre chose que ce qui est renfermé dans cette divine prière, et toute demande qui ns se rapporterait pas à quelqu'une des sept demandes dont elle se compose, serait indigne d'un chrétien et ne saurait être agréable au Seigneur.
= D. Récitez Voroison dominicale en latin? — R. Pater nosler, qui es in cœlis, sanctificetur nomen tuum, adveniat regnum tuum, fiât voluntas tua, sicut in cœlo et in terra; panem nostrum quotidianum da nobis hodie, et dimitte nobis débita nostra, sicut et nés dimittimus debitoribus nostris, et ne nos
(1) Luc, xi, 2.
(2) Symbole, du met grec tjugoXgv, signe, marque; il se dit du formulaire qui contient li s principaux articles delà foi, ou parce qu'il est la marque à laquelle on connaît les vrais catholiques, ou parce qu'il est le résultat de la conféi ence que les apôtres assemblés eurent ensemble avant de se séparer puir aller évangéliser les nations; car gujXcàov, qui vient de cjuoxa/.w, se réunir, avoir une conférence, peut être aussi entendu dans ce dernier sens. On dit que S. Cyprienestle premier qui ait employé le mot symbole pour désigner l'abrégé de la foi chrétienue. (Morin, Dictionnaire étymologique. I
= D. Récitez-la en français?— R. Notre Père, qui êtes aux cieux, que voire nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ; donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous laissez point succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi-soit il.
= D. Pourquoi appelons-nous Dieu noire Père ? — R. Parce qu'il nous a donné la vie, nous la conserve, nous a adoptés pour ses enfants et nous fait ses héritiers.
Explication. — Ce mot Père , en nous rappelant l'excès de tendresse et de bonté que Dieu a eu pour nous de toute éternité, et les richesses de Fhéritage incorruptible auquel il nous a associés en Jésus-Christ, nous engage, en commençant l'oraison dominicale, à lui ouvrir nos cœurs avec une confiance toute filiale. C'est dans l'admiration de cette grâce que saint Jean s'écrie : « Considérez quel amour le o Père nous a témoigné, de vouloir que nous soyons ap- <f pelés et que nous soyons, en effet, enfants de Dieu (1).»
«= D. Pourquoi disoiis-nous notre Père, et non mon Père? — R. Pour exprimer que nous sommes tous frères, et que nous devons prier les uns pour les autres.
Explication. — Jésus-Christ nous a ordonné de dire notre Père, et non mon Père, pour nous avertir que nous sommes tous membres d'un même corps, enfants d'une même famille, dont les intérêts sont communs à tous ; que nous ne devons pas prier seulement pour nous, mais encore pour tous les fidèles qui sont nos frères, et que nos prières ne peuvent être agréées de Dieu qu'autant que nous les faisons au nom de Jésus-Christ, qui est notre chef, et en union avec tout son corps mystique, qui est l'Église.
= D. Pourquoi disons-nous, en parlant à Dieu, qui êtes aux deux, puisque Dieu est partout? — R. Nous disons : « Notre Père, qui êtes aux cieux, » parce que c'est surtout dans les cieux que la gloire de Dieu brille avec éclat et qu'il récompense ses élus.
(1) I Joan., m, l.
Explication. — Quoique Dieu soit en tous lieux par son immensité, nous considérons néanmoins le ciel comme le trône de sa gloire. C'est dans le ciel qu'il fait éclater sa magnificence et qu'il se montre à ses élus à découvert et sans nuage. C'est dans le ciel que nous sommes appelés à régner nous-mêmes. Le ciel est notre patrie et l'héritage que notre Père nous destine. Lors donc que nous prions , élevons nos pensées et nos désirs au-dessus de toutes les choses de la terre; unissons-nous en esprit aux heureux habitants de la Jérusalem céleste, et livrons-nous à l'espérance de partager après cette vie leur éternelle félicité.
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