‹ Explication historique, dogmatique, morale, liturgique et canonique du catéchismeChapitre 29 sur 139 · DES ACTES APRÈS LA COMMUNION · texte numérisé non relu

DES ACTES APRÈS LA COMMUNION

= D. C'"'- fo-ut-il faire après la communion? — R. Il faut faire des actes d'adoration, de remerciment, d'offrande et de demande.

Explication. — Après avoir reçu, mes enfants, dans la sainte communion, la plus signalée de toutes les grâces, le nlus précieux de tous les trésors, le plus grand de tous les honneurs, adorez le roi du oiel , le souverain Seigneur de l'univers, qui n'a pas dédaigné d'entrer dans votre bouche, de reposer dans votre sein, d'habiter dans votre corps , et de devenir votre aliment , pour vous transformer en lui et vous faire vivre de sa vie divine, a Mon Seigneur et mon Dieu devez-vous lui dire, vous vous êtes abaissé jusqu'à moi/qui ne suis que cendre et poussière; je reconnais votre infinie grandeur, je vous adore et m'humilie profondément devant vous. » — Heureux enfants, que rendrez-vous au Seigneur pour tous les biens que vous avez reçus de lui? Vous n'existiez pas, et, par une bonté toute gratuite, il vous a tirés du néant , il vous a rachetés au prix de tout son sans:. Vous avez eu le malheur de vous égarer loin de lui;

1 vous a poursuivis dans vos égarements : comme le bon pasteur il a chargé sur ses épaules sa brebis infidèle et Ta ramenée au bercail. Et quel est le pasteur qui nourrisse

(1) Vie de Pie VII, par M, Artaud.

ses brebis de sa propre chair? et vous voilà nourris de îa chair de Jésus-Christ! C'est-à-dire que Jésus-Christ a épuisé pour vous tous les trésors de sa bonté ; tout Dieu qu'il est, pouvait- il vous faire un plus grand don ? Quelle ne doit pas être, par conséquent, votre reconnaissance ! Dites-lui donc, dans un saint transport : « Mon Seigneur Jésus-Christ, je vous remercie, avec tout Fempresseraent dont mon cœur est capable, des grâces que vous m'avez faites, et particulièrement de la bonté infinie avec laquelle vous vous êtes donné à moi dans la communion que je viens de faire. Que vous rendrai-je, ô mon divin Sauveur, pour tous les biens que j'ai reçus de vous ? » — De même que Jésus-Christ s'est donné tout à vous, il faut vous donner tout à lui. Protestez-lui que vous serez inviolablement attachés à son service, et que ni la vie ni la mort ne vous sépareront de sa charité. « O mon divin Jésus! je vous offre toutes mes actions, mes pensées, mes désirs, mes affections, en un mot tout ce que je suis et tout ce que je possède. Vous venez de vous doiiner tout à moi, n'est-il pas juste que je me donne entièrement à vous, et pour toujours?» — Adorer Jésus- Christ, le remercier de ses faveurs et vous donner à lui sans réserve et sans partage, tels sont les devoirs que vous avez à remplir envers Jésus-Christ, qui a bien voulu vous nourrir de sa propre substance. Demandez-lui ensuite avec confiance toutes les grâces dont vous avez besoin. Pourrait-il vous refuser quelque chose, celui qui vous a nourris de sa propre substance? « Après le bienfait que vous venez de m'accorder, ô mon divin Jésus ! vous ne me refuserez pas le bonheur de persévérer dans votre saint amour. Je vous demande la grâce de bien remplir les devoirs de mon état , de me corriger de mes mauvaises habitudes, et de n'avoir jamais le malheur de commettre un seul péché mortel. Recevez aussi la prière que je vous fais pour mes parents, mes supérieurs, mes amis et mes ennemis. Daignez vous souvenir aussi, ô mon Dieu ! des âmes qui souffrent dans le purgatoire. »

n <taffiMl & rfcifer ces acte «prés (a communion ? - R. Non, •Tr^ ■ r vi. ciralement les former dans le cœur, rcstei en action ' trt? s à MU Près un quart d'heure; passer le reste du jour &?££&£ de Piété, autant qu'on le peut, et principalement dans une grande réserve.

Explication". - Il ne suffit pas, mes enfants, de lire eu de réciter de mémoire les actes d'après la communion; il faut «urtout les former dans le cœur, c'est-à-dire que c est auto du cœur qu'il faut : !» adorer Jésus-Christ qu'on a le bonheur de posséder, et s'anéantir en sa présence; l lui paver le tribut de louanges, de bénédictions et d aelonlh races, qui lui est si justement dû à raison de ses nerf étions infinies, de son ineffable grandeur et de ses in- Upr hensibles bienfaits; 3» se donner au. sans reserve, Pour toujours et à jamais; 4° lui demander sans crainte et avec une pleine confiance, toutes les grâces dont on a be^in et surtout celle de lui être constamment fidèle et de nersévrérer jusqu'à la fin dans son amour. P L'ac on de grâces après la communion doit durer a peu près un quart d'heure; ce n'est pas trop pour biensac- Stta de ses devoirs envers Jésus-Christ, et nen n est plus contraire à l'esprit de la religion que la scandaleuse précision de tant de chrétiens qui attendent a peine que la me«e à laquelle ils ont communié soit finie pour sortir de Se- aeir de la sorte, c'est se montrer bien peu recon- ^Lanl envers le divin Sauveur, et s'exposer évidemment à ne retirer aucun fruit de l'action qu'on vient de faire. - L tour où l'on a eu le bonheur de recevoir Jesus-Chnst doi être plus spécialement consacré à son service ; la prière, les le ures pieuses, la visite au saint sacrement, Fexercice des bonnes œuvres, doivent être les occupations principales de cette sainte journée.

TRAITS HISTORIQUES

LE B1ESHECRECÏ ALPHONSE BODBIGOEI.

au moment de la communion, le visage du B. Alphonse RodrfgueToriUait d'un feu surnaturel, et les témoins qui ont

déposé dans le procès de sa béatification déclarèrent qu'il se faisait alors dans ses traits un changement si extraordinaire, qu'il n'était plus reconnaissable. Aussitôt qu'il avait reçu son Dieu, se retirant à l'écart, il se livrait aux effusions de son amour et aux plus vifs transports de joie et de reconnaissance. Ordinairement Alphonse se figurait son cœur comme une vaste salle dans laquelle étaient dressés deux trônes; sur l'un on voyait Jésus, et sur l'autre Marie, car il ne pouvait séparer ces divins objets de toutes ses affections. Se tenant en esprit à leurs pieds, il récitait trois fois le Gloria Patri, puis l'hymne Te Beurn; et quand il était parvenu à ces paroles : « Les cieux et la terre sont pleins de votre majesté, » il invitait toutes les créatures à se joindre à lui pour chanter les louanges de son Seigneur et lui rendre mille actions de grâces, il était presque toujours, dans ce moment, inondé d'un torrent de lumière, et si comblé d'ineffables délices, que, suivant ce qu'il en a écrit, il est impossible à l'homme de trouver des expressions et même des idées pour rendre ce contentement qu'éprouvait son âme, au milieu d'une multitude d'esprits célestes qui louaient et adoraient leur Dieu, présent dans son cœur (1).

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