RÉPONSE DE M. DE CHEVERUS A UNE DAME PROTESTANTE
La confiance qu'avait inspirée à tous M. de Cheverus, lorsqu'il était évêque de Boston, était telle, qu'un grand nombre de dames protestantes, des rangs les plus élevés de la société, venaient lui ouvrir leur cœur, lui révéler leurs peines de famille ou de conscience les plus secrètes. L'une d'elles lui dit un jour que ce qui lui répugnait le plus dans la religion catholique, et l'empêchait toujours de l'embrasser, c'était le précepte de la confession. M. de Cheverus lui répondit avec un aimable sourire : « Noo, Madame, vous n'avez pas pour la confession autant de répugnance que vous le croyez ; vous en sentez, au contraire, le besoin et le prix, car voilà longtemps que vous vous confessez à moi sans le savoir. La confession n'est pas autre chose que la confidence des peines de conscience que vous voulez bien m'exposer pour recevoir mes avis (1). »