‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 21 sur 114 · DE L^IDOLATRIE · texte numérisé non relu

DE L^IDOLATRIE

— D. Qmelt smit cmx qm pèchent par tdolàtrie ? -— R« €e sort ceux qtti reinleiH à l« créature le culte qui n'est dû qu^au oréatew. On les apfielte idolàires.

Explication. — Idolâtrie (de àe^Ti mois grecs eiSoXov, figure, statue, et Xatpe^a, culte, adoratkm) veut dire: cirfte des idoles.

Une idole (cïSoXov) est une figure, une statue qui représente une fausse divinité. L'idolâtrie est le culte rendu à cette statue , à cette figure ; par exemple i, à Pimage de Jupiter, à la statue de Junou , et ceux qui rendent un pareil culte sont des idolâtres.

Dans un seas plus étendu « on entend par idolâtres tous ceux qui rendent k la créature le culte souverain qui fi*é9t 4A qu*dU créateur ; ainsi , les peuples grossiers qui , avant l'invention de la peinture et de la sculpture , adorèrent le soleil , la lune et tes étoiles , étaient des idolâtres ; afnsi les Guèbres, qui adorent le feu^ sont des idolâtres ; ainsi encore ce serait être idolâtre que d'adorer la sainte Vierge, les auges ou les saints. Ce fut après le déluge que les hommeis. aveuglés par leurs passions , conmiencèrenl à adorer de fausses divinités; ils en vinrent , comme nous lavons déjà raconté, jusqu'à rendre les honneurs divins aux êtres les plus méprisables , à des hommes qui n'étaient célèbres que par leurs crimes, à des statues plus on moins grotesques qu'ila avaient fabriquées de leurs mains, et même aux légumes de leurs jardins I Ce monstrueux aveuglement s*est perpétué jusqu'à nos jours, et mijoufd'hui encore il y a un grand noaibre d'idalâtvea dans l'Asie-, dan» TAfriqiie et dans l'Amérique ; U en est qui portent la stupidité jusqu'à rendre les tieoneurs divins aux plus vils animaux.

»b. Let phtf cêfèèret pMhsopkee ée CmttiqHîH n'anMIr fm$ M idolâtres ? -— R. Il est impossible d*eo douter.

— sap —

ftu>i;if»Tioir. — Les philosophes de raiilU|œté les phi« céMbres, tels que Soerate, PlatoD, Cicéron, oal été ido- Uln». Cest «x h\i qu'on ne saurait révoquer en doute, pmqu'il^^ est consigné dans rhisloire, qui nous apprend, eotne autres choses, qc» Soerate, sur le point de otourir, osëoRDa de sacrifier un coq à Esculape (I). Ces grands btnunes — car, soes plus d'un rapport, on ne saurait leur refaser ce titre -* ont pu apercevoir, par les lumières de la RMOQ, et dire dans le secret de leurs écoles, qu'il n*y a et qu'il ne peut y avoir qu'un seul Dieu ; mais ils n ont pes eu le courage de le proclamer hautement, et ils n*en ont pas naos adoré les diusses divinités, comme le peuple le plus groflsieret le plus ignorant, a Ils oot , dit saint Paul , retenu c injustemeui la vérité de Dieu captive. Us ont connu ce qui « se peut découvrir de Dieu , Dieu lui-même le leur ayant «i fait coonatfre; car les perfections invisibles de Dieu, sa

• piii«ance étemelle et sa divinité, sont devenues comme

• fistbies depuis la création (kr monde, par la connaissance « qae les créatures nous eu donnent : en sorte que ces hom* «OMS sent inexcusables, parce qu'ayant connu Dieu, ite « m root pas glorsêé comme i)ieu , et qu'ils ne lui ont pas « rendu grâces; et qu'ils se sont ^rés dans leurs vains « raÎMORemnits , et que leur cœur insensé a été rempli de « ténéhres. Ils sont devenus fous , en s'attribuant le nom c de sages ; et, à la majesté du Dieu immortel, ils ont sub* « stitué Timage d'un homme corruptible el des ligures d'oi^ «seaux,, de bêtes à quatreA pieds et de serpents. C'est « pourquoi Dieu les a livrés, selon les désirs de leur cœur, < à toutes sortes d'impuretés (2). i»

D. À fui sommes- nous redevables de n'être pas nous-mêmes dans ee prodigieux aveuglement ? — R. À la foi.

Explication. — Tout le nord de l'Allemagne était idolâtre, avant que le flambeau de l'Évangile y eftt été porté. La

(4) IXe» de U né<i«6iBe.

 Bon., I, W.

GranderBretagna dut sa civiKsatioo e( ta chute de ses idoles au saint moine Augustin. Et quel était le culte des Francs , nos aucêtres? dans quelle barbarie stupide n'étaient -ils pas plongés avant la prédication de saint Rémy et la conversion de Glovis (4) ? qui peut penser sans faonte à ce gui de cbène qu'ils adoraient ? qui pourrait s*empêcber de frémir au souvenir de ces druides (i) qui consultaient la volonté des dieux et interrogeaient Tavenir dans les entrailles palpitantes des victimes humaines? Sans la foi, sans la prédication de l'Évangile » nous serions ce que furent nos ancêtres , les adorateurs stupides de divinités mensongères. Ce qui s'est passé vers la fin du dernier siècle n'en est-il pas une preuve bien frappante ? Dans ceux qui abandonnèrent alors la foi antique , quel retour aux anciennes erreurs, aux humaines folies I Des hommes, en qui la nature s'admirait orgueilleusement, dédaignèrent les leçons de l'Bvangile ; bientôt ils abjurèrent la raison même , et , dans le siècle des luni^res, on a vu des idoles plus viles que celles que les apôtres ont renversées ; sous Vempire de la raison, on a vu un culte infâme remplacer celui du Dieu des chrétiens, de^ idoles de chair placées sur nos autels, et ces hommes si fiers, qui, dans leur orgueil insensé, refusaient leurs hommages au vrai Dieu , nouveaux sectaires d'une religion nouvelle, adorer la raison triomphante sous la figure d'une prostituée ! I !

B. n'y a-t'il point des idolâtres même au sein du chrisiia" nisme? — R. Il y en a un grand nombre.

Explication. — Outre l'idolftlrie proprement dite , dont nous venons de parler , et qui consiste à rendre à la créature le culte souverain qui n'est dû qu'au créateur, il y a une autre sorte d'idolâtrie , qui consiste à préférer h Dieu ses passions , ses plaisirs. L*avare , par exemple , fait son

(1) Vers ran 4S6.

(2) Druide; du celtique deru, qut signifie ehêne. G^est le nom des anciens prêtres gaulois. Il est probable qu*on les appelait ainsi, parce que le chêne était un des principaux objets de leurs cérémonies râligieuses.

Dieu de ses trésors; le sensuel fait son Dieu de son ventre (l ) ; te voluptueux fait son Dieu des infftmes plaisirs auxquels il s'abandonne... Les uns et les autres sont, dans un sens , de vrais idolâtres ; ils adorent la créature (c'est même là l'expression dont se sert le libertin en parlant de Tobjet de sa passion] , et ils refusent de rendre à Dieu les hommages qui lui sont dus. Quil est grand, hélas I le nombre de ceux qui vivent dans un aussi déplorable aveuglement I qu'il est grand, par conséquent, le nombre des idolâtres, au sein même du christianisme !...

TRAIT HISTORIQUE

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