‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 78 sur 114 · ADMIRABLE RÉSIGNATION DE L^ABCHEVÊQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

ADMIRABLE RÉSIGNATION DE L^ABCHEVÊQUE DE PARIS

Monseigneur de Quélen, archevêque de Paris, se vit en butte, pendant plusieurs années, aux plus atroces calomnies. Une dame ioconnne lui transmit un jour l'expression de son douloureux intérêt... Voici quelle fut sa réponse : c Madame, ou mademoiselle, car je n'ai pas l'honneur de vous connaître, et la lettre que vous m'avez écrite hier (22 août 1850) ne m^apprend autre chose de TOUS, sinon que vous avez le bonheur d'être chrétienne» et qu'à ce titre vous avez été affligée des calomnies de tous les genres que Ton a débitées contre moi« Vous désirez que je les fasse démentir par les journaux. Que Dieu vous récompense de vos bons sentiments pour la religion et pour moi î je voys en remercie de tout I cœur. — Il est plus facile d'arracher la vie à im évêque que

4e loi rarir son faoDoeur ; de le dépouiller de ses biens que loi Mer restime des âmes honnêtes. Je suis persuadé que ceux qui ont eu le noalbeur de mMnjurier si graluilement ne croient pas eux-mêmes un seul mot des accusations qu^ls ont répandues avec profusion dans les rues de la capilale et ont affichées sur ses murs, comme pour provoquer au désordre et au crime. Mes bieu-aiméselûdèles diocésains les ont repoussées avec une horreur et une indignation que^n^exclut pas la charité évangélique. Quant à moi, je suis depuis longtemps accoutumé i remeilre ma cause entre les mains de Dieu; jusqu'ici je m^en suis bien trouvé. S*il daigne me justifier d'une manière éclatante, pour la gloire de son nom et pour Tbon^ neur du sacerdoce, je |ui demande de ne jamais me venger ; car je pardonne du fond du cœur h tous ceux qui se sont faits mes ennemis, sans que je leur en aie donné ni sujet ni prétexte. Au reste, le serviteur li'est pas plus grand que le maître. Si Notre*Seigneur a été persécuté, pourquoi ne le serais-je pas? 11 a été appelé ivrogne, homme de bonne chère^ pécheur^ commensal des pécheurs^ séditieux^ perturbateur du repos public, possédé du démon^ blasphémaieur; il a été traité. comme tin insensé, comme fin rot de théâtre j comme tfn^crtmtne(, comme un voleur et un scélérat. De quoi me plaindrais-je ? il se taisait au milieu de ses accusateurs qu'il pouvait confondre en un instant ; pourquoi chercherais-je k me défendre? Le témoin de mon innocence est dans les deux , le témoignage de ma conscience couvre la voix de ceux qui se déchaînent contre moi. D'ailleurs, on m^a loué si souvent des perfections que je n'ai point, qu'il faut bien expier^ par rbumiliation de quelques calomnies^ la gloireque je n'ai point méritée. — Je vous conjure donc, bonne chrétienne, de ne pas vous laisser abattre 4 cause des tribulations que j*éprouve ; mais, au contraire, de vous réjouir avec nooi, selon cette parole du Seigneur : Vous serez bienheureux^ lorsque les hommes vous haïront, qu*ils vous multraiteront, qu'ils vous poursuivront avec acharnement ; quHls irivenferont toutes sortes de mal, et quHls diront toutes sortes de mensonges sur vouSy en haine de mon nom. Réjouissez-vous alors et tressaillez d^ allégresse , parce que votre récompense sera grande dans le ciel. Dieu me fait aujourd'hui goûter ces vérités que j'ai tant de fois prêchées ; je l'en bénis mille fois, et lui rends mille actions de grâces. Âideznmoi à lui témoigner ma reconnaissance; priez-le de me fortifier et de me préparer à de nouvelles

épreures quÎMÉeiH {dos graadet eoooie, ai smiiidoii ént «• elle

glorifié (i). •

DOCTRINE Il£ YOLTMKE.

Rien D*est plus odieux que le mensonge, rien de plus abominable que la calomnie. Que faut-il penser, dès lors , des philosophes qui onl recommandé Tun etPaulre? Mentez, mesamisy calomnies; it en résultera toujours quelque chose. Cette admirable maitme, établie par Voltaire, fe patriarche des incrédules du dernier siède, a été mer?eiileusement pratiquée par ses innombrables disciples. Aussi les annales du monde ne nous montrent-elles pas un seul âge où Ton ait débité le mensonge et forgé la calomnie avec autant dTeffronterieet d'impudence qu'on le fait de nos jours (2).

DU I7EUVIÈME ET DU DIXIÂHB COmiAnDESEIfTS DB DIEU.

es D. Quel eU le mmiime cûmwumdemenl de ËHêuî — R. L'oeuyre de chair ne désireras qu'en mariage seutemeot. ^D. Qu* est-ce que Dieu nous défend par ee commandement? — R. Dieu, par le neuvième coaraiandenDent, oei» défend les désirs el les pensées contraires à la sainte vertu de pmelé*

ExrucATiQN. — Les lois humaines ne lendeoi qu'à régkr les actions extérieures. La loi de Dîeo ne se borne pas à régler et à sanctifier raciion au dehors : elle pénètre jus^ qu'au fond des cœurs, pour y prévenir, pour y retrancher foute pensée, tout mouvement, tout désir ilHciteet déréglé. Par le sixième commandement, Dieu défend toutes les action^ et tous les regards déshonnêtes ; et, par le neuvième, il défend tous les désirs et toutes les pensées coiUraires à U sainte vertu de pureté.

(1) Vie de Mgr de QÊélen^ par IL Benrion» &)yokfikCorre$pondanœprit)((edeVeUa»n.

bI>. C*est donc offenser Dieu que de déiirer de faire des ckesei déehonnêtes^ — R. Oui, désirer de fiire des choses désboooéte^ c^t oflènser Dieu, qui voit le cœur^ et qui sait que, si oo le pouvait, CD ferait le mal qii^il défend.

Explication. — Pour offenser Dieu . mes enfants, pour perdre l*îonocence et mériter lenfer^ il n est pas nécessaire de faire aucune aetiou déahonnète ; le désir seul est un crime. Dieu, qui sonde les cœurs et les reins, ne se contenta pas d*une pureté extérieure, il veut que le cœur soit pur : et le cœur ce$se d*étre pur du moment qu'on désire ce ^uj» Dieu défend ; on est alors afCèolé comme si on faisait réel* lemeot laction défendue , et Dieu voit bien que si on ne commet pas le pécbé, œ n'est pas la volonté qui manque, mais uniquement l'occasion et les moyens. C'est pour cela que iésus-Christ a dit dans TEvaugile : aVous savez qu'il a été dit aux ancient : Vous ne commettrez point d adultère ; et moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec de mauvais désirs pour elle, a déjà commis le péché dans son cœur (4). »

D. Mais si an pâmait seuloineni à wu ehosa déshatméte, aans smr U désir de Im foira, pécherait-^n aii#<t9— H. Oui, la seule pensée d'une chose déshonoête est un péché, quand ou s*y complaît Tolootairement.

Explication.— Non seulement le désir, mais la simple pensée d'une chose déshonnéte, d'une action impure, lorsqa elle est volontaire . lorsqu'on s'y complaît et qu'oo.y consent, est eapabla de nous damner. « Les mauvaises peo^ « sées,dit l'Ecriture, séparent de Dieu ; elles sont en abo> « mination aux yem: da Seigneur (2) ; » elles donnent la Qiort à l'ftma, si on n'a pas soin d'en détourner son esprit, ^ de les r^eter aussitôt qu'on s'en aperçoit. — Les mau* valses pensées sont le principe et la source de tous les crimes; on n'en vient point tout d'un coup à des actions

{l)MaHh.,v,î7.

— ils —

triminelles ; ce n'est que par degrés qu'on s'y abaudonne* Le mal commence par une pensée à laquelle on s'arrête volontairement ; de la pensée nati le dénr, et du désir on passe aux actes extérieurs.

^ D. Est-ce aussi un péché que tTavair de mauvaises pensées, quand on n*y consent pointa — R. Noo ; c^est, an contraire, un mérite que de résister aax mauf aises prisées qui se présentent h

Explication. — Je suppose, mes enfants , qu'une mau* valse pensée, une pensée bien vilaine, passe par la tète de Fuu d'entre vous. Dès qu'il s'en aperçoit, il se dit à lui* même : « Dieu m'en préserve I c'est un péché... Mon Dieu, je ne veux point vous offenser. » Hais la mauvaise pensée ne s'en va pas pour cela, et ce n'est qu'au bout d'une demi* heure qu'elle disparaît. A~t-il péché en la gardant si long* temps? non, puisqu'il n'y a point pris plaisir et que c'est malgré lui qu'il l'a eue. On ne pèche en aucune manière, lorsqu'on ne s'arrête point à une pensée déshonnète, quelle que soit d'ailleurs sa durée ; cette pensée devient, au con* traire, un mérite devant Dieu, qui tient compte des efforts que l'on fait et des combats que Ion soutient, dans la crainte de lui déplaire et de l'Offenser.

= D. Quel est le dixième commandement de Dteic? — R. Biens d^aiitrui ne convoiteras, pour les avoir injustement. = D. Qu'est':ce que Dieu nous défend par ce commandement ? — R. Dieu, par le dixième commandement, nous défend de convoiter, c'est-à-dire, de désirer injustement le bien d'autrui.

Explication. — Par le septième commandement , Dieu défend de retenir injustement le bien d'autrui ; par le dixième commandement, il défend même de le convoiter. Colivoifer le bien d'autrui , c'est désirer de l'obtenir à son préjudice, c'est-à-dire par des moyens qui ne seraient pas légitimes, et qui, par conséquent, lui causeraient des dommages et des pertes. — il n'est pas défendu de désirer le bien qui appartient au prochain, pourvu qu'on soit dans la

dlspositioD de ne racqnéiir que par des voies licites et de son libre consentement; par exemple, celuvqui a une propriété à laquelle touche une pièce de terre qui lui convient peut, sans aucun doute, avoir le désir d*en faire Tacquisilion; mais, s*il était dans la disposition de s'en emparer sans en payer la valeur, s'il pouvait le faire impunément, ce serait désirer injustement le bien d'autrui. — Autres exemples : Un de vos voisins exerce le même commerce que vous ; vous désirez qu'il perde sa réputation, afin que ses pratiques vous viennent, et que voire fortune s'élève sur la ruine de la sienne ; c'est là désirer injustement le bien d'autrui. — Quelqu'un occupe une place qu'il remplit dignement et avec zèle; vous désirez qu'il soit disgracié, afin de lui succéder; c'est encore désirer injustement le bien d'autrui et pécher contre le dixième commandement.

=sD. Pourquoi Dieu défend-il ainsi Us mauvais désirs et les mauvaises pensées ? — R. Parce qu'iV voit le coeur, et qu'il ne peut être dignement honoré par les actions extérieures, sans la pureté du cœur.

Explication. -* Sans la pureté du cœur, Dieu ne peut être dignement honoré par les actions extérieures, quelque belles, quelque admirables qu'elles soient aux yeux des hommes, parce que, sans la pureté du cœur, la vie même la plus sainte en apparence n'est qu'une véritable hypocrisie. Celui qui, sous des dehors de régularité et de piété cache une âme impure et souillée par les mauvaises pensées et les mauvais désirs, n'est qu'un sépulcre blanchi qui couvre la pourriture et les vers; il ressemble aux scribes et aux pharisiens, qui se croyaient justes, parce qu'ils ne commettaient point de crimes extérieurs et grossiers, et qui n'en étaient pas moins, aux yeux du Seigneur, un objet d'horreur et d'abomination. «Malheur à vous, leur disait Jésus-Christ, parce que vous êtes semblables à des sépulcres blanchis, dont le dehors parait beau aux yeux des hommes , mais dont le dedans est plein d'ossements de morts et de toutes

sortes d'iinmoodioes. C'est ainsi qu'au dehors vous parais* sez justes aux yeux des hommes, tandis qu'an dedans vow êtes pleins d^bypoorisie et d'iniquité (4). a

TRAITS HIST0RIQU8S.

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