‹ Explications du marechal ClauzelChapitre 29 sur 41 · DESCRIPTION DE LA VILLE DE CONSTANTINB · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LA VILLE DE CONSTANTINB

su.

La ville de Gonslanliuc (Cirta des anciens, Cossamtina des Arabes) est la capitale de la province (lebcylik) qui porte son nom. Elle est située an-delà du petit Atlas, sur le Oued Rumcl, à une centaine de lieues an sud-ouest de Bonc ; sa population doit être de 25 à 30,000 ames, Maures et Juifs (1); elle est placée en amphithéâtre, s'élevànt vers le nord-ouest, dans une presqu'île contournée par la rivière et dominée parla montagne el Mansoura, dont elle est séparée par une grande anfractuosité, où coulent les eaux du Oued Rumel (de sable), qui, au-dessus de la ville, reçoit le Oued Bou-Marxoug , dans un lieu appelé el Kouar (les arceaux, aqueducs antiques). Ce ruisseau, de 7 à 8 lieues de cours, vient de l'est et aboutit à la rive droite du Rumel.

Au nord-est de la ville, on voit la montagne el Mansoura qui s'étend dans la direction du sud-est au nord-ouest; elle est dépouillée d'arbres, mais la terre serait facilement mise en culture ; on la compare au mont Bouzaria. Vis-à-vis de Constanline, deux mamelons s'élèvent sur les plateaux de Mansoura; celui de l'est domine la ville, à grande portée de canon ; il est couronné par deux marabouts en maçonnerie , appelés Sidi Mabrong. L'autre mamelon au nord-est, porte le nom des tombeaux de Sidi Mecid ; de ces appendices très-accidentés et couverts de tombeaux Israélites, on battrait encore la ville.

Au sud-ouest de Gonstantinc , à 1,500 mètres du faubourg, sont les hauteurs du Coudiat Aty, sur lesquelles il y a des tombeaux musulmans ; elles dominent les approches de la ville. Constantine, entourée de jardins et de cultures, est dans un site agréable. Au sud et à l'ouest la vue s'étend très-loin ; on aperçoit des montagnes boisées, au-delà des plaines et des pays peu accidentes. Au nordest, 1 horizon peu étendu est borné par les hauteurs de Mansoura.

(i) Il y a 1,700 maisons, couvertes en tuiles, et 8,000 hommes capables de porter les armes.

Cette ville, presque entièrement entourée de rochers, a là d'un ovale allongé dans-la partie qui «st tournée vers le sud-ouest Dans cet espace long de 5 a 000 mètres, il y a trois portes; celle de l'ouest se trouve à l'angle saillant, sur le point le plus élevé du contrefort, et où les rochers cessent d'être continus et de former une enceinte naturelle. On nomme ce^e porte Bab el Djedid ; le chemin d'Alger y aboutit. Celle du centre s'appelle Bab el Oued, ou de la Rachba : clic conduit vers le sud, et peut faire gagner par un embranchement le chemin d'Alger, dit du Garb. La troisième porte, nommée el Gabia (et el Geaori), communique avec la rivière cl Rumel; elle eut dominée par la porte et le rempart Bab el Oued. Ces trois portes sont réunies 'par une muraille antique haute de 80 pieds, souvent sans fossé-, entre ces portes sont des batteries élerées, armées de quelques canons pour battre les approches de la ville. En avant de ces portes, il y a, sur le contrefort qui se lie au Coudiat. Aty, un faubourg peu étendu (comme celui de Babaioun), habité par des artisans et des marchandes. On y tient les marchés de certaines productions, les autres denrées se vendent en ville. Au-dcla du faubourg, sont diverses habitations, une mosquée, des foudoucks et les vastes écuries du bey ; on y voit beaucoup de ruines antiques, des jardins entourés de haies ou de petits murs, beaucoup de tombeaux et quelques santoas.

Le reste de l'enceinte est formé par des murailles antiques, peu solides et sans terrassement. Des maisons sont adossées quelquefois contre ces murs, qui, élevés sur des rochers à pic, présentent une bonne défense.

Une quatrième porte, dite del Cantara, se trouve en face du mont Mansoura. Le pont qui donne ce nom est vis-à-vis, il est de construction antique. [ large et fort élevé, ayant trois étages d'arches ; il traverse la rivière et unit les deux côtés de cette grande coupure qui sépare la ville de la montagne. La porte del Cantara est défendue par 6 pièces ; les chemins qui conduisent sur le littoral et ceux venant de l'est y aboutissent. A côté du pont, le long des murs de la ville, est une rampe en mauvais état, qui conduit au fond de la ravine, véritable précipice, où les eaux du Rumel coulent quelques ii sous terre, et reparaissent bientôt à découvert.

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