‹ Explications du marechal ClauzelChapitre 40 sur 41 · SA I · texte numérisé non relu

SA I

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443 Soldats.

Certifié conforme aux Étals fournis par les Corps. Bone, le 4 décembre 1836.

Le colonel , chef de l'étal-major général , Signé DUVERGER.

Gnehna, >2 janvier 1M9.

Monsieur le maréchal ,

J'ai reçu la lettre que vous avez eu l'extrême bonté de m'adressér, le 9 janvier dernier. Je suis heureux que ma résolution de» tenir bon à Guclina ait pu vous prouver mon dévouément, et je n'oublierai jamais ce que vous avez bien voulu me dire de flatteur à cet égard.

Les moulins de la petite rivière n'existaient plus. Je me suis entendu avec un scheik des Beni-Fourvehl, qui vient d'en faire rétablir un sous promesse que je le protégerais. Nous sommes convenus d'y envoyer moudre notre blé ; nous allons commencer. J'espère que cela fera revivre les autres; ce sera une ressource. Le ruisseau près de nous tarit et ne peut satisfaire à en établir.

Je m'occuperai avec soin des reconnaissances que vous demandez, et dont je conçois parfaitement le but et les conséquences. Je réuni* d'abord des renseignemens par des questions que ie fais à tous les Arabes. Tout me porte à croire qu'il est possible, en partant do Guelma, d'ouvrir un chemin qui , passant sur les hauteurs qui s'étendent de celte ville à Mjaiz-el Hammar, permettrait daller déboucher de l'autre côté de ce point , à trois quarts de lieue à petf 1 près, et éviterait ainsi de faire traverser et retraverser la Sybouse. Ce chemin conduirait a traverser à son débouché le ruisseau dit OuedCherff, qui est cet affluent que vous avez vu tomber dans la Sybouse un peu au-dessus du M'jaiz. Cet Oued Cherff, au point où la route supposée le traverserait , n'est nullement encaissé et est trèsfacile à franchir. De ce point on se dirige ensuite vers Rat-el-Akba , sans passer par ce déGlé que je connais bien et que vous voulez éviter, par un chemin, m'ont dit les Arabes, qui est toujours large et facile. Tout ceci, monsieur le maréchal, n'est encore qu'unespoir, mai» pour moi c'est très-probable ; je ferai tout mon* possible pour m'en assurer; malheureusement je suis bien faible, surtout en cavalerie, et fe serais désespéré d'une mauvaise affaire , môme d'une affaire quelconque, non pour moi personnellement , mais pour le bien de vos opérations actuelles. Si cette route est faisable, votre but serait entièrement atteint.

Il faut aussi que je sache exactement quels sont les chemins les plus faciles pour déboucher par le sud de Guelma , sur la rpute qui conduit de Constantine à Tunis ; celte route est destinée à être maintenant la ligne et même la hase d'opérations du bey Aehmed contre Guelma; elle peut , pour tous, devenir une bonne ligne d'opérations contre Gonstantine; elle loi^ge des plaines magnifiques, et elle tourne tout le système montagneux de XAkba ; elle passe vers les sources de ce même Qued-Cherff, dont je vous ai parlé ci-dessus , à dix lieues à peu près au sud du M'jaitclHammar, mais évidemment aussi ellé allonge le trajet pour se rendre de Guelma à Constantine.

Le colonel Foy , aide -de camp du ministre de la guerre, est venu nous visiter t nous avons été ensemble an M'jaii et ensuite aux bains maudits. Ceux-ci étaient à une lieue à peu près derrière nous, lorsque vous souteniez notre passage du M'jaiz, en retraite, avec votre canon. Ce sont des eaux thermales sulfureuses; elles jaillissent lentement par dos trous, et comme elles contiennent des sels de chaux qu' elles déposent , ceux-ci forment des couches successives qui s'élèvent d'année en année , en formant des pierres calcaires semblables a un pain de sucre creux à son axe ; cela monte ainsi jusqu'an dernier point où la vitesse de l'can lui permet de s'élever ; le trou supérieur se ferme alors , et ce n'est plus qu'une pierre ; ce lieu est parsemé de pierres ou cônes de cette espèce, les uns très-anciens, les autres moins, les autres en formation. Quand l'eau cesse de jaillir par un cône achevé , elle perce la terre dans un autre point de la plaine.

Il y a en ce lieu des restes d'établissemens romains : si nous nous établissons bien dans ce pays d'Afrique , la France pourra posséder en ce point un bain d'eaux thermales où elle pourra envoyer tous ses malades de la colonie ; la contrée qui les entoure est ou ne peut plus pittoresque. J'ai remarqué , entre autres choses , un moulin mu par une de ces fontaines bouillantes.

J'ai dit au colonel Foy tout ce que j'avais à lui dire pour le bien de la chose et de vos vues; je lui ai fortement exposé toute l'importance stratégique et politique de Guelma; je pense ne pas avoir parlé en vain. Je lui ai dit aussi ce qac j'avais a lui dire sur votre expédition dernière , et je lui ai fait concevoir combien tout justifiait votre hardiesse et vos espérances. Je n'ai pas oublié non plus de lui raconter comment le général de Higny m'abandonna , moi et mes blessés, sur le plateau de Koditati, me laissant en prise a la garnison de Constantine qui me suivait avec acharnement , et à toute la cava-

lerie du bey Hamed , qui Tenait pour me couper le chemin au pas- •age de H rivière.

p Je suis avec respect, monsieur le maréchal, ...

Votre très-humble et très-obéissant serviteur, w Le commandant supérieur* F. DUVIVIER.

La tranquillité dans les tribus est grande; celles de POucd-Zuenti et autres plus éloignées viennent a notre marché da Guelma i toutes sont en crainte de nous voir déboucher de notre camp contre elles, si elles se montrent hostiles. Le mouvement est actuellement en notre faveur ; ne nous laissez pas perdre cette influence , donnez-moi assez de troupes pour que je puisse parer aux entreprises trop voisines du bey Achmed, qui, sans cela, pourrait, par une pointe heureuse et impunie, rejeter les tribus sous son entier commandement. Cette demande et cette observation de ma part sont fondamentales : des troupes que je sais mobiles manœuvreraient non enchaînées a mes murailles , si l'ennemi s'approchait sur nos amis. *

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