‹ Explications du maréchal ClauzelChapitre 20 sur 62 · BUREAU DES OPÉRATIONS MILITAIRES · texte numérisé non relu

BUREAU DES OPÉRATIONS MILITAIRES

Paris, le 5 janvier 1836.

Monsieur le maréchal,

J'ai reçu la dépêche télégraphique dans laquelle vous m'annoncez que le scheick El-Mezbry, premier agha d’Abd-el-Kader, s’est rendu près de vous. J'ai répondu le 4 du courant, par la même voie, que je pensais que,vous ne vouliez négocier,avec Abd-el-Kader que comme avec un sujet; que le trailé qui a été conclu par le général Desmichels se trouve aboli par le fait de la révolte de l'émir ; que l'intérêt de la France s'oppose à ce:que ce traité soit renouvelé : « qu’ Abd-el- » Kader se soumette, qu’il reconnaisse sans condition l'autorité du roi » dans la personne du gouverneur-général, et nous le laisserons en repos.

Je vous confirme celle dépêche. Il ne vous aura pas échappé, mon. sieur le maréchal, que le traïté du 26 février 1834, s'il a pacifié la prôvincé d'Oran, avait donné à l'émir un’ pouvoir qui‘tendait sans cesse à s’accroître, et qui dévénait nuisible à nos intérêts politiques. Il faut donc anéantir jasqu’aux traces dece traité ; car an nouvel arrangement qui en reproduirait quelque partie, ferait de nouveau d’AbdeliKadér' une puissance. Il n’aurait rien perdu à nous faire la guerre. Vous reconnailrez sans doute, monsieur le maréchal, qu'il vaut miéux continuer les hostilités que de replacer ce chef ar abé dans une position indépendante, par un acte revêtu de la sanction de l’autorité française. * Qu'Abd-elKader soit indépendant de fait, nous pourrons le tolérer, si;nousile ;jugeons convenable; maïs nous ne

pouvons souffrir qu'il parvienne à se replacer dans une position semblable à celle qu'il s'était faite par le traité du 26 février 1834. Il n’y a donc qu'une chose à faire de sa part, c’est qu'il se soumette, comme sujet, au roi des Français; alors on le laissera tran- quille, et on le traitera avec bienveillance comme les autres chefs indigènes qui ont fait leur soumission, et vivent en rapport de bonne amitié avec nous. | Je me persuade que si le scheick El-Mezbryÿ vous a fait des propositions au nom d'Abd-el-Kader, vous n'aurez consenti à entrer en négociations avec lui que sous la condition expresse que j'ai posée dans ma dépêche télégraphique du 4 de ce mois, dont je vous ai rappelé le contenu au commencement de cette lettre.

Recevez, monsieur le maréchal. l'assurance de ma haute considération.

Le maréchal ministre de la guerre,

Signé Marquis MAISON.

PIÈCE JII.

Page 1