ADJUDIC\TI0N ET EXPLOITATION DES COUPES
coupe. Quant à l'opération du balivage et du martelage^ elle consiste, avons-nous dit, à choisir et à marquer les arbres à réserver ou à abattre dans les exploitations. Le choix et la marque des arbres à réserver ou des arbres à abandonner se font en même temps, c'est pourquoi l'on confond ordinairement les deux opérations en une seule, et l'on comprend sous l'une ou l'autre dénomination, le balivage qui consiste à faire choix des arbres à réserver ou à exploiter, et le martelage qui consiste à imprimer une marque, ordinairement .celle du marteau de l'Etat, sur les arbres choisis et désignés par le.balivage.
De toutes les opérations de détail qui sont commandées par la culture et Texploitation des bois, il n'en est pas qui soit plus importante que celle du balivage ; il n'en est pas qui exige plus de soin, de précaution, de réflexion et de savoir faire de la part d'un Agent forestier ; car, soit que l'on opère dans les futaies ou dans les taillis sous futaie, soit que Ton fasse une coupe de régénération ou d'amélioration, le succès de l'opération ou le résultat qu'on en attend dépend souvent tout entier et exclusivement de la manière dont le balivage est effectué. Aussi, nepeut* on qu'approuver les dispositions de la loi qui veut . « qu'il soit procédé à chaque^ opération de balivage par deux Agents au moins ^ » surtout si l'on se place au point de vue spécial du sylviculteur, et si Ton veut voir dans celte prescription un moyen de garantir la bonne exécution des opérations de culture»
Les procès-verbaux de balivage et de martelage
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servent à la rédaction de l'affiche des ventes. Us servent aussi à établir le nombre d'arbres réservés, ou le nombre de souches exploitées que Tadjudicataire doit représenter au récolement de sa coupe. Les procès-verbaux d'estimation servent à déterminer les prix auxquels peuvent être adjugées les coupes qu'ils concernent.
Le mode d'exploitation, le mode de vidange des produits et le mode de paiement du prix principal de la coupe et des frais d'adjudication sont déterminés par le cahier des charges générales relatives à la vente des coupes annuelles, et par un cahier de clauses spéciales applicables aux exploitations de chaque arrondissement forestier.
Article II.
DE LA VEl^TE DES BOIS FAÇONNÉS PAR ÉCONOMIE OU PAR ENTREPRISE, ET DU MODE D'EXPLOITATION DE CES PRO- DUITS.
Les opérations dont nous venons de parler s'appliquent plus particulièrement aux coupes dont les produits doivent être vendus sur pied et ensuite abattus^ façonnés et utilisés au gré de l'adjudicataire ou de l'acheteur. Mais, dans le traitement des forêts, il est des exploitations qui ne peuvent être bien faites, au point de vue de la culture, qu'autant que l'on procède graduellement à la désignation des arbres à abattre, à mesure que Ton a constaté l'effet produit *sur la consistance du peuplement, par la
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chute des premiers arbres abattus. Telles sont, en général, les coupes d'amélioration que Ton désigne sous le nom d'éclaircies et de nettoiements. — Tous les arbres à abattre dans ces coupes ne pouvant être désignés avant Texploitation, sans compromettre le succès ou la bonne exécution de Topération, ne peuvent, par conséquent, être estimés et vendus sur pied comme les bois à exploiter dans une coupe de taillis ou dans une coupe principale de futaie. D'où la nécessité d'^adopter un autre mode d'exploitation et de vente de ces coupes. Celui qui ftit le plus généralement appliqué depuis une traataine d'années, consiste à fair^ exptoiter tes bois sous la direction des Agents forestiers, soit par des ouvriers payés à la tâche ou à la journée, soit par un entrepreneur res-^ ponsable qui se charge d'exécuter l'abatage et le foçonnage à des prix arrêtés par adjudication pu-*'^ blique au rabais. Âpres le feçonnage, les produits sont dénombrés par te chef du cantonnement et en* suite vendus, par adjudication publique*, en détail et par- lots, soit sur le parterre des coupes, soit dans Fune des communes les phis voisines.
De ces deux modes d'exploitation^, le dernier [mods cfeay>loitation par entreprise)^ est beaucoup plus usité que le premier {mode par économie), et s'applique nonr-.seuIement aux coupes d'amélioration, mais quelquefois aussi aux coupes principales des fovèls de l'Etat qui restent invendues, et aux coupes de toute espèce dans certaines .forêts communales et d'Etablissements publics «.
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Les avantages de ce mode d'exploitation sont les suivants :
Dans les coupes d'amélioration, éclaircies et nettoiements, la désignation des arbres à abattre n'a lieu qu'au fur et à mesure de l'exploitation, ce qui permet de mieux espacer les tiges réservées et de mieux distinguer celles qu'il est utile ou nécessaire d'abattre ou de conserver. — A cet effet, l'Agent qui dirige l'exploitation fait une première désignation, par un simple griffage, des arbres qui doivent nécessairement tomber, puis, après Tabatage de ces arbres, il revient une seconde et une troisième fois sur le même point, pour marquer ceuxMes arbres restants à comprendre dans l'exploitation. Dans une coupe d'éclaircie, par exemple, le premier griffage atteindra tous les bois morts ou dépérissants, le second portera sur les brins dominés ou sur le point de l'être, et le troisième désignera les tiges bienvenantes, mais surabondantes, qu'il importe de faire disparaître pour desserrer convenablement le massif» De môme, dans une coupe de nettoiement, le premier griffage portera sur les bois dominants qui nuisent le plus par leur couvert et qui sont tout à fait inutiles au soutien des bois durs ; le second atteindra les sujets qui ne sont pas encore nuisibles par leur couvert, mais qui le deviendront bientôt, et quf ne sont pas d'ailleurs nécessaires pour mayitenir le massif à l'état complet ; le troisième portera sur les arbres qui nuisent par leur couvert, mais dont la présence est plus ou moins nécessaire pour conserver
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le massif complet, ou pour s^^ir d'appui aux tiges de bois dur ; les arbres atteints par ce dernier griffage seront désignés les uns pour être abattus ou ébranchés, les autres pour être étêtés (1).
Dans les coupes principales de futaie ou de taillis sous futaie, ce mode d'exploitation permettrait également de mieux choisir, mieux distribuer et mieux espacer les .arbres à réserver; mais, d'ordinaire, celles de ces coupes qui s'exptoitent par entreprise sont martelées à l'avance, comme les coupes à vendre sur pied ; par conséquent, le seul avantage que l'on puisse trouver à exploiter ces coupes de cette façon ne peut résider que dans la vente en détail des produits façonnés.
Dans les localités où ce mode d'exploitation est installé depuis plusieurs années, dans certaines forêts communales notamment qui fournissent à peine la quantité de bois nécessaire aux besoins des habitants, la vente en détail des produits façonnés^ des bois de feu surtout, donne habituellement de bons résultats et fait profiter le propriétaire de tout le bénéfice qu'il faut abandonner à l'adjudicataire dans les ventes de bois sur pied. Mais, pour les forêts qui, comme celles de l'Ëtat, sont susceptibles de fournir annuellement des produits variés et considérables, ce mode d'exploitation et de vente, tel qu'on l'a appliqué jusqu'à présent, c'est-àmire, partiellement et seulement dans
(i) II est bien enlendo que chaque opération d*éclaircie ou de nettoiement ne nécessite pas toujours absolument le même nombre de griffages.