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VOLUMES

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ARTICLE III

Mode de débit, de mesurage et de vente des bois de travail ou d'industrie faconnés dans les coupes.

$ I. — Sciages de chêne.

Les bois de travail que l’on façconne dans les coupes sont livrés aux ouvriers des différents métiers, pour la plus grande partie, en planches de diverses épaisseurs. Le chêne, le hêtre, le sapin, l’épicéa, le pin sylvestre et les peupliers sont les essences qui fournissent le plus de planches à la consommation. — On donne le nom de madriers aux planches qui ont plus de 0°,08 d'épaisseur.

Les sciages de chêne se font ordinairement sur le parterre même des coupes en exploitation. On emploie pour ce genre de débit des ouvriers spéciaux que l’on nomme scieurs de long (1). Tout le monde sait comment est organisé l'atelier des scieurs de long ; nous n’en parlerons pas. Avant de monter la pièce qui doit être sciée, soit sur tréteaux, soit sur chevalet (on se sert le plus ordinairement de chevalets dans les coupes), les ouvriers équarrissent légèrement le bois sur 4, 6 ou 8 faces, puis ils tracent sur la pièce les traits qu’ils doivent suivre en la dé-

(1) Depuis quelques années, on a monté de petites scieries à vapeur que l’on transporle successivement dans les coupes où il y a du bois à débiter. L’expérience n’a pas encore démontré s’il y a intérêt à substituer ces machines aux ateliers de scieurs de long.

bitant. Ces traits se marquent avec un cordeau frotté dans du charbon délayé dans de l’eau. C’est l’ouvrier monté sur le chevalet qui dirige la scie suivant le trait; par conséquent, dans chaque atelier de scieurs, c’est le plus habile qui doit occuper ce poste. Le sciage peut être dirigé simplement suivant des plans parallèles entre eux dans toute l'épaisseur de la pièce. Ce genre de débit tout primitif est, pour le chêne, fort inférieur aux autres; on l’emploie spécialement pour faire des planches dites de Oateau, qui servent à construire des barques et des bateaux pour la navigation des rivières et des canaux, ou pour la pêche et le cabotage sur le littoral de la mer.

Le plus souvent on opère de la manière suivante. Après un équarrissage grossier, à la hache, des quatre faces aa., (voir la figure 2) on enlève avec la scie deux p'anches irrégulières par leurs bords, à et 6, appelées déballes, d’une épaisseur assez forte pour qu'elles emportent une bonne partie d’aubier sur leurs bords en laissant à la pièce deux belles faces planes ; ensuite on détache un talon d, d’une épaisseur variable et qui sera débité à part; puis enfin l’on débite la pièce ainsi préparée et formant un ou plusieurs bancs en planches ou madriers de diverses dimensions etcombinés de manière à donner les sciages les plus avantageux. Le tracé du sciage exige alors beaucoup d'habitude et même d’habileté de la part de l’ouvrier qui en est chargé, sans quoi l’on ne tire pas le meilleur parti possible de la pièce à débiter :

et, comme les scieurs de long travaillent ordinairement à la tâche, le propriétaire du bois à scier doit surveiller de près cette opération, pour empêcher les ouvriers de diriger le sciage uniquement dans leur intérêt, qui souvent diffère du sien.

Le tracé du sciage influe aussi sur la qualité et la beauté de la planche; on le voit aisément par les planches que l’on obtient dans le sciage sur malle. Ce genre de débit consiste à mener le trait de scie de la circonférence au cœur de la pièce, c’est-à-dire suivant la direction des rayons médullaires. On conçoit donc, a priori, qu'une pièce de bois ne peut pas être sciée tout entière de celte manière, mais on obtient la plus grande surface possible de planches sur maille en suivant le tracé indiqué par la figure 3. Les planches sur maille du chêne et de toutes les essences à gros rayons se reconnaissent facilement par les taches d’un blanc nacré et de formes diverses dont elles sont émaillées. Non-seulement elles sont plus belles et, par conséquent, plus recherchées pour la menuiserie et l’ébénisterie que les planches débitées dans une direction perpendiculaire aux rayons, mais elles font un usage beaucoup meilleur, elles s’usent moins vite dans certains emplois comme les planchers et les parquets, et elles se gercent et se tourmentent moins dans les ouvrages de menuiserie comme les panneaux de portes, les lambris, etc.

On évite cependant, dans le débit de certaines pièces, de diriger exactement le trait de scie dans le

sens des rayons médullaires, afin que la planche ou le madrier ne renferme aucune partie du cœur de l'arbre. Cette précaution est souvent exigée dans le sciage des bois que l’on débite sur devis, notamment dans le sciage des planches ou madriers destinés à la construction des wagons (1), parce que le bois du cœur est quelquefois de moins bonne qualité, et qu’il éclate, se tourmente et se détache plus facilemen!, lorsque la pièce est mise en œuvre.

Le chène rouvre, que les ouvriers de certaines localités appellent le drelle ou le drullard, est préférable, en général, au pédonculé pour la belle menuiserie, l’ébénisterie et la sculpture; son bois est plus doux, plus facile à travailler, et il se gerce et se tourmente moins, quand il est mis en œuvre, que celui du chène pédonculé.

Hors le cas où on travaille sur devis, et où l’on tient exclusivement à scier sur maille, les propriétaires ou les marchands font débiter leurs bois suivant des dimensions déterminées et conformes aux

(1) En France, les compagnies de chemins de fer possédaient ensemble, au 1°" janvier 1866, 90.000 wagons à marchandises et environ 15.000 voitures à voyageurs. La quantité de bois employée dans la construction de chaque wagon ou voiture varie de 3 à 8 mètres cubes (cube net), comprenant toujours du chêne pour 3 mètres cubes à peu près, puis du sapin, du frêne, de l’orme et autres bois pour le surplus. Il en résulte que la construction seule de ce matériel a absorbé en bois de chêne de premier choix 300.000 mètres cubes employés, soit au moins le double en grume. La durée de ce matériel roulant n’est pas encore bien connue; mais on n’estime pas à moins de 30.000 mètres cubes en grume la quantité de bois de chène nécessaire à son entretien.

usages du commerce local. Dans le centre de la France on débite les chênes en planches et madriers dont les dimensions varient avec celles des arbres à scier. Mais la planche murchande ou ordinaire, dans laquelle on laisse subsister l’aubier, doit avoir au minimum 0°,27 à 0°,28 (10 pouces) de largeur sur 0°,03 (1 pouce) d'épaisseur. Cette planche se vend au mèlre carré. — Il en est de même des madriers dont le prix se règle de la même manière, et augmente proportionnellement à l'épaisseur. — Le déchet dû à ce mode de sciage n’est que de = à 25 p. 00 du volume en grume.

Ailleurs, et surtout dans les localités dont les produits alimentent le commerce de Paris, on a adopté les noms et les dimensions des planches du débit de

Paris, savoir :

Le grand battant, largenr, 0,"553, épaisseur, 0,"11, ou 12/4 pouces.

Le petit battant, — 0, 25, — 0, 08, ou 9/5 — La doublette, — +0, 553, :— 10) Diop L’échantillon, — 0, 25, — C, 04, ou9 p. sur 1 1/2. La membrure, — 0, 165, — 0, 08, ou 6/3 pouces. L’entrevous, = 0, 25, — 0, 05, ou 9H —

Le chevron, — 0, 08, — 0, 08, ou 3/53 —

La membrette, — 0, 18, ép. 0n05à 0, 06, ou 6/2 —

La frise, ou planche à parquet, largeur 0,712 à 0,°13, épaisseur, 0,°05, ou 4 pouces de largeur sur 4 pouce d’épaisseur.

On fait encore avec le chêne des planches moins épaisses dont les plus en usage sont : |

Le panneau, largeur, 0m,22 à Om,24, épaisseur, 0m,020 à 0m,022 ou 9 pouces sur 9 lignes.

La volige, largeur, 0,22 à Om,24, épaisseur, 0,013 à 0m,015 ou 9 pouces sur 6 lignes.

Le feuillet, largeur, 0m,22 à 0,24, épaisseur, 0,006 à 0,007 ou 9 pouces sur 5 lignes.

Ces trois planches, les deux dernières surtout, étant spécialement employées dans la menuiserie de luxe et dans l’ébénisterie, doivent être débitées autant que possible sur maille, et ne peuvent être fournies que par des chênes de choix, à grain fin, et sans nœuds.

Quant à la longueur des planches, elle varie sans cependant descendre au-dessous de 2 mètres (1), excepté pour les frises que l’on débite souvent à la longueur de 1 mètre ou 1 mètre 50.

Les planches du débit de Paris ne doivent point contenir d'aubier, et se vendent ordinairement par lots assortis de différentes pièces. Dans ce cas, l'unité de vente est le cent de toises courantes, ou les deux cents mètres mesurés dans la longueur. Dans le toisé de ces planches, on mesure les longueurs de 0,25 en 0°,25, de sorte qu’une planche qui porte 2°,20 de longueur ne compte que pour 2 mètres; et comme les planches ont des dimensions très-différentes, sous le rapport de la largeur el de l’épaisseur,

(1) On fait quelquefois des planches qui n’ont que À mètre ou 1 mètre 50 de longueur, mais elles sont moins estimées et se payent relativement moins cher que les planches plus longues, parce qu’en général elles proviennent des branches, ou de chênes éboutés par suite de vices.

on les compare et on les rapporte toutes à deux types, l'échantillon et l’entrevous, dont les volumes sont des sous-multiples ou des multiples du volume des autres. C’est ainsi que :

Le grand battant vaut quatre échantillons ou six entrevous ;

Le petit battant vaut deux échantillons ou trois enirevous ;

La doublette vaut deux échantillons ou trois entrevous :

La membrure vaut un échantillon fort :

Le chevron vaut un entrevous ;

La membrette vaut un entrevous faible ou un demi-échantillon fort ;

La frise vaut un demi-entrevous.

On peut donc exprimer la valeur de toutes les pièces d’un lot de sciage en échantillons ou en entrevous ; et comme l’entrevous vaut lui-même les 3/4 de l’échantillon, 1l en résulte que quand Péchantillon vaut 200 fr. (le cent de toises, ou les 200 mètres), l’entrevous vaut 150 à 160 fr. Les prix de ces deux espèces de marchandises se rapprochent ou s’écartent souvent un peu plus, selon les besoins ou la demande du commerce.

Les sciages de chène se vendent le plus souvent par lots spéciaux d'échantillons comprenant : échantillon, membrure, doublette, petit et grand battant; ou par lots d’entrevous formés d’entrevous, de chevron et de membrette. D’après les usages du commerce, les lots d'échantillons doivent toujours

comprendre 10 à 15 p. 0/0 de membrures et même proportion de doublettes. La membrure seule, quand elle est bien conditionnée, se paye toujours mieux que l'échantillon.

La frise, ou planche à parquet, qui représente, pour la largeur, un entrevous scié en deux, se vend ordinairement à part et moins cher, proportionnellement, que l’entrevous de même qualité.

Dans la vente des planches, il est d'usage assez général d'accorder à l'acheteur 10 p. 0/0 de fourniture, c’est-à-dire que le vendeur lui livre 110 mètres au lieu de cent, ou 220 mètres pour le grand cent.

En moyenne, on calcule qu’un mètre cube de bois en grume donne 50 mètres courants d’échantillon; d’où il suit qu’il faut 4 mètres cubes en grume, ou 2 mètres cubes au 5° déduit, pour 100 toises d’échantillon, ou encore une solive de bois au 9° pour donner 5 toises ou 10 mètres d’échantillon.

On calcule de même qu'il faut 2"-°-,600 à 3-°:,000 de bois rond, ou 1€, 300 à 1%-c, 500 au 5° déduit, pour fournir le cent de toises d’entrevous (1).

(1) Ces chiffres sont des moyennes qui varient avec les dimensions et la forme des pièces. Plus les arbres sont gros, toutes choses égales d’ailleurs, moins il y a, relativement au volume brut, de déchet dans le débit en marchandises. Le déchet est de moitié environ, quand le travail est fait dans les coupes par des scieurs de long, et il est sensiblement moindre dans les scieries mécaniques où l’on fait usage de scies à lames plus minces, et où l’outillage permet d’utiliser tout le bois parfait.

$ IL — Sciages de hétre.

Le hêtre que l’on scie en planches et madriers est surtout employé parles menuisiers et les ébénistes à la fabrication des meubles. Dans beaucoup de localités, ce genre de débit du hêtre n’est soumis à aucune règle fixe; mais dans les forêts dont les produits sont destinés à l’alimentation de grands centres de fabrication, comme Paris, on tend généralement à adopter un mode de débit uniforme, lequel se rapproche beaucoup de celui du chêne. C’est ainsi qu'à Villers-Cotterets, l’une des contrées qui fournissent le plus de sciage de hêtre à la capitale, un règlement convenu entre les exploitants et la Compagnie des marchands de bois de Paris, règlement approuvé par une décision ministérielle du mois de mai 1835, détermine les dimensions à donner aux planches de hêtre, les réductions à faire subir à celles qui n’auraient pas les dimensions prescrites, et enfin les causes qui peuvent faire rebuter ou refuser par l’acheteur les bois qui lui auraient été expédiés par le vendeur. D’après ce règlement, les sciages de hêtre comprennent plus spécialement quatre échantillons que l’on désigne sous les noms de : enérevous ou feuillet, membrure, doublette ou trappe, et quartelot.

L’entrevous, ou feuillet de hêtre, est la planche que l’on fabrique le plus abondamment. Ses dimensions en largeur et en épaisseur sont généralement de 0°,216 à 0",243, sur 0",033 à 0",031, et doivent

toujours être telles qu'une section droite en travers de la pièce donne une surface de 0%:1:,0073. C’est, comme on voit, une pièce de même volume, ou à peu près, que l’entrevous ordinaire de chêne.

La membrure de hêtre n’a pas de dimensions fixes, mais la section droite doit présenter une surface de 02-14 ,0154 à 02:4,0175. On lui donne ordinairement 0°,165 de largeur sur 0",110 d'épaisseur, ou 0",180 sur 0*,100, ou 0°,200 sur 0,080. La membrure de hêtre est, par conséquent, plus forte que celle de chêne, à laquelle on ne donne que 0",165 sur 0”,08.

La doublette ou trappe de hêtre porte généralement 0°,33 de largeur sur 0°,075 à 0",081 d’épaisseur, et doit présenter une surface de 0"-1,0254 à 02:4,0277 sur une section droite en travers de la pièce. Elle est plus forte que la doublette de chêne dont la largeur est la même et dont l'épaisseur ne dépasse pas 0,062.

Le quartelot de hêtre est une planche qui porte 0°,236 de largeur sur 0",056 d’épaisseur, et dont la section doit avoir une surface de 0%-4,0123 à 0%:1,0139. Par son volume, cette pièce peut se comparer à un fort échantillon ou, plus exactement, à une membrure de chêne.

En résumé, dans ce débit du hêtre, l’entrevous représente la planche mince et le quartelot la planche épaisse; mais dans chacun des types, c’est la surface de la section transversale qui est fixée, bien plus que chacune de ses dimensions.

Les planches de hêtre n’ont pas de longueur déterminée ; elles se vendent à Paris, comme celles de chêne, au cent de toises, ou aux deux cents mètres courants, ou au grand cent, ce qui est la même chose. De même aussi, dans le toisé de ces planches, on les rapporte toutes à un seul type qui est la membrure ou le quartelot; la doublette compte pour deux, l’entrevous pour deux tiers.

On voit, par cet exemple, que le débit régulier du hêtre se rapproche de celui du chêne, et ne diffère de celui-ci qu’en ce que les planches de hêtre ont plus d'épaisseur que les planches correspondantes de chêne.

Le règlement de Villers-Cotterets fixe également les dimensions à donner aux planches de chêne. Ces dimensions en largeur et en épaisseur ne sont pas exactement celles adoptées pour le débit régulier de Paris, mais, pour une même longueur, le volume du feuillet, de la membrure, de la doublette et du quartelot de chêne, est le même que celui de l’entrevous, de la membrure, de la doublette et de l’échantillon du débit de Paris.

Avec le hêtre on fabrique aussi des madriers épais, appelés éfaux, qui servent à faire des tables de boucherie ou de cuisine, des établis de menuisier, etc., et des planches minces, dites de petit sciage, qui sont employées à une infinité d’usages dans les arts. Ces menues planches ont une longueur uniforme de 2°,25 sur 0°, 11 à 0",25 de largeuret 0",015 à 0,006 d'épaisseur, et se vendent par bottes.

Les sciages de hêtre n’ont qu’une importance secondaire et le prix des bois qui se débitent de cette façon n'est pas beaucoup plus élevé que celui du hètre destiné au chauffage ; il ne dépasse guère dans Est 16 francs le mètre cube en grume et sur pied.

SIT. — Sciages de sapin.

Le sapin, l’épicéa et le pin sylvestre fournissent des planches dont on fait une grande consommation, surtout en menuiserie, et que l’on désigne indistinctement dans le commerce sous le nom de planches ou sczages de sapin.

Le mode de débit du sapin en planches diffère suivant les localités. Dans certaines contrées, on donne à la planche des longueurs et des largeurs variables avec les dimensions des pièces à scier, et une épaisseur uniforme de 0”,027 ou un pouce. Ce genre de sciage, qui est encore pratiqué dans quelques localités de l’Alsace et de la Franche-Comté, s’appelait autrefois débit de Strasbourg ; il consiste à diriger tous les traits de scie dans le même sens, de telle sorte, qu'après le sciage, les planches peuvent se replacer les unes sur les autres et recomposer la pièce. Mais aujourd'hui on tend à adopter, dans les sapinières les plus importantes de France, le mode de débit usité depuis des siècles dans les Vosges, et appelé pour cette raison débit des Vosges.

Tandis que dans le Jura et les Alpes françaises on

ne débite en planches qu’une faible partie du produit des sapinières, dans les Vosges, au contraire, la grande majorité des sapins sont sciés sur place, suivant les règles que nous allons faire connaître.

Les arbres destinés au sciage sont découpés sur place en tronçons, que l’on nomme fronces de sciage, et auxquels on donne ordinairement 3°,57 à 3°,90 (11 ou 12 pieds) de longueur (1). La découpe de ces bois en forêt facilite la vidange et le transport des tronces dans les scieries où elles doivent être débitées.

Les planches que l’on fabrique dans les scieries des Vosges sont de dimensions diverses, mais elles peuvent se comparer ou se réduire toutes à un même type qui a :

de longueur 3°,90, ou 12 pieds, de largeur 0°,244, ou 9 pouces, d'épaisseur 0°,027, ou 1 pouce.

Cette planche se désigne ordinairement sous le nom de planche de 12/9 (12 pieds de longueur, sur 9 pouces de largeur et 1 pouce d'épaisseur).

Les autres planches du débit des Vosges ont pour dimensions : 12/12, 11/12, 11/9, 12/8, 11/8. Toutes ces planches sont supposées avoir un pouce (0,027) d'épaisseur, mais en général elles sont moins épaisses, surtout quand elles sont sèches. Elles n’ont le plus

(4) Quelques marchands donnent aux tronces de sciaze les dimensions métriques de 3,66 à 4m, mais le plus grand nombre font mesurer et débiter leurs tronces à l’ancien pied-de-roi (0,525).

souvent que 11 lignes à l'extrémité correspondant au gros bout de la tronce, et 10 lignes au bout opposé. Quelquefois cependant, on donne 15 lignes d'épaisseur à la planche de 12/12 et 2 pouces ou 54 millimètres à la planche de 12/9, mais ces sortes de planches ne se fabriquent que sur commande.

Toutes ces planches reçoivent dans le commerce des dénominations différentes. On appelle :

Planche ordinaire, ou marchande, celle de 12/9 et quelquefois de 11,9;

Planche réduite, celle de 12/8 et quelquefois de 11/8 ;

Planche /arge, celle de 12/12 et quelquefois de M

Dans le sciage, la première planche détachée de chaque tronce se nomme dosseau ; l’une de ses faces est plane, tandis que l’autre conserve la forme extérieure et convexe de l'arbre.

On appelle chons, les planches que l’on retire immédiatement après les dosseaux, et dont les côtés sont encore flacheux ou en biseau. Les chons ont une largeur moyenne de 6 à 7 pouces (0*,162 à 0,189).

On appelle rebué ou planche de rebut, une planche fendue, trouée, cranée, ou qui renferme des nœuds susceptibles de se détacher et de former des trous après la dessiccation du bois. |

Avec les rebuts et les chons, on fabrique souvent des lattes que l’on refend à la scie. Les lattes n’ont pas de largeur fixe ; on estime qu’il faut quatre lattes pour une planche de 8 pouces.

8k MODE DE DÉBIT, DE MESURAGE ET DE VENTE

On estime, en moyenne, qu'un mètre cube de sapin en grume, avec écorce, peut donner 26 à 27 planches ordinaires et chons. Le déchet est alors d'environ 34 p. 0/0 ou du tiers du volume en grue. Mais lé nombre des planches varie naturellement avec les dimensions des arbres à débiter ; il est plus fort ou plus faible, selon la grosseur des tronces de sciage, et peut se déduire très-approximativément du diamètre au petit bout de la pièce à scier.

En effet, le volume de la tronce en grume est donné par la formule :

Le volume de la planche ordinaire de 9 pouces est égal à 9 < 1 >< H; d’où le nombre de planches ordinaires contenu dans la tronce

TIXkIXH 45000

(en faisant x — 3 pour tenir compte du trait de scie).

Ce qui veut dire que le rendement en planches de 12,9, d’une bille de sapin de 12 pieds de longueur, est égal au carré du petit diamètre (mesuré en pouces) divisé par 12.

Ainsi, une tronce de 2% pouces de diamètre au petit bout donne 48 planches, dont assez ordinairement : |

18 planches, 1" qualité, sans nœuds, soit 3/8 ;

24 — 2° qualité, avec nœuds, — 4/8 ;

6 chons, =. 4/8:

Ces rapports varient avec les dimensions des piè-

ces, et selon que la tronce renferme plus ou moins de nœuds; le rendement {lui-même est, sinon plus fort en volume, toujours plus avantageux sous le rapport de la valeur commerciale, quand la tronce est assez forte pour fournir de la planche large.

Pour qu’une tronce de sapin puisse être débitée en planches marchandes sans trop de déchet, il faut qu’elle ait au moins 0”,38, ou 14 pouces, de diamètre au petit bout. Mais on utilise le petit bout des gros sapins, de même que les arbres de faibles dimensions (jusqu’à 0",20 ou 7 pouces de diamètre) en les débitant d’une autre manière : on en fait de petits madriers, des membrures, des frises, des douves, des lattes, etc. — On peut ainsi tirer un parti avantageux de sapins qui n'étaient employés autrefois que comme bois de feu, ou bien comme pièces de menue charpente quand les bois avaient assez de longueur.

L'unité de vente des sciages de sapin est le cent ou le mille de planches ordinaires ou marchandes.

Nous avons vu que les planches ordinaires ou marchandes, sont celles de 12/9 et quelquefois de 14/9. Mais lorsque l’on dit que les planches valent 115 ou 118 francs, ce prix s’applique à cent planches de 12/9. Les planches de 41,9 valent toujours 9 ou 40 francs de moins par cent que celles de 12/9.

Les planches réduites de 12/8 et 11/8 se paient,

en moyenne, 20 francs de moins que celles de 9 pouces de large et de même longueur.

Les planches larges de 12/12 et 11/12 se comptent, dans le commerce, pour une planche et demie ordinaire de même longueur, bien qu’elles ne cubent que un tiers en sus.

Dans un lot de sciage, le cent ou le mille de planches contient ordinairement 1/4, 1/3, ou même moitié de chons et rebuts; mais on ne compte un chon ou un rebut que pour une demi-planche.

Nous avons dit que, dans les Vosges, le sapin, ’épicéa et le pin sylvestre se débitent en planches dans des scieries spéciales. Ces usines appartiennent les unes à l'Etat, les autres aux communes propriétaires de forêts ou à des particuliers, et sont établies, à proximité des sapinières, sur les nombreux cours d’eau qui sillonnent les vallées. Les scieries de l'Etat sont affectées au service des coupes vendues dans les forêts domaniales, moyennant certaines conditions d'entretien imposées aux adjudicataires par le cahier des clauses spéciales. Ïl en est de même des scieries communales; mais comme ces usines ne sont pas toujours en nombre suffisant pour effectuer le sciage de tous les bois, dans le délai accordé aux adjudicataires, une partie souvent assez considérable des tronces de sciages est débitée dans des scieries particulières, au prix moyen de 80 francs le mille de planches. Dans l’état actuel de ces usines, une bonne scierie à bloc débite, au maximum, 30000 planches par an; une scierie à manivelle 45000 planches.

Nous avons déjà vu que le débit du sapin diffère d’une région à une autre. Dans le Jura, où la traite des boïs est souvent plus facile que dans les Vosges, on expédie dans leur entier des bois qui seront sciés en planches de grandes longueurs sur les marchés, à Beaucaire ou ailleurs. On y fait aussi, sur place, des planches êrutes ou planches de plat, suivant le débit de Strasbourg, et des planches alignées, c’està-dire lavées sur les bords comme celles des Vosges. On n’emploie que des bois de choix dans la fabrication des planches brutes; et on leur donne une épaisseur de 0,027, 0*,034, 0°,040, ou 12, 15, ou 18 lignes. On les vend à tant le mètre de largeur, celle-ci étant mesurée au milieu de la longueur et du côté le plus étroit pour chaque planche.

On donne aux planches alignées jusqu’à 5 mètres de longueur et une largeur en pouces qui varie de 4 à 12 ; elles se vendent souvent à la douzaine.

On fabrique en outre des sciages plus minces, appelés /ambris, qui n’ont que 0,014, 0*,018 ou 0,020 d'épaisseur, 6, 8 ou 9 lignes. Non alignés ils se vendent, comme les planches brutes, au mètre de largeur ; alignés, à ia douzaine.

La bille de sciage, qui a généralement 4 mètres de longueur, est appelée por. Un plot de 0,50 de diamètre au petit bout peut donner 10 planches brutes de 0°,040, ou 11 de 0",034 d'épaisseur; de sorte que le déchet en dosseaux est très-faible.

Les planches de sapin qui alimentent le commerce

de Paris proviennent, pour la plus grande partie, des Vosges. Celles que l’on fabrique dans le Jura et les Alpes, se déversent plus spécialement dans le bassin

du Rhône et de la Saône et dans celui de la Loire.

Les sapinières des Pyrénées (1) fournissent leurs produits aux grands centres de consommation du Roussillon etdu Languedoc. Les provinces de l'Ouest, surtout celles qui avoisinent l'Océan, s’approvisionnent plus particulièrement dans les ports de meroù affluent les produits forestiers du nord de l’Europe. Cet élat de chose semble devoir se modifier depuis que les transports ont été rendus plus faciles, et Paris tend à devenir le principal marché de ce genre de produits, aussi bien pour les bois du Jura, des Alpes et du nord de l’Europe que pour ceux des Vosges.

Sur tous les marchés principaux, les planches de sapin, d'épicéa ou de pin, sont appelées indistinctement planches de sapin, mais on les distingue les unes des autres d’après la couleur du bois. Celles du sapin et de l’épicéa sont désignées sous le nom de dors blanc où sapin blanc; celles du pin sylvestre

(1) La difficulté des transports (ils ne peuvent s’effectuer le plus souvent que par trainage) oblige à découper les bois de charpente ou de sciage à des longueurs beaucoup moindres que celles qu’on pourrait leur.

donner, s’il existait des chemins de vidange en bon état. Ainsi dans les

sapinières du département de l’Aude, on ne donne que 4 à 12 mètres de longueur aux pièces de charpente, et 2",50 seulement aux tronces de sciage. C’est un état de chose qu’il serait bien important de faire cesser, surtout à cause de la qualité remarquable et tout à fait exceptionnelle

«les sapins de cette contrée.

sont dites de Üoës rouge ou de sapin rouge. Au point de vue de la qualité du bois, il importe de faire une différence entre les unes et les autres, surtout dans les emplois qui exigent de la solidité. Sous ce rapport, les planches de sapin et d’épicéa offrent à peu près les mêmes qualités, et sont de beaucoup inférieures aux planches de pin sylvestre, quand cellesei sont purgées d’aubier. Mais ce qui influe surtout sur la solidité et la durée de ces planches, lorsqu’elles sont mises en œuvre dans la construction des parquets ou planchers par exemple, c'est la manière dont le bois a été débité. Une planche de sapin, d’épicéa, ou de pin sylvestre fait un bien meilleur usage quand elle a été débitée dans le sens des rayons médullaires, que lorsque le sciage a eu lieu dans la | direction contraire; elle est de plus bien moins sujette à se déjeter ou à prendre du retrait dans tous les ouvrages de menuiserie où elle peut être employée. Le pin du Nord, dont on fait une grande consommation dans l’ouest de la France, dure au moins aussi longtemps que le chêne, quand il a été scié sur maille, et il a de plus une couleur jaune rosé, d’un très-joli effet dans l'emploi de ces bois en planches à parquet.

Les peupliers fournissent aussi beaucoup de sciages à la consommation. On en fait des planches, et surtout de la volige un peu plus épaisse que celle de chêne. Ces planches s’emploient à l’intérieur des meubles, à la fabrication des caisses d'emballage et,

en général, aux mêmes usages que les sciages de sapin. C’est un bois qui ne se tourmente pas lorsqu'il est mis en œuvre, même sans être desséché. Cette propriété le rend précieux en ébénisterie où on l’emploie beaucoup pour faire la carcasse de meubles destinés au placage, et en menuiserie pour faire des panneaux de porte ou de lambris, et même des planchers. Mises en œuvre à couvert et dans un lieu sec, les planches de peupliers font un très-bon usage, surtout quand elles sont recouvertes d’une couche suffisante de peinture à l’huile ou d’encaustique. — On les tire d’ailleurs en bien plus grand nombre des arbres venus isolément que des forêts.

$ IV. — Bois de fente.

Outre les sciages, on façonne encore dans les coupes beaucoup d’autres bois d'industrie, que l’on désigne sous le nom général de Dors de fente. On débite les bois de fente sous différentes formes et sous des dimensions très-diverses, selon les usages auxquels ces bois sont destinés. Ce travail se fait surtout en forêt, parce que le bois se fend beaucoup mieux et plus facilement, lorsqu'il est vert et tout saignant, que lorsqu'il est desséché; parce qu'aussi tous les bois ne sont pas propres à la fente, et que dans les coupes en exploitation, l’ouvrier a plus de facilité pour choisir le bois qui convient à ce genre de débit; parce qu’enfin il peut souvent employer à des ouvrages de fente des pièces de fausse coupe, et

tirer ainsi le parti le plus utile des bois. Pour qu’un bois soit propre à la fente, il faut qu'il ait une texture égale, que ses fibres soient parfaitement droites, apposées régulièrement les unes contre les autres, et qu’il soit exempt de nœuds, de vices et de tout autre accident de croissance.

Les essences qui fournissent le plus de bois de fente sont le chêne, le hêtre, le sapin et l’épicéa.

Parmi les chènes de France, le rouvre occupe le premier rang comme bois de fente. Le pédonculé est plus noueux, surtout quand il n’a pas été élevé en massif plein; sa fibre est ordinairement plus serrée, son grain plus fin, son bois plus nerveux et plus coriace, toutes circonstances qui le rendent plus difficile à fendre sous le coutre de l'ouvrier. Le bois du chêne tauzin, de l’yeuse et du chêne liége est plus dur encore que celui du pédonculé; il a de plus l'inconvénient de se gercer profondément et de se déjeter en se desséchant, ce qui le rend tout à fait impropre à ce genre de débit.

Entre tous les métiers qui emploient les bois de fente, il faut placer en première ligne la tonnellerie. On n’emploie guère que du chêne, purgé de tout aubier, pour la fabrication des futailles qui doivent contenir du vin et de l’eau-de-vie, parce que les fibres de son bois sont mieux liées, plus serrées et moins perméables. Cependant on fait aussi de bonnes futailles avec le jeune châtaignier et, dans le Midi, on emploie quelquefois à cet usage le bois de

mürier blanc; mais le bon chêne est préférable. Le frêne est spécialement employé pour la construction des tonneaux destinés à contenir du kirsch, à cause de la propriété dont il jouit de ne point altérer la couleur du liquide. |

On nomme #merrain le bois de fente destiné plus particulièrement à la fabrication des douves de tonneaux. On le débite dans les coupes de la manière suivante. La biile à merrain étant sciée à la longueur convenable, on la fend d’abord en gros quartiers dont chacun se divise ensuite en deux, trois ou quatre secteurs. L’ouvrier fendeur travaille alors chacun des secteurs séparément avec un instrument appelé coutre, formé d’une forte lame adaptée à angle droit à un manche assez court. Il enlève le cœur du bois, dont la forme aiguë ne se prête pas à la division en merrains, et il supprime tout l’aubier. Il fend ensuite le restant du secteur, suivant des lignes perpendiculaires au rayon du milieu, en prismes d’épaisseur convenable, et dont le nombre dépend de la grosseur de la bille. Enfin chacune de ces pièces se divise, suivant la direction des rayons, en plancheites de merrain, qui sont ensuite parées à la plane. On transporte le merrain préparé de la sorte dans les ateliers de tonnellerie où il est mis en œuvre.

Les douves sont de deux sortes ; celles qui servent pour construire le corps du tonneau et que l’on désigne sous différents noms tels que /ongarlles, douelles, merrains, passe-rebuts, etc., et celles qui sont employées pour former les fonds du tonneau et que

DES BOIS DE TRAVAIL OU D'INDUSTRIE. 93 l'on nomme /onçailles, fonds où traversins. Dans la fabrication du merrain la longueur et l'épaisseur des deux échantillons principaux sont déterminées d’avance d’après lés dimensions des futailles à con- Struire, mais leur largeur ést variable, au moins dans une certaine mesure, et peut descendre jusqu’à la moitié de celle des types correspondants. Ces pièces de largeur réduite reçoivent différents noms, selon les localités ; on les appelle #ricages dans les Vosges, ganivelles ou rebuts dans le centre de la France.

Dans le commerce, un lot dé merrains assortis se éompose de 2/3 de douelles et 1/3 de fonds. L’unité de vente est le millier, lequel comprend, dans chaque localité, le nombre de douves assorties nécessaire pour construire une quantité déterminée de tonneaux d’üne capacité donnée. Mais, pour une même contrée, on fabrique souvent des merrains de dimensions variables ; c’est ainsi que pour la Bourgogne on fait du merrain pour des prèces de 228 litres et pour des fewllettes de 114 litres. De sorte que dans l’assortiment du merrain fabriqué pour les besoins de cette contrée, il faut faire entrer, dans une certaine proportion, les diverses espèces de douves qui servent à la construction de ces deux genrés dé tonneaux. En outre, on comprend dans chaqué millier une certaine quantité de douves de largeur réduite, ou éricages, dont la valeur s’apprécie en fonction du type auquel ces pièces se rapportent.

Dans les Vosges (forêt de Darney), on fabrique plus spécialement du merrain pour la Bourgogne, et on ‘donne le nom de marquandise aux douves pour feuillettes, afin de les distinguer de celles destinées à construire des prèces. Les dimensions de toutes ces douves sont les suivantes :

Bonne douelle, long. 0®,88, larg. Om,11 à Om,15, épais. 0®,027 Tricage de douelle, — 0 ,88, — 0 ,06 à 0 ,10, — O ,027 Bon fond, — 0,66, — 0 .14à0 ,19, — O0 ,027 Tricage de fond, — 0,66, — 0 082022 —10.,077 Douelle, marquandise, — 0 ,77, — 0 ,06 à 0 ,10, — 0 ,025 Fond, — — 0,59, — 0,080 ,143, — 0 ,023

Le mullier des Vosges, complétement assorti, comprend 4,654 pièces qui se répariissent et s'estiment de la manière suivante (1) :

Bonnes douelles..... 856, comptées à raison de 407 p. 0/0 pour 800 Tricages de douelles.. 632 — 160 1/2 — 400 Bons fonds ......... 428 — 107 — 400 Tricages de fonds.... 321 — 160 1/2 — 200 Douelles, marquandise 1605 — 267 1/2 — 600 Fonds, —— 802 — 267 1/2 — 500

Le millier des Vosges, vendu sans marquandise et réduit comme précédemment, se compose de 3,370 pièces, savoir :

(4) Il est d’usage, dans cette contrée, d’ajouter à chaque centaine de douves 7 pièces dites de rhabillage, ou de donner 7 p. 0/0 de fourniture ; de sorte qu’il faut 107 pièces de bonnes douelles ou de bons fends pour faire le cent réduit, 160 1/2 de tricage au lieu de 150, et 267 1/2 de marquandise au lieu de 250.

Bonnes douelles.......... 1284 qui comptent pour 1200 Tricages de douelles ...... 963 —- 600 BDNS IDNUS.. ce « 11642 — 600 Tricages de fonds......... 481 — 300

Le millier des Vosges comprend ainsi toujours 27 cents. — Avec le millier, sans marquandises, on peut fabriquer 100 pièces de Bourgogne, de 298 litres, et avec le millier complétement assorti 67 pièces de 228 litres et 66 feuillettes de 114 litres, soit encore l'équivalent de 100 pièces. Mais quand les largeurs sont bonnes, le millier peut donner jusqu'à 110 pièces.

Le volume du millier de merrain fabriqué est approximativement de huit mètres cubes; et il faut de 13 à 24 mètres cubes de bois en grume pour fournir un millier de merrain. Le déchet dù à la fabrication du merrain des Vosges est donc de 40 à 66 p. 0/0. On conçoit du reste que ce déchet varie avec les forêts, qu'il dépend surtout de la quantité d'aubier que renferme le bois, et aussi de la dimension des arbres et de leur aptitude à la fente. Le prix du merrain des Vosges a varié pendant ces dernières années, avec l'abondance des récoltes, entre 540 et 1100 fr. le millier.

Dans le pays dé Blois, où la fabrication du merrain emploie presque tous les chênes livrés à l’exploitation, le millier de merrain se compose de 4350 pièces, et comprend le nombre de douves as-

96 MODE DE DÉBIT, DE MESURAGE ÊT DE VENTE sorties nécessaire pour la fabrication de cent torineaux de 228 litres. Ces douves sont de six sortes : elles ont toutes la même épaisseur, 0°,01% à 0,045 ; on les estime en fonction d’un type qui est le /ond marchand, et on les répartit, dans la composition du millier, ainsi qu’il suit :

19 200 fonds marchands qui ont 0,66 de longueur, et 0",14 à 0",20 de largeur, comptent pour. . : . . « 200 2° 900 ganwelles, qui ont 0 66 ds Lo gueur et 0,06 à 0,14 de largeur, comptent pBéUrs à sale). 5h 300 3° 300 Re (), qui ont 0e, 30 de

longueur et 0",08 à 0°,18 de largeur,

comptent pour. . + . LEONE FO 4° 450 passe-rebut, qui on or, 84 de lon-

gueur et 0",14 à 0",20 de largeur, comptent

DOUÉ. 0e. MS Re ile 14 300 5° 2200 buse qui ont 0°,84 de aie

et 0*,05 à 0",14 de largeur, comptent pour 1,100 6° 300 perits rebuts, qui ont 0*,84 delon-

gueur et 0",05 de largeur comptent pour. . 100

Ce qui fait 4350 pièces quicomptent pour 2,100

On fait encore dans les forêts du Blésois du merrain spécial pour le Bordelais; le millier de merrain Bordelais ne comprend que quatre sortes de douves ayant une épaisseur commune de 0*,016; ce sont :

(1) On nomme chanteau une pièce ordinairement moins large que la fonçaille et qui se place en travers et en dehors des fonds de Dove pour les consolider. :

DES BOIS DE TRAVAIL OU D'INDUSTRIE. 97 Le fond marchand qui a 0",69 de long. sur Om,16 à Om,20 de larg.

Le chanteau — 0 ,50 —— 0,100 ,20 — Le passe-rebut — 0 ,84 — 0 ,411a0 ,20 — Le rebut — 0 ,84 —— 0 ,06a0 11 —

Le volume du millier de merrain ordinaire de Blois est approximativement de 4%-°-,500 ; il faut de 7 à 8 mètres cubes de bois en grume pour fournir un millier de merrain fabriqué.

En Champagne, le merrain se vend à la #rev/le. La treille se compose d’un nombre déterminé de longailles, de fonçailles et de chanteaux, qui représentent le bois nécessaire à la construction de 50 tonneaux de 200 litres. On estime qu’il faut en moyenne 3 mètres cubes au 1/4 sans déduction, ou un peu moins de 4 mètres cubes en grume, pour donner une treille de merrain.

Dans les poudreries de l'Etat, on construit des chapes ou tonneaux destinés à loger les poudres, et pour lesquels on emploie du merrain de chêne de dimensions variables. L’adjudication de ces fournitures se fait au mille de pièces de longueur et d'épaisseur déterminées, et dont la largeur, variable pour chaque pièce, doit atteindre un certain minimum fixé d'avance pour chaque dizaine de pièces. Ainsi, par exemple, 10 longailles pour chapes de 100 kil. doivent avoir une largeur totale de 1*,30.

La marine emploie du merrain assorti de trois

espèces pour la construction des tonneaux ou des

pièces dites de 4, de 3 et de 2. Le millier assorti des trois espèces est de mille longailles et de six cents fonçailles ou de quatorze cents longailles.

Ces exemples suffisent pour faire voir combien la fabrication du merrain est variable suivant les contrées. Pour qui en suit les développements, il est facile de constater aussi que l’on donne une épaisseur bien moindre aux douves de toute sorte à mesure que les chênes, les gros chênes surtout, deviennent plus rares et se vendent plus cher. C’est que cette fabrication n’emploie que des bois de choix et suffirait à elle seule pour absorber une grande partie des chênes que la France produit, si nos viticulteurs ne trouvaient dans l’importation du merrain étranger le complément des produits nécessaires à leur industrie (1).

Avec le chêne on fabrique aussi des échalas en quantité considérable, des lattes de plafonneur, des rais de voiture pour les charrons, des tringles d’espalier, des gournables pour la marine et des cerches. À l’exception des gournables qui exigent du bois de première qualité, et des cerches pour la confection desquelles on ne peut employer que des chênes de forte dimension et de la plus belle fente, tous ces ouvrages se fabriquent avec des bois trop faibles pour être débités en sciages ou en charpente,

(4) En 1865, on a importé en France du merrain d'Autriche pour une valeur de plus de 25,000,000 de francs.

ou avec des chutes et des pièces de fausse coupe. Tous ces produits se vendent par bottes dont chacune renferme une quantité déterminée d’échalas, de lattes, etc., suivant les usages de chaque contrée.

On fait encore du merrain avec du bois poreux tel que le sapin, lé shoes le peuplier; mais ces douves ne sont propres qu’à construire des tonneaux destinés à recevoir des marchandises sèches.

Avec le sapin et l’épicéa on fait des essandoles, ou bardeaux pour la couverture des maisons, du merrain pour la fabrication des seaux, cuves et cuveaux, des cerches minces pour les boîtes à fromage et autres menus ouvrages de fente. Les bois que l’on débite de la sorte doivent être exempts de nœuds, parfaitement sains et de bonne fente. Ils se vendent au mètre cube et en grume, et leur prix varie suivant celui de la planche ou de la marchandise qui a le cours le plus régulier dans la localité.

Comme bois de fente, le hêtre sert à une foule d'emplois que l’on désigne d’une manière générale sous le nom d'ouvrages de râclerte. Tels sont les cerches dont on fait des chaserets ou elayettes pour fromages; les éclisses dont on fabrique des boîtes très-légères pour les confiseurs, pharmaciens, parfumeurs, bijoutiers, etc., des seaux et autres mesures de capacité, des jouets d'enfants, etc.; les lattes pour Yourreaux d'épée et de sabre; les copeaux pour la

gainerie, la miroiterie, etc. ; les panneaux de soufflet, les battoirs à lessive, les pelles à four, les bois de brosses. On fabrique aussi avec le hêtre des attelles de collier, des bâts, sellettes et arcons ; des semelles de galoche et des sabots; des rames, écopes et avirons.

Pour tous ces ouvrages, le bois doit être de fente facile et droite, et, quand :il doit être débité en planches très-minces telles que des cerches, il faut de plus que sa fibre soit à la fois souple, forte et élastique, qualités que l’on ne trouve ordinairement réunies que dans les arbres d'âge moyen, 80 à 100 ans.

Le déchet qui résulte de la confection des ouvrages de râclerie varie entre 50 et 75 p. 0/0 ; mais les débris sont recueillis et employés au chauffage.

Toutes ces industries n’emploient, relativement, qu’une quantité assez minime de bois de hêtre, sauf cependant celle des sabotiers qui, dans certaines localités, a quelqu’importance. La saboterie a pris plus d'extension depuis quelque temps, par suite de l'emploi de machines à saboter qui fabriquent plus vite et mieux que les ouvriers ordinaires, et de la facilité actuelle d’exporter les produits dans des contrées éloignées des lieux de production (1).

Les sabots se vendent ordinairement à la douzaine

(1) Plusieurs usines à saboter de l’Alsace ont pour principaux débouchés de leurs produits PAmérique et l’Algérie.

de paires, à la grosse de 144 paires, et à la somme de 80 paires. Chaque unité, douzaine, grosse ou somme, contient un tiers de sabots d'hommes, un tiers de sabots de femmes, et un tiers de sabots d’enfanis. On calcule qu’un mètre cube de bon bois de fente peut fournir, en moyenne, 100 à 110 paires de sabots assortis.

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