DÉTAILS DE LA PORTE, DU PRONAOS ET DE LA CELLA
Cette planche donne tout le couronnement de la porte, de face et de profil; l’architrave et le rinceau qui se développaient sous les pronaos et les portiques ; le profil et la face de l’architrave intérieure et le couronnement de la porte dans la cella.
La décoration de la porte, nous l'avons dit, a conservé tous ses éléments ; la partie supérieure seule est trèsdétériorée ; j'ai pu cependant mesurer le profil de la cimaise, qui a même conservé quelques restes d’ornements. La disposition d’un ove immédiatement sous la cimaise, sans un listel qui les sépare, n’est pas ordinaire. Cependant il en existe d’autres exemples, et, sans les indiquer tous, nous citerons une corniche du temple de Bacchus à Téos, celle de l'arc d'Adrien à Athènes, et une corniche trouvée dans des fouilles pratiquées au pied du temple de Vesta, à Rome. Ce dernier temple offre d’ailleurs, dans ses proportions et ses détails, de grandes analogies avec le temple d’Ancyre (1).
Nous retrouvons encore cette disposition dans un piédestal du forum de Pompeï, à l’arc de Trajan à Bénévent, etc.
Une ligne ponctuée, dans la face latérale, indique la continuation du profil de la corniche à partir du larmier, avec les deux rangs d’oves séparés par des denticules et des perles; vient ensuite cette frise hardie, d’un grand effet, dont la forme ronde est décorée de glands et de feuilles de chêne ; au-dessous s’ajuste, toujours en ligne ponctuée, le profil du chambranle. On voit que le chambranle ne présente que deux fasces au lieu de trois qui sont indiquées par Vitruve; l'architecte en a réuni deux pour obtenir cette large fasce sur laquelle s'enlacent deux rinceaux élégants et gracieux. Tous les ornements de ce riche chambranle sont d’une fine et délicate exécution ; ils sont d’une main encore grecque, comme la moulure du soubassement (planche 24); mais la sobriété du grand art commence à disparaître ; la richesse exagérée, la surabondance des ornements annoncent une décadence prochaine,
La console est entièrement conservée sur ses faces principale et latérale ; la volute inférieure et la feuille d’acanthe
au-dessous sont seules restaurées dans notre dessin.
M. Texier a complétement dénaturé les profils de cette belle porte. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer sa planche 68 avec la nôtre. Sans parler des inexactitudes de proportion, on verra qu’il a ajouté entre la cimaise et l’ove qui est au-dessous un listel qui n'existe pas, qu'un autre listel a été ajouté sous le larmier et que les denticules n’ont pas été vues, non plus qu'une baguette ornée de perl
La console a perdu aussi de son élégante simplicité. Tout cela évidemment a été dessiné d’en-bas par M. Texier, et n’a jamais été mesuré par lui.
Le rinceau qui se développe à la hauteur de la corniche de la porte n’a pas le mérite des ornements dont nous venons de parler, soit au point de vue de la composition, soit au point de vue de l’exécution. Il est lourd, presque informe parfois et d’une exécution généralement peu soignée. Le talon orné de trèfles qui le surmonte s'éloigne aussi du sentiment grec. Le profil indique la pente très-accentuée de ce rinceau et ses fortes saillies, qui devaient le rendre plus visible et le faire mieux ressortir dans l'ombre, sous les plafonds des portiques et des pronaos.
L'architrave, par son profil, par ses ornements qui rappellent les plus beaux fragments des temples grecs de l'Asie Mineure, nous montre une fois de plus ce mélange de pures traditions et d’affaiblissement du goût qui caractérisent notre monument. Les rais de cœur qui ornent le talon sont identiquement les mêmes qu’on remarque au temple de Priène (Zonian Antiquities).
1l faut noter ici une erreur de dessin dans le profil de la partie supérieure des parois des pronaos et des portiques. La face avec laquelle se raccorde le congé de l’astragale qui porte le rinceau, au lieu d'être à l’aplomb des bossages devrait continuer le fond du refend. Le bossage supérieur, indiqué aussi sur l'élévation de face, ne devrait pas exister, Toute la partie supérieure du profil devrait donc être reportée en arrière de toute la saillie du bossage. Cette indication est, du reste, exactement rendue dans les dessins d'ensemble, planches 15, 17 et 18.
L’architrave intérieure et l’astragale au-dessous rentrent plutôt dans l'architecture que nous appelons romaine. L’exécution des perles, détachées de la masse, les refouillements exagérés, la recherche des xotrs, n'appartiennent pas à la pureté grecque. Le simple et rude profil qui couronne la porte à l’intérieur se détache sur cette architrave; une ligne ponctuée indique l’énorme évidement du larmier, assurément étrange dans une corniche intérieure.
Autant qu'il a été possible dans une planche gravée à l'effet, les cotes de hauteur et de saillie ont été indiquées sur cette planche pour toutes les moulures.
(4 Valadier, Visconti, Feoli, Raccolte delle più insegni fabbriche di Roma antica e sue adiacenze.
PLANCHE XXXI