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AMASIA. PLAN DE LA NÉCROPOLE ROYALE

La nécropole d’Amasia se divise en deux groupes de tombeaux : le groupe oriental, composé des tombeaux A, B, C, et le groupe occidental, composé des tombeaux D, E. Chacun de ces tombeaux sera décrit dans les planches suivantes. Près du groupe oriental se trouve une enceinte (R), que nous croyons être celle du palais royal dont parle Strabon.

Les murailles helléniques qui l'entourent portent aujourd’hui les constructions plus récentes d’un château-fort. En O s'élève encore la porte seldjoukide, qui donnait entrée à ce château, et qu’on distingue très-bien dans la planche 70. En P subsistent les ruines de bains turcs, où nous avons retrouvé, comme à Kutahia, comme à Angora, le souvenir de

Français faits prisonniers dans la guerre d Égypte et internés dans ces contrées lointaines. Ici nos compatriotes ont inscrit leurs noms sur les parois de leur prison.

Entre les deux groupes de tombeaux les rochers se retirent en dessinant une sorte d'amphithéâtre un peu aplati, d'environ 120 mètres de diamètre, et découvrent une plate-forme semi-circulaire d’un sol inégal, mais praticable. Ils s’élèvent ensuite jusqu'aux sommets où est située l’acropole. Un long mur (K), ruiné en partie, va de l'angle de la forteresse à l’entrée du groupe occidental, et ferme la nécropole du côté de la ville. Ce mur est de construction seldjoukide, mais il repose sur des assises antiques.

Le chemin Q aboutit à la ruelle en escalier qui descend au pont antique qu’on aperçoit dans la planche 7r, franchissant le fleuve Iris. D’après nos observations barométriques, la porte seldjoukide (lettre O) serait à 55 mètres et le pied des tombeaux B et Cà 81 mètres au-dessus du pavé de ce pont. En I un tunnel est creusé à travers le rocher en forme de cap qui forme une des extrémités de l’'amphithéâtre ; c’est l'entrée qui conduit au groupe occidental. Le sol en est taillé en forme d'escalier pour atteindre au niveau de la première tombe. Le rocher se dérobait sans doute au sortir du tunnel, en H, car une belle muraille antique supporte en ce point la plate-forme. Entre les deux tombes royales D et E, situées à des niveaux très-différents (voir pl. 70), se développe un grand escalier taillé dans le roc. Divisé par de larges paliers de repos, abrité parce qu'il esttaillé en creux dans le flanc du rocher (voir fig. III), cet escalier a une lar-

geur moyenne de 2" 20. Il est bordé du côté du précipice par un appui réservé dans la masse, de 0" 90 de hauteur; Il marches, aujourd’hui très-glissantes, ont généralement 0" 22 de hauteur et o" 45 de large.

En L se trouve le souterrain inférieur conduisant à une source ou au fleuve même; c’est celui dont il a été parlé page 369, note 3.

En M et N sont deux petits tombeaux. Le premier est une simple chambre sépulcrale sans aucune décoration ; nous avons reproduit le second en plan et en coupe (figures I et Il). Il n'offre aucune décoration extérieure; la chambre funéraire est carrée ; sur les faces sont creusées trois niches oblongues, et l’on voit, par la rainure dont elles sont encadrées et par les trous de scellement, qu'une dalle fermait chacune de ces niches quand les corps y étaient déposés. Aux deux angles du fond deux trous carrés, analogues aux trous circulaires que nous avons remarqués dans les tombeaux que représentent les planches 72 et 73, sont creusés dans le sol. Une rainure encadre aussi leurs ouvertures.

A droite de ce tombeau s'ouvre dans le sol l’orifice assez petit d’une excavation large et profonde, creusée dans le roc. Deux gros pitons en fer, scellés dans le rocher et encore intacts, ont dù servir à assujettir le tampon de fermeture.

PLANCHE LXXVI

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