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des plus simples. Deux rangs de piliers de bois coupent en trois nefs cette grande salle carrée et supportent un plafond de même matière. Auprès de la mosquée se trouve un turbeh qui est aussi d'une construction soignée et d’un joli caractère. Dans la plaine à peu de distance on aperçoit deux ou trois villages kurdes.
De Modannenen - tchaltik je repars dans l'après-midi pour remonter vers Angora ; c'est là le point le plus méridional que j'aie atteint dans le cours de cette excursion. J'avais visité à peu
près tous les sites qui m'avaient été signalés à Angora, par les Turcs et les négociants armé-
niens accoutumés à parcourir la Haïmaneh pour leur commerce, comme contenant des vestiges an-
tiques ; mon cawass avait de plus perdu en route, avant d'arriver à Modannenen-tchaltik, le firman sur lequel nous comptions pour lever les difficultés, s’il venait à s'en présenter,
Nous passons, sans nous y arrêter, devant le village kurde de Buiuk-gheuk-gheuz, et, vers le
coucher du soleil, nous arrivons à Guzeldjé-hkalé, petit village turc.
4 octobre. La forteresse qui donne son nom au village le domine : elle couronne une hauteur à pentes fort roides. C'est d'ailleurs une construction sans caractère. Dans quelques parties on croirait, arde de plus près,
au premier moment, apercevoir de l'appareil hellénique ; mais, dès que l’on y reg on est frappé de la négligence avec laquelle sont taillés les blocs et de la présence du ciment entre les joints. À côté d'ailleurs de cet angle formé d'assises régulières, le mur est en blocage; il semble que les ouvriers se soient tout de suite dégoûtés de la peine qu'il fallait prendre pour dégrossir et appareiller tant bien que mal la pierre de taille.
Dans l’étroit espace qu'enferme celte enceinte et un peu plus bas, au pied des murs, sur un plateau inférieur un peu plus large, on distingue un certain nombre de traces de maisons. Il n'y a d’ailleurs jamais eu là place pour beaucoup de monde.
En poursuivant à travers d’âpres rochers des perdrix rouges qui se moquent de moi, je vais jusqu'à des grottes creusées dans le roc que, du haut de la forteresse, j'ai aperçues vers le sudouest. Ce sont plusieurs petites chambres superposées qui communiquent entre elles par des trous circulaires creusés dans le plafond. Tout prouve qu'elles ont servi d'habitation. On y voit encore, creusés dans la pierre vive, les bancs, les fenêtres, des espèces de tablettes ou de tiroirs où le maître du logis déposait ses ustensiles de ménage. La plus grande de ces pièces, qui a 2 mètres de hauteur, et qui mesure 4", 20 sur 2", 90, paraît avoir été une chapelle. Sur les parois sont taillés dans le roc des ares en plein-cintre, décorés de moulures et de bandes dessinées à l’ocre rouge. Il me semble distinguer, dans le fond, les traces effacées d’une figure debout, les bras étendus, à peu près dans l'attitude des orantes peintes dans les catacombes ou
des Christs de la mosaïque byzantine.
Guzeldjé-kalé pourrait bien être ce château de Sicéon dont nous parle la légende de saint Théodoros Siccotas. La cité dont il devint évêque malgré lui, Anastasiopolis, se serait trouvée dans le Karadja-Dagh , à l'endroit nommé Kara-kilisseh, où l'on rencontre, me dit-on à Angora, de nombreux vestiges de l'époque byzantine. Le saint, d'après la tradition, vivait en ermite dans une grotte de la montagne. Or ce canton renferme, m'assurent les gens du village, plusieurs autres cavernes semblables à celle-ci, et la distance entre Kara-kilisseh et Guzeldjé-kalé, trois heures de marche, correspond à peu près aux 12 milles romains indiqués dans la vie du saint comme séparant Anastasiopolis, cité épiscopale connue par les listes de l'Oriens Christianus, du château de Sicéon. Le nom même de Æara-kilisseh, «l'église noire », semble promettre les ruines et rappeler le souvenir d'un ancien édifice de quelque importance consacré au culte chrétien.
Avant de rentrer au village, je fais un détour pour passer auprès d’une autre grotte, qui est au nord-ouest des précédentes. IL est impossible d'y voir autre chose qu'un caveau funéraire des plus ordinaires.
De Guzeldjé-kalé , je repars pour Angora par le plus court chemin. J'ai renoncé à visiter les
cantons d'Zarachlu et du Karadja-dagh. D'après tous les renseignements que j'ai recueillis, ce que jy trouverais, comme dans tout le reste de la Haïmaneh, ce ne serait que des restes de la fin de l'époque impériale et du moyen âge byzantin et seljoukide. J'ai encore plus de chance de trouver des inscriptions intéressantes en fouillant l'inépuisable Angora et sa riche banlieue.
Nous passons par les villages de Totk, de Tchalich et de Tchouluk, et nous allons coucher à Oroumgouch, grand village où réside le mudir de la Haïimaneh, et autour duquel il y a quelque verdure.
5 octobre. Partis de bonne heure, nous traversons sans nous arrêter le triste village de Ghiaourlchik, nous laissons à quelque distance, sur notre droite, le bassin, à sec pendant l’été, de la grande flaque d’eau que l’on appelle Mohan-gheul. La boue desséchée qui en marque la place est toute blanche ; on dirait une croûte de sel. L'eau du lac passe pour mauvaise et imbuvable en tout temps.
Nous entrons ensuite dans une gorge sans eau dont les détours nous conduisent sur un petit plateau d’où l'on descend, soit par la vallée du Karadéré-sou, soit par un chemin qui prend la chaîne en écharpe, à la plaine d'Angora. Dans cette gorge, on trouve d'importants débris d’une voie romaine, que le chemin moderne longe pendant plus d’une heure. J'en ai rarement vu une aussi bien conservée. Elle a, là où je la mesure, dans le ravin, 5 mètres de largeur. Les parements de la voie sont formés par de gros blocs d’un calcaire compacte veiné de rouge, presque aussi beau et aussi dur que du marbre. J'en mesure un qui à 1 mètre de côté sur 0",66 de large et 0", 30 de haut. Ce sont là les proportions de la plupart de ces blocs.
Nous avons probablement ici un monument de ce grand travail de voierie qui fut exécuté sous Domitien par les soins de Cæsennius Gallus, travail dont témoignent l'inscription latine lue par Hamilton à Meulk (1), et celle qui a été trouvée près d’une des portes d'Ancyre (2). La borne milliaire sur laquelle nous l'avons déchiffrée semble avoir été dressée à la tête de cette voie, précisément à l'endroit où entre encore en ville la route moderne qui suit le chemin antique. D’après la direction que prend en sortant d'Angora la voie dont nous signalons les traces, il est trèsprobable que c’est celle qui d'Ancyre conduisait à Iconium.
Le seul résultat d’une haute importance que m'ait procuré cette excursion dans la Haïmaneh, c'est, on a pu le voir par ce récit, la découverte de Ghiaour-kalé, de &
s murailles cyclopéennes et de leurs immobiles gardiens de pierre. Mais, ceci même mis de côté, je n'avais pas lieu de regretter les quelques jours employés à cette exploration ; ils m'avaient permis de redresser quelques conjectures i
ctes de mes prédécesseurs. Là encore, comme cela nous était arrivé sur le territoire des Tolistoboïens, comme cela devait nous arriver chez les Troemes, nous avions vu s’évanouir, dès que nous nous approchions, le mirage de ces monuments originaux où quelques voyageurs avaient voulu reconnaitre des traces authentiques du passage des Gaulois nos ancêtres, des ouvrages portant la marque propre de leurs habitudes et de leurs croyances. Dans la Haïmaneh comme sur les bords du Sangarius et au pied du Dindymène, sur les pentes de l'Olympe comme à Tavium et dans les gorges de la Ptérie, les monuments de diverse nature qui se trouvent à la surface du sol ou bien ont un caractère asiatique et tout primitif, ou bien ils appartiennent à la civilisation gréco-romaine. Il n’y a pas, en Galatie, pour l’archéologue du moins, d'époque et d'art gaulois.
Nous ajoutons, à la suite de ce récit, quelques inscriptions que nous avons relevées dans ce district.
(1) Researches in Asia Minor, t. , appendix, n. 138. Henzen, n. 6913.
(2) Voir plus haut, n. 111; de Galatia provincia romana, P: 102-103.
Zalka Djami-si.
Nouväe OXéprou a Mo
NOYNACOAYAMITOYKAIAMATP FYNHAYTOYANECTHCANOYMTAT yovà aiToù dv
PIKAHANHAXHCXAPIN eù Ra[X]f pvéunc pépuv.
n6av uyar-
Nounas, fils d'Olympos, et sa femme Matrona, à leur fille Kalé; hommage à sa mémoire. ; ympos, ; ; 5
A Modannenen-tchaltik, à la fontaine.
AYPATOAAWNIOC Aùdp(#uos) ÂroNévios ANECTHCENEIAIA ävéornes eidiæ CTYTATPYAOMNAC ruyareb Aduve KAIEAYTOICIZWNT xaù Éaurot Cüvres.
L. 3, soyeres pour Guyurot. Il est probable que le commencement de l'inscription manque. Les
deux caractères en forme de € que porte ma copie au commencement et à la fin de la ligne 3 paraissent étrangers au sens et sont probablement les restes de ces feuilles qui, dans les inscriptions
de basse époque, servent d'ornement.
A Eski-tchalich. Lettres soignées, hautes de 0,07.
TIOYAIOEMOZX0Z \uos Mécyos TIOYAIQIMOZXIONI to loue Mocyiow Hole KAI 5 x EAYTAQI ZQN
C. Julius Moschus à C. Julius Moschion, son fils, et à lui-même, encore vivant.
AA ACKAOCCTATIA TATPIKAIAAEA marpi xai dde)[o ANECTHCEOYPINAUN dvécrnce Ovoiv uv[dune pépuv.
L. 3, Ovcty, s'il n’y a pas d'erreurs dans notre copie, serait un accusatif irrégulier de Ovgts > VUEEV ; , D els:
diminutif de 050 : il faudrait qu’on eût désigné ainsi, dans ce canton, les stèles funéraires. Celle-ci £ Le) 3 ; ,
par son aspect général, a bien quelque ressemblance avec une porte. L. 1, Mécxhoc, nom nouveau,
qui doit venir du latin #asculus, écrit comme on le prononçait.
A Modannenen tchaltik. Stèle sur laquelle sont sculptés une courte épée et un bouclier. Au-dessous de ces insignes, l'inscription.
ILIVSVALENTIN Flilius Valentin[us VALERIVS Valerius PATRIBNTISSIMO patri b(e)n(e meren)tissimo
Le nom du fils, contre l'usage ordinaire, précédait ici le nom du père , devenu malheureusement illisible.
A Assarli-Kaïa, Sur une pierre en forme de meule. Au-dessus des lettres se trouvent des figures informes dont l’une paraît ressembler à un disque solaire.
IYEYAABESTOT ‘
TPESBYTEPYAKYA mpeobérepu Au.
ACKEP EOIAOCEN as x Osépuhos êv- OAAEKATAKINTAI Odde xuréuvre.
Dans la première ligne, nous ne distinguons rien. On voit par les lignes suivantes que c’est le tombeau de deux prêtres, Akyllas et Théophile. L. 2, mpecbireou pour rpscbiTepos.
D'après des renseignements qui ne m'ont été malheureusement donnés qu'après mon retour à Angora, j'aurais, me disent des Arméniens accoutumés à parcourir la Haïmaneh pour leur commerce, laissé derrière moi un site intéressant, Dans un endroit qui s’appelle Michaël-i-Assret, à quelque distance de la route de Sivri-Hissar à Angora, à peu près à moitié chemin entre ces deux villes, se trouveraient de grandes citernes avec des inscriptions. C’est près d’un campement de Kurdes. On m'avait déjà parlé de ces citernes à Sivri-hissar, mais sans me fournir des détails plus précis. Il doit y avoir là quelque chose, mais, malgré mes questions, je n’ai pu arriver à savoir au juste ni dans le territoire de quel village se trouvent ces citernes, ni quel est l'aspect des inscriptions.